Le Nomade Teer-Elben vogue sur les fils de la Harpe des étoiles,
qui relie les planètes colonisées par les différentes castes de la
post-humanité... Un mystérieux commanditaire l'a en effet chargé de
retrouver l'Abelle, le vaisseau mythique à bord duquel les Primos, derniers
survivants de l'humanité originelle, se sont enfuis.
Et voilà Teer-Elben manipulé, menacé, traqué ! Il ne peut guère compter
que sur son lignage et sur l'étonnante Si'Wu, jeue Diaphane au corps
impalpable...
Dans l'entrelacs des cordes de la Harpe des étoiles,
l'affrontement entre castes post-humaines et humains originels va-t-il
resurgir du passé ?
La guerre des castes peut-elle détruire le fragile équilibre galactique ? (4ème
de couverture, 2003).

Ils plongeaient vers le cur de l'Arc, talonnés par une corde tueuse surgie sur le faisceau une fraction de seconde plus tôt. Passé le moment de la surprise et de la douleur, ils avaient rompu le Repli et fui, toujours emmêlés les uns aux autres, abandonnant derrière eux une chaîne disloquée, qui avait été l'un des leurs. Quelque part dans l'immensité de l'Arc, perdu dans une des innombrables Babels spatiales ou confiné dans la cabine d'un navire - lent, si lent en comparaison de la vitesse à laquelle ils fuyaient -, l'un des leurs agonisait, l'esprit captif de la corde assassine.
Les Mailles relais se succédaient, et avec elles les mondes habités, au hasard de leur course éperdue. Ils frôlaient la surface d'une planète surpeuplée, indifférente à leur malheur, et, la seconde suivante, ils faisaient vibrer la Harpe d'une cité en construction, mille années-lumière plus loin. Et toujours la corde se rapprochait, anticipant leurs changements de cap soudain, étirant davantage le débit d'énergie mauvaise qui la constituait, près de capturer un nouveau membre de leur lignage.
Ils s'infiltrèrent dans un faisceau saturé d'information, espérant se fondre dans la multitude des codages et s'y scinder. La panique suscitée par leur apparition joua en leur faveur. Ils grillèrent la priorité aux longues chaînes monomoléculaires vibrionnantes d'énergie, étirées sur des millions de kilomètres, qui émanaient d'un conglomérat d'astéroïdes miniers situés sur la ceinture d'une géante gazeuse orbitant dans les franges du Septième Système. L'incident diplomatique ainsi créé n'était pas encore officiellement enregistré par les Administrateurs locaux qu'ils éclataient en une gerbe de micro-faisceaux parasites, dans l'écheveau d'une Harpe Majeure, à cinq cents années-lumière de là, dans le Système voisin.
Ravage
N° 20, 2003
[...] Autant dire que tout cela est foisonnant, original, et en un mot passionnant. Johan Heliot crée non seulement un univers complexe et innovant, mais il reprend également ce qui fait le meilleur des space-opera : une intrigue politique, sociale et morale à la heuteur de lidéalisme qui caractérise notre auteur. Bref, du grand Heliot, et Heliot est déjà un grand parmi les grands.
Le Magazine littéraire
Novembre 2003. Philippe CURVAL
[...] Et voici quemporté par le lyrisme et limpétuosité, Johan Heliot se lance dans un récit torrentueux qui submerge le projet initial. Cest donc dans le surgissement des images, le jaillissement profus des idées que ce space-opera de lextrème révèle sa poésie toute personnelle.
Galaxies
N° 31, décembre 2003, pp. 158-159. Pascal J. THOMAS
Depuis 5000 ans,l'humanité d'origine va a cédé sa place aux Néos : organisés en castes selon leurs variations sur le modèle humain, ils ont exterminé ou mis en fuite leurs créateurs et se sont approprié leur empire galactique. La cohésion en est assurée par un réseau de Harpes célestes, regroupant les faisceaux de communication à proximité de chaque planète. Au centre de la toile, le Maître des Mailles. Et, dissimulés dans ses fils, jouant à un cache-cache mortel avec les sbires du Maître, la caste rebelle des Nomades. Eux seuls maîtrisent un procédé de communication interstellaire instantané indépendant du réseau des Harpes.
Le Nomade Teer-Elben a été contacté par un commanditaire mystérieux qui veut le lancer sur la piste de l'Abelle, le vaisseau a bord duquel avaient disparu les derniers primo-humains, et qui serait sur le point de réapparaître. Dans la plus pure tradition du roman noir, Teer-Elben refuse, est victime d'une machination judiciaire, et n'a plus d'autre choix que d'accepter et d'entreprendre un voyage qui va lui révéler les coulisses de lunivers (néo) humain. Se joignent à lui SiWu, une Diaphane qui peut à volonté se fondre dans le corps de ceux qui lentourent, Vrinimorg, animal de compagnie extra-terrestre qui permet la communication de données mentales, et surtout un garde du corps aux ordres de son commanditaire, la mercenaire Berserker OgReï.
Johan Heliot, qui a certainement lu Iain M. Banks (et d'autres), maîtrise brillamment les figures imposées du space opera : des plus anecdotiques (dans les noms propres, majuscules au milieu et apostrophes sont de rigueur) aux plus fondamentales (en train de passer à l'âge adulte - Teer-Elben souffre encore de la séparation d'avec son père -, le protagoniste est accompagné dans sa quête par un petit groupe de familiers). Il n'oublie pas de mettre en scène lieux extraordinaires (comme le Crâne, planétoïde artificiel où réside le Maître des Mailles) et forces de l'univers. Son usage de fragments d'astrophysique ne camoufle pourtant pas la nature poétique de l'univers mis en place - son réseau de Harpes, regroupant des « faisceaux » dont on ne saisit pas bien la nature, électromagnétique ou matérielle (ou sans doute rien de tout cela), en est un bon exemple. Grâce à des retournements de situation fréquents et à une galerie de personnages inhabituels, on est sans cesse accroché. Deux bémols : l'usage de l'ellipse narrative (passer sous silence des événements-clés pour ne les relater que quelques pages après au lecteur tenu en haleine) tourne au système ; les combats finaux m'ont paru emberlificotés.
D'Heliot, on attend aussi du politique. Cette fois-ci, il est plus flou : le mouvement émancipateur anti-Castes ne joue qu'un rôle mineur. Plus intéressants, trois personnages féminins entourent et guident Teer-Elben, falot par comparaison. Et le statut des Nomades, clé finale de toute l'intrigue, ne peut manquer de renvoyer à celui des immigrés dans notre société (léger, le trait est souligné par l'habillement de Teer-Elben, qui ne se sépare jamais de sa chéchia). Pas de message direct, mais un livre riche et réussi, d'une étonnante efficacité comme distraction. Décidément, Heliot a plus d'une corde... à sa harpe.
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Page créée le lundi 5 juillet 2004. |