1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
CORDET Dominique.- Curé de Vomécourt pendant vingt ans, victime d’un fanatisme aveugle et cruel, mourut sur le bûcher en 1632, sous le poids d’une accusation de sortilège. Cordet, partageant les erreurs de son siècle, croyait aux sorciers, mais il avait en horreur l’inquisition et ses échafauds. Extrêmement sévère pour toutes les personnes notées de mauvaise conduite, il allait quelquefois jusqu’à les chasser de sa paroisse.
Une prostituée infâme, nommée Cathelinotte, fut de ce nombre. Isabeau, tante de cette fille, ayant prié le curé de lui faire quelques remontrances, il la fit venir en sa présence ; mais n’ayant reçu d’elle que des outrages et d’odieuses provocations, il l’obligea à quitter Vomécourt. Arrêtée peu de temps après, elle fut convaincue de plusieurs infanticides, et condamnée à mort. Poussée par le génie du mal, elle voulut se venger de sa tante et du curé Cordet. Elle les accusa de sortilège et soutint qu’elle-même était sorcière. Arrêtés aussitôt, ils furent confrontés et appliqués plusieurs fois à la question. Cathelinotte fut livrée la première au bras séculier ; vint ensuite le tour d’Isabeau, mais le procès du malheureux curé s’instruisit pendant près de deux ans.
Ses paroissiens le réclamèrent en vain ; traîné alternativement des cachots de Saint-Dié à ceux de Toul, n’échappant aux interrogatoires que pour subir la question, il se vit enfin condamné à être brûlé vif comme coupable d’avoir introduit Cathelinotte au sabbat, de l’avoir présentée à Maître Persin, homme grand, sec et noir, froid comme glace : etiam in coïtu, habillé de rouge, assis sur une chaise couverte de poil noir, pinçant ses néophytes au front pour leur faire renier Dieu et la vierge ; d’avoir profané les mystères en célébrant la messe à minuit, en jaquette rouge et avec une hostie noire pour la réception de Cathelinotte ; d’avoir fait rôtir et servir aux convives diaboliques les enfants de Cathelinotte, dont il était père ; et enfin, d’avoir exorcisé des gens qu’il aurait dû faire brûler.
Le curé, dit M. Gravier dans son Histoire de l’arrondissement de Saint-Dié, vit avec joie les apprêts de son supplice, et le subit avec une fermeté qui fit pâlir ses juges.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
CORDET (Dominique), curé de Vomécourt, canton de Rambervillers, pendant vingt ans, victime d’un fanatisme aveugle et cruel, mourut sur le bûcher en 1632, sous le poids d’une accusation de sortilège. Cordet, partageant les erreurs de son siècle, croyait aux sorciers, mais il avait en horreur l’inquisition et ses échafauds. Extrêmement sévère pour toutes les personnes notées de mauvaise conduite, il allait quelquefois jusqu’à les chasser de sa paroisse.
Une prostituée infâme, nommée Cathelinotte, fut de ce nombre. Isabeau, tante de cette fille, ayant prié le curé de lui faire quelques remontrances, il la fit venir en sa présence ; mais n’ayant reçu d’elle que des outrages et d’odieuses provocations, il l’obligea à quitter Vomécourt. Arrêtée peu de temps après, elle fut convaincue de plusieurs infanticides, et condamnée à mort. Poussée par le génie du mal, elle voulut se venger de sa tante et du curé Cordet. Elle les accusa de sortilège et soutint qu’elle-même était sorcière. Arrêtés aussitôt, ils furent confrontés et appliqués plusieurs fois à la question. Cathelinotte fut livrée la première au bras séculier ; vint ensuite le tour d’Isabeau, mais le procès du malheureux curé s’instruisit pendant près de deux ans.
Ses paroissiens le réclamèrent en vain ; traîné alternativement des cachots de Saint-Dié à ceux de Toul, n’échappant aux interrogatoires que pour subir la question, il se vit enfin condamné à être brûlé vif comme coupable d’avoir introduit Cathelinotte au sabbat, de l’avoir présentée à maître Persin, homme grand, sec et noir, froid comme glace : etiam in coïtu, habillé de rouge, assis sur une chaise couverte de poil noir, pinçant ses néophytes au front pour leur faire renier Dieu et la Vierge ; d’avoir profané les mystères en célébrant la messe à minuit, en jaquette rouge et avec une hostie noire pour la réception de Cathelinotte ; d’avoir fait rôtir et servir aux convives diaboliques les enfants de Cathelinotte, dont il était père ; et enfin d’avoir exorcisé des gens qu’il aurait dû faire brûler.
Le curé, dit M. Gravier dans son Histoire de l’arrondissement de Saint-Dié, vit avec joie les apprêts de son supplice, et le subit avec une fermeté qui fit pâlir ses juges.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
CORDET (Dominique).- Il était curé de Vomécourt depuis 20 ans, lorsqu’il fut accusé de sortilèges, sur la dénonciation d’une fille perdue.
Emprisonné à Saint-Dié, puis à Toul, son procès dura deux ans ; il fut enfin condamné à mort comme sorcier et brûlé vif en 1632.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CORDET (Dominique), prêtre, curé de Vomécourt
( ? - Toul, 1632)
Curé de Vomécourt au début du XVIIe siècle, il exige de ses paroissiens une morale rigoureuse, allant jusqu’a chasser de sa paroisse les personnes qui refusent de se corriger. Sur la plainte de sa tante Isabeau, une fille de moeurs légères, Cathelinotte, est admonestée par D. Cordet qui, insulté, la chasse de Vomécourt. Arrêtée peu après pour infanticide, elle est condamnée à mort. Pour se venger, elle se déclare sorcière et accuse sa tante et son curé de l’être également. Cathelinotte et Isabeau sont soumises à la question, condamnées et exécutées.
Quant à Dominique Cordet, prêtre, il est emprisonné à Saint-Dié, puis à Toul où s’instruit son procès. Déclaré sorcier au terme de deux années de procédures, d’interrogatoires et de supplices, il est condamné à mort et brûlé vif.
Bibl. : Le Vosgien.- Le Général Humbert, Biographies des célébrités vosgiennes, p. 342-343.
Bouvier.- Biographie générale Vosges, p. 388.
Vuillemin.- Biographie Vosgienne, p. 84-86.
[Albert Ronsin].