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Gautier ou Vautrin LUD

[ Pfaffenhoffen (67) , 1448 Saint-Dié (88) , 1527 ]

ecclésiastique

Fondateur du Gymnase vosgien.

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

LUD Gauthier.- Chanoine de Saint-Dié, aussi remarquable par son intelligence que par son dévouement, introduisit l’imprimerie à Saint-Dié dès la fin du quinzième siècle.

Le premier ouvrage sorti de ses presses est la bulle d’institution de la fête de la Présentation au Temple, l’une de ses nombreuses fondations religieuses. Cette bulle fut imprimée sur 3 feuilles in-4°, à deux colonnes, en 1494 [Note].

Lud est mort à Saint-Dié en 1527, à l’âge de 79 ans.

 

Note : Je dois dire toutefois que M. Beaupré, dans ses Recherches sur les commencements de l’imprimerie en Lorraine, croit pouvoir assurer que le premier ouvrage sorti de l’imprimerie établie à Saint-Dié par Lud, ne remonte pas au-delà de 1507.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

LUD (Gautier), chanoine de Saint-Dié, prêtre savant, intelligent et dévoué, signala la fin du quinzième siècle par l’introduction de l’imprimerie dans les Vosges, en créant un atelier à Saint-Dié. Lud était un être privilégié, s’il eût eu le don de commander, il eut été un grand réformateur. En introduisant l’imprimerie dans ce pays, il n’avait qu’une seule pensée, celle de combattre les abus en introduisant la lumière. Il sacrifia sa fortune, en bonnes oeuvres et en sacrifices pour faire la guerre à l’impiété. La plus importante de ses fondations fut celle de la Présentation au Temple, instituée par le pape Paul II, et que Lud fit célébrer pour la première fois en 1494. Il consacra les premiers essais de ses presses à la publication de bulles d’institution et de l’office de cette fête, sur trois feuilles in-4°, imprimées à deux colonnes en lettres rondes, sans chiffres ni réclame.

Lud fit de cette fête un spectacle à petits personnages, représentant la scène de Jérusalem : le grand-prêtre, l’enfant, la reine des cieux vêtue d’une étoffe blanche ; sa mère, Anne la prophétesse, vêtue d’une étoffe de laine. Deux petits garçons ouvraient la marche, portant, en place de colombes, le pain et le vin pour le sacrifice. Ces principaux acteurs vêtus chaque année aux frais de la fondation étaient suivis de trente petites filles. Après l’office du soir, les acteurs et leur suite étaient conviés à un banquet composé à perpétuité de mets de même qualité : un gros fromage, six douzaines de tartelettes, quelques grandes tartes et des fruits. Les chanoines, alors au nombre de trente-deux, quatorze vicaires et tous les desservants de l’église recevaient une rétribution pécuniaire pour assister à la cérémonie, et personne n’y manquait.........

La philanthropie du bon chanoine trouva matière à s’exercer dans les calamités qui signalèrent le commencement du seizième siècle. La stérilité causée par des pluies excessives ramena de nouveau la famine, qui avait régné après l’hiver de 1480. Le prix du blé s’éleva de deux sous six deniers le résal à 10 livres ; c’était quatre-vingts fois sa valeur ordinaire. C’est à cette occasion que Lud sut faire le bien, il institua la confrérie de Saint-Sébastien, et, par ce moyen, il se procura tout ce qui pouvait être nécessaire au corps et à l’âme de tant de malheureux. C’est à Lud que le pays des Vosges doit son premier écrivain, Pierre de Blarut.

Lud est mort à Saint-Dié en 1527, à l’âge de 79 ans, laissant après lui bien des abus à supprimer, bien de grossières erreurs à combattre, il en fut l’ennemi, et pendant toute sa vie, il fit tous ses efforts pour lever le voile qui pouvait obscurcir la lumière que l’Esprit divin a voulu répandre sur l’univers, pour que chacun de nous en use sans jamais en abuser.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

LUD Gauthier.- Avec le XVIe siècle s’ouvre pour nos monastères des Vosges une époque de lumière. La découverte de l’imprimerie et la renaissance des lettres, grecques et latines, venaient jeter l’Europe en fermentation. Le val de Galilée ne fut pas indigne du siècle de Léon X. Gauthier Lud, Mathias Ringmann - Philésius -, Laurent Pillard - Pilladius - et Pierre de Blaru, l’entourèrent d’une auréole littéraire et poétique.

Le chanoine Lud fut avant tout un homme pétri de miséricordieuse charité : une famine horrible et une peste affreuse moissonnèrent de son temps un tiers de la population : il se voua tout entier au service des pauvres et des pestiférés. Les chanoines, ses confrères, et les religieux de tous les monastères imitèrent, du reste, son exemple : on distribua toute sorte de secours à domicile, et on prit les mendiants valides pour soigner les invalides dans les maladreries.

Lud consacra, pendant toute sa vie, aux arts et à la science, les loisirs que lui laissèrent les oeuvres de miséricorde. Il fonda, de concert avec son ami Philésius, une imprimerie à Saint-Dié, et leurs presses se distinguèrent par la netteté des caractères et le choix des ouvrages. Ils contribuèrent en particulier à populariser les voyages maritimes d’Améric Vespuce, dont l’épître dédicatoire est adressée au duc René de Lorraine. Le grand prévôt, Louis de Dommartin, se plaisait à les encourager, à les seconder et à les visiter dans leurs ateliers.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

LUD (Gauthier).- Chanoine de Saint-Dié, il introduisit l’imprimerie dans cette ville en 1494.

Il mourut à Saint-Dié, en 1527, âgé de 79 ans.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LUD (Gautier ou Vautrin), chanoine de Saint-Dié, maître général des mines, créateur du Gymnase Vosgien
Saint-Dié, 1448 – Saint-Dié, 1527


Armes du maître général des mines de Lorraine, Gautier Lud. Né d’une mère déodatienne, Jeanne d’Ainvaux, dame de la Warde de Wisembach, et d’un père issu d’une famille alsacienne de Pfaffenhofen qui s’était mise au service du duc de Lorraine, Vautrin ou Gautier Lud est secrétaire du duc René II et son chapelain en 1480. Sur la recommandation de ce dernier, il est pourvu d’une prébende de chanoine de l’Eglise de Saint-Dié en 1484 ; il est confirmé chapelain du duc en 1490. En 1494 il institue à Saint-Dié la fête de la Présentation de la Vierge au Temple puis il fait bâtir à ses frais quelques années plus tard sur la colline d’Ortimont, en dehors de la ville, une chapelle et une ferme attenante, dédiée à Saint Roch, pour y recevoir les malades atteints de peste.

En 1504, il succède à son frère Johannès, décédé, dans la charge de maître général des mines de Lorraine et la conservera jusqu’à son décès. Enfin ses confrères lui confient en 1505 les fonctions de sonrier de la ville, qui lui donnent les pouvoirs d’administration et de justice sur la partie de la ville dépendant du chapitre.

Vautrin est passionné d’astronomie et il met au point une projection stéréographique du globe terrestre et des sphères célestes. Il fait imprimer en 1507, à Strasbourg, un livret explicatif avec des disques mobiles sous le titre Speculum Orbis… Declaratio et Canon.

Désireux de publier une nouvelle édition de la Géographia de Ptolémée contenant les nouvelles terres découvertes par les navigateurs et révélées comme un monde nouveau par Amerigo Vespucci, il crée une petite équipe savante, qui prendra le nom de Gymnase Vosgien, composée de lui et de Mathias Ringmann, Martin Wldseemuller, son neveu Nicolas Lud et son confrère Jean Basin, et il installe à Saint-Dié une imprimerie. En 1507 paraissent des cartes dont une grande de 2,27 x 1,30 sur laquelle figure le nouveau continent appelé AMERICA. Un livret explicatif l’accompagne, intitulé COSMOGRAPHIAE INTRODUCTIO et qui est considéré comme l’acte de baptême du nouveau monde. D’autres ouvrages sont imprimés de 1507 à 1510 mais la Géographia préparée ne sera imprimée qu’en 1513 à Strasbourg car en 1511 Vautrin Lud a dû engager une partie de ses revenus pour régler des sommes dues à deux adjudiciaires bâlois des mines.

Lors de l’exécution du grand graduel de chœur de l’église de Saint-Dié, il offre le paiement de deux grandes pages enluminées, l’une consacrée aux travaux des mines, l’autre retraçant la vie de Sainte Barbe.

Lorsqu’il meurt en 1527, la charge de maître des mines passe à son neveu Jean Lud, fils de son frère décédé en 1504.


Bibl. : Save (G.).- Vautrin Lud et le Gymnase Vosgien, Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, tome XV, 1889-90, p.263.
Ronsin (Albert).- Découverte de baptême de l’Amérique, Montréal, 1979. P. 119-120.
Ronsin (Albert).- Vautrin Lud, son frère et ses neveux, Pierres et Terres, n° 25-26, 2e semestre 1982.


[ Albert Ronsin ]

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