Biographie vosgienne

Claude Victor PERRIN dit VICTOR
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VICTOR (Claude Victor Perrin, dit), pair et maréchal de France
Lamarche, 7 décembre 1764 – Paris, 1er mars 1841


Claude Victor Perrin est l’un des fils de Charles Perrin, huissier royal au bailliage de Bassigny, résidant à Lamarche, et de Marianne Floriot. En 1781, il s’engage dans le régiment d’artillerie de Grenoble en qualité de tambour. Versé dans le régiment d’artillerie d’Auxonne quelques mois plus tard, il est finalement libéré avec le grade de sous-officier. En 1791, il est grenadier dans la Garde nationale de Valence.

Au cours de la même année, il s’engage derechef dans le 3e bataillon des volontaires de la Drôme. Il est successivement promu adjudant sous-officier, adjudant major, puis capitaine dans le 5e bataillon de volontaires du Bas-Rhin en 1792. Il sert un peu plus tard en qualité de lieutenant-colonel dans le même bataillon. Durant le siège de Toulon, il se distingue sous les yeux de Bonaparte. Il s’empare notamment du Petit Gibraltar et reçoit deux blessures. Nommé adjudant-général chef de brigade le 2 octobre 1794, puis général de brigade le 13 juin 1795, il est versé dans l’armée des Pyrénées. Il s’empare de Collioure et de Rosas. Il sert ensuite sous les ordres de Schérer, puis de Bonaparte en Italie. Sa bravoure et remarquée durant les combats de Loano, Cassaria, Dego, Mondovi, Lonato et surtout à Castiglione et à Roveredo.

Le 10 mars 1797, il est nommé général de division. Il marche ensuite sur Rome et s’empare du port d’Ancône. Après la signature de la paix, il pacifie la Vendée. Il retourne en Italie de 1798 à 1799. Quand Bonaparte descend à nouveau dans ce pays, après son retour d’Égypte, il confie à Victor la division d’avant-garde qui franchit le Grand Saint-Bernard. Il peut ainsi triompher à Montebello, puis à Marengo et sur d’autres champs de bataille. En 1801, il commande le corps français stationné en Batavie. Quatre ans plus tard, il est nommé ministre plénipotentiaire au Danemark.

Il reprend sa place dans la Grande armée en 1806, en qualité de chef d’état-major de Lannes. Il combat à Iéna ou il est blessé. Après avoir remporté la victoire de Multusk, il est enlevé par des éclaireurs. Libéré, il devient commandant du 1er corps d’armée qui prend une large part à la victoire de Friedland. Pour récompenser sa conduite, Napoléon le nomme Maréchal de France le 13 juillet 1807, puis duc de Bellune. Il lui confie ensuite le gouvernement de la Prusse et de Berlin.

Durant la guerre d’Espagne, Victor combat à Somo-Sierra, Medellin, Talavera de la Reyna en 1808, puis il prend part au siège de Cadix en 1809. Trois ans plus tard, il est placé à la tête du 9e corps, puis du 2e corps de la Grande armée qui combattent à la Moskova. En 1813, il participe à de nombreuses autres batailles : Dresde, Wachau, Leipzig et Hanau. Chargé ensuite de contenir les Alliés qui menacent d’envahir les Vosges, il est mis dans l’obligation de se replier en direction de la Champagne par manque d’effectifs. Il est blessé à Craonne le 7 mars 1814 et se retire momentanément dans l’une de ses propriétés. Quand les Bourbons reviennent en France, il se rallie sans hésiter à Louis XVIII. Nommé gouverneur de la 2e division militaire, il suit le roi à Gand pendant les Cent Jours.

Après Waterloo, il est promu pair de France, major général de la Garde royale en 1815, puis gouverneur de la 16e division militaire en 1816. En qualité de ministre de la Guerre du 14 décembre 1821 au mois d’octobre 1823, il réorganise l’armée qui doit opérer en Espagne. Il est nommé major général de ce corps expéditionnaire. Après avoir effectué une mission diplomatique en Autriche, il reprend son poste de major général de la Garde royale et devient en 1828 membre du Conseil supérieur de guerre. Il se retire de la vie publique après la révolution de juillet 1830.

Quand il disparaît, il est notamment grand-croix dans l’ordre de la Légion d’honneur et dans l’ordre de Saint-Louis. Il est inhumé au Père-Lachaise où sa tombe est toujours visible. En 1846, son buste en bronze est placé sur l’une des places principales de Lamarche, sa ville natale. Plusieurs enfants sont nés de ses deux mariages avec Jeanne Joséphine Muguet, puis avec Julie Vosch van Avesaet.


Bibl. : Valynseele (J.).- Les maréchaux du premier empire, 1957, p. 251-257.
Poull (G.).- Les Vosges.- Éditions France Empire, 1985, p. 227-229.
Vartier (Jean).- La tombe du maréchal Victor ne sera pas rasée, in journal L’Est républicain du 12 octobre 1967.


[ Georges Poull ].