Biographie vosgienne

MENNE ou MANNE
 
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Biographie vosgienne / François Vuillemin

Sainte MANNE ou MENNE.- Née à Soulosse (arrondissement de Neufchâteau), était, ainsi qu'on l'a vu plus haut, soeur de saint Eucher, de saint Élophe, de sainte Libaire et de sainte Suzanne. Elle passa ses premières années près d'un ami de son père, saint Mannius, évêque de Châlons, qui la baptisa, et déposa dans son cœur les premiers germes des vertus chrétiennes.

Après avoir vécu cinq années dans un monastère, elle revint au sein de sa famille et bientôt plusieurs nobles sollicitèrent sa main. Ses parents avaient accueilli la demande d'un d'entre eux, quand Manne, instruite de cette résolution prise à son insu, leur déclara qu'elle avait voué sa virginité à Jésus-Christ, et que ce vœu lui était doux à remplir. Nonobstant, ses parents espérant vaincre cette résistance, continuèrent les préparatifs ; le jour de la cérémonie fut fixé, ils reçurent les félicitations de leurs nombreux amis. Les larmes de Manne n'ayant pu fléchir la volonté de ses parents, elle prit la soudaine résolution d'abandonner la maison paternelle. Elle se rendit à Châlons, et supplia celui qui avait dirigé ses premiers pas d'être son protecteur. Saint Mannius ayant obtenu du père de Manne la liberté de réaliser de pieux desseins, elle reçut le voile au milieu de l'assemblée d'un clergé nombreux réuni à Châlons.

Après la mort de son père et de sa mère, le vent de la persécution commençant à souffler en Champagne, elle quitta Châlons et s'achemina, accompagnée d'une seule servante, vers son pays natal. En marchant dans un lieu solitaire des Vosges, elle rencontra une rivière assez large et très profonde ; s'étant armée du signe de la croix, dit l'auteur anonyme de sa vie, elle passa cette rivière à pied sec ! Ce miracle fut suivi d'un autre non moins éclatant : le bâton sur lequel s'appuyait la sainte ayant fait jaillir une source d'eau vive et abondante, à quelque distance de cette rivière, Manne y fixa son séjour.

Ici cesse toute donnée sur sa vie ; on sait seulement qu'après sa mort, elle fut inhumée à Poussay, arrondissement de Mirecourt. Depuis un grand nombre de siècles, ses restes ont été transférés à Toul, où ils sont encore l'objet d'une grande vénération.