Biographie vosgienne

Jean Nicolas VOYAUX DE FRANOUX
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VOYAUX DE FRANOUX (Jean Nicolas), abbé
Tendon, 6 janvier 1760 – Londres, 16 novembre 1840


Fils de Joseph Voyaux et de Catherine Defranoux, il fait sa philosophie au collège Saint-Claude de Toul et part ensuite pour Paris suivre les cours de théologie de la Sorbonne sur la recommandation de Monseigneur de Chaumont, évêque de Saint-Dié. Il reçoit les ordres mineurs dans la capitale en même temps qu’il conquiert le titre de docteur en théologie.

Ordonné prêtre dans son diocèse d’origine, il regagne Paris et se voit confier la direction du séminaire de la Sainte-Famille encore appelé des Trente-Trois en raison de l’effectif qu’il pouvait accueillir. C’est à ce poste qu’il se trouve lorsque la Révolution commence.

Réfractaire la Constitution civile du clergé, il émigre en Angleterre après la loi de déportation du 26 août 1792. Le 20 septembre de la même année, il met le pied sur sa terre d’exil, et se trouvant sans ressources, il a recours à la charité des comités de secours créés pour les prêtres français émigrés. Il devient ensuite professeur de latin, français et astronomie, puis précepteur du jeune Robert Peel. En 1796, Monseigneur Douglass, vicaire apostolique de Londres, l’envoie dans cette ville, au faubourg de Chelsea, avec mission d’y donner le secours de son ministère aux vétérans catholiques de l’armée anglaise, admis à l’hôpital royal fondé dans ce quartier.

Il consacre aussi ses soins aux catholiques dispersés dans le voisinage. Ceux-ci étant en nombre grandissant, il obtient en 1811 du gouvernement britannique l’autorisation de construire une église. Pour cela, il reçoit l’aide de son ancien élève Robert Peel, qui commençait alors sa brillante carrière politique, ainsi que de la famille royale française. L’édifice est inauguré le 29 juin 1812 et la nouvelle paroisse devient rapidement florissante jusqu’à compter 6000 fidèles en 1830. Entre-temps, en 1825, l’abbé Voyaux fait construire deux écoles, un presbytère et des établissements de charité.

N’ayant pas oublié son village natal et ayant noué des relations épistolaires avec l’abbé Marchal, curé de Tendon, il fonde dans cette localité une école gratuite pour les filles (1825) et un hospice qu’il vient visiter en 1835. Pour toutes ses œuvres, il bénéficie de la générosité des hautes relations qu’il a su nouer dans son exil et aussi de la protection des Bourbons, de retour au pouvoir en France depuis 1815.

Louis XVIII lui avait d’ailleurs proposé la mitre qu’il refusa, par fidélité à sa paroisse londonienne. En compensation, il fut anobli, ajouta de Franoux, le nom de sa mère, à son patronyme et devint chanoine du chapitre royal de Saint-Denis ainsi qu’aumônier de l’ambassade de France à Londres. L’abbé Voyaux exerça constamment son ministère en Angleterre ; il contribua fortement à la renaissance du catholicisme dans ce pays dans la première moitié du XIXe siècle.

Il est inhumé dans l’église Sainte-Marie de Chelsea qu’il avait fondée et qui est devenue depuis un des principaux lieux de culte catholique de la capitale britannique. Son souvenir y est pieusement conservé.

Son cousin, Jean Nicolas Voyaux, né à Tendon le 23 février 1757 de Nicolas Voyaux et Agnès Bastien, devint prêtre. Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, il fut exécuté avec 25 autres personnes dont le poète André Chénier, le 25 juillet 1794.


Bibl. : Marchal (Mgr).- L’abbé Voyaux de Franous….- Saint-Dié, 1895.
Becherand (André).- L’Abbé Voyaux de Franous, enfant de Tendon.- Annales de la Société d’émulation des Vosges, 1984, p. 57-62.


[ Pierre Heili ].