Biographie vosgienne

Albert MONTÉMONT
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MONTEMONT (Albert), homme de lettres
Rupt-sur-Moselle, 20 août 1788 – Paris, 31 décembre 1861


Albert Montémont. Albert Montémont est né dans la ferme du Petit Bouzon au Dessus-de-Rupt, village qui fait partie du Ban de Longchamp. Ce dernier donne notamment naissance à la commune de Rupt au début de la Révolution. Albert est le fils de Jean Joseph Montémont, brigadier forestier, commandant de la Garde nationale et d’Agnès Joly.

A l’issue de ses études au collège de Remiremont, il entre en 1805 dans l’administration des Droits réunis à Epinal. En 1809, il est nommé à Valence ; il rejoint ensuite Gap. Il quitte cette ville pour suivre en Italie l’inspecteur général des départements du Premier Empire situés au-delà des Alpes. Il revient à Gap en 1814. Après avoir été révoqué à l’issue des Cent Jours en raison de ses opinions bonapartistes, il envisage de se rendre aux Etats-Unis. Il devient finalement précepteur des enfants d’une famille anglaise. Il rentre en France quatorze ans plus tard à la faveur des événements de juillet 1830.

Nommé chef de bureau au ministère des finances, il est chargé des travaux relatifs aux statistiques. Il perfectionne ses connaissances dans ce domaine. Le 4 juin 1835, à l’hôtel de ville de Paris, la Société française de statistique universelle fondée à Paris le 22 novembre 1820 par César Moreau, de Marseille, lui décerne sa grande médaille d’honneur. Pendant ce temps il devient un adepte de la franc-maçonnerie. Il prononce l’éloge funèbre de La Fayette, de Settier et du maréchal Mortier à la Grande Loge de Paris. Il collabore au bulletin de la Société de géographie dont le président est le célèbre navigateur Dumont d’Urville, son ami. Ce dernier donne son nom aux terres qu’il découvre au cours de son troisième voyage autour du monde. Ces Iles Montémont sont situées par 150° 3’ de longitude Est et 11° 17’ de latitude Sud.

Albert Montémont est également un des rénovateurs du Caveau, société littéraire parisienne qu’il préside à partir de 1846. Le 28 décembre 1842, il a eu l’idée de rassembler les Vosgiens de la capitale dans les salons du restaurateur Pestel, situés à proximité de son domicile, rue Saint-Honoré. A l’issue du banquet auquel assistèrent notamment Louis Buffet, Boulay de La Meurthe et le duc de Choiseul, il chante pour la première fois sa célèbre Vosgienne, dont les accents pleins de fierté naïve touchent le cœur de nos compatriotes. Dès lors, la tradition des banquets se poursuit.

Le 17 janvier 1844, une centaine de Vosgiens se réunit dans la salle du Tivoli d’hiver sous la présidence du docteur Pariset, de l’Institut, originaire de Grand. En 1848, une délégation composée de Boulay de La Meurthe, d’Albert Montémont, d’Eugène Garcin et plusieurs autres se rend à l’Hôtel de Ville de Paris pour demander à la municipalité de rendre à l’ancienne place des Vosges le nom qu’elle avec reçu et qui avait été aboli sous la Restauration. Albert Montémont participe encore à de nombreux banquets mémorables, qui lui permettent de rencontrer les Vosgiens de la capitale, au cours du Second Empire. Il est notamment l’auteur d’une traduction des œuvres de Walter Scott en 32 volumes, d’une Histoire universelle des voyages en 51 volumes, d’une Grammaire générale en dix langues et d’un grand nombre d’autres ouvrages en prose et en vers. Il a aussi composé onze volumes de poésies et de chansons.

En 1856, il salue la naissance du prince impérial dans une pièce en vers qu’il adresse à l’Empereur. En juin 1859, il vient fêter ses 70 ans à Rupt, chez son neveu Léon Viry. A cette occasion, Clément Perrin, historien ruppéen, lui rend hommage en composant en son honneur une nouvelle version de la Vosgienne. Quand Albert Montémont disparaît, il est inhumé au cimetière Montmartre.


Bibl. : Etat civil de Rupt-sur-Moselle.
Poull (G.) – Les Vosges, Editions France-Empire, 1985, pages 298 à 300.
Médaille, lettres et ouvrages originaux d’Albert Montémont possédés par l’auteur de cet article.
Poull (G.). – Généalogie manuscrite de la famille Montémont, rédigée avec la collaboration de Jacques Mathieu.


[Georges Poull.]