Biographie vosgienne

Henri COLIN
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

COLIN (Henri), chanoine, botaniste, membre de l'Institut

Bains-les-Bains, 1er novembre 1880 - Paris, 21 mars 1943

Le chanoine Henri Colin. Henri Colin est le fils d'un mécanicien au Moulin du Bois. Durant sa jeunesse, il se distingue par son intelligence et le sérieux de son travail. Il fréquente l'école communale. A 14 ans, il entre en 4e au séminaire de Châtel-sur-Moselle. Il reçoit ensuite une solide formation littéraire et scientifique au séminaire d'Autrey. Il termine ses études philosophiques et théologiques au grand séminaire de Saint-Dié.

En octobre 1901, à la suite d'excursions fatigantes, il ressent de violentes douleurs à un genou, qui l'obligent à revenir à Bains. Sur le conseil du docteur Grandgury, il entre à l'Institut catholique de Lille pour se soigner tout en poursuivant ses études. Il obtient les deux parties du baccalauréat à Nancy et revient à Lille pour étudier les sciences naturelles sous la direction d'un Vosgien illustre, l'abbé Boulay, de Vagney, spécialiste des mousses et des lichens ainsi que bon géologue.

En octobre 1905, il obtient le grade de licencié ès-sciences naturelles. Quelques mois plus tard, il entre à l'Institut catholique de Paris pour y préparer une licence de physique et de chimie. Il profite de son séjour dans la capitale pour entreprendre à la Sorbonne des recherches personnelles de physiologie végétale sous la direction des grands botanistes Gaston Bonnier et Marin Molliard. En 1909, il obtient son diplôme d'études supérieures avec les félicitations du jury.

Après avoir enseigné la botanique pendant quatre ans à Lille, il soutient brillamment une thèse de doctorat ès-sciences sur le botrytis cinerea, moisissure bien connue des vignerons bordelais en janvier 1911. Au cours de cette année, il est nommé maître de conférence à l'Institut catholique de Paris où il crée un laboratoire de physiologie végétale. C'est dans celui-ci qu'il mène à bien, en compagnie de ses nombreux élèves, la plupart de ses travaux.

De temps en temps, il se rend à Cannes où il occupe une cellule du séminaire. Dans cette région, il se trouve dans le climat de ses expériences et il effectue des promenades botaniques. Il voyage aussi en Belgique et dans plusieurs autres pays pour étudier la flore de certaines contrées. Pendant les vacances, il séjourne volontiers dans son cher pays de Bains.

En 1913, il devient complètement sourd après avoir contracté la fièvre typhoïde. A peine rétabli, il est heureux de servir durant la Grande guerre au Val de Grâce, sous les ordres du professeur Vincent, directeur du laboratoire bactériologique. Parmi ses compagnons, il y a notamment Jean Rostand, qui deviendra bientôt un savant de réputation mondiale. Sa surdité l'oblige à apprendre la lecture sur les lèvres avec l'aide de l'abbé Rousselot, son ami, professeur de phonétique au Collège de France. Ses nombreux travaux et sa réputation de grand savant lui valent d'être élu à l'Académie des Sciences le 30 juin 1937.

Sur le plan religieux, il est fait chanoine de Saint-Dié et de Paris. Le 21 mars 1943, après avoir déjeuné avec ses amis au séminaire des Carmes, il décide de se rendre dans la forêt de Marly pour retrouver quelques-uns de ses élèves. Pour s'y rendre, il emprunte le métro. C'est durant ce voyage qu'il s'affaisse brusquement, terrassé par une embolie. Ses obsèques se déroulent le 24 mars dans la chapelle Saint-Joseph des Carmes de Paris. Il est inhumé provisoirement au cimetière d'Ivry, puis définitivement au cimetière de Bains le 13 Juillet 1946.

Le 12 août 1962, une plaque-souvenir est apposée sur sa maison natale située près du petit square qui porte son nom.


Bibl. : Martin (H).- La Vie et l’œuvre d'un savant vosgien : M. le Chanoine Henri Colin, in journal La Liberté de l'Est des 9 au 13 août 1962.
Augier (J.).- Le Chanoine Henri Colin, de l'Académie des Sciences, Paris, H. Lanore, 1944, 61 p.


[Georges Poull].