Biographie vosgienne

Georges René LAEDERICH
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LAEDERICH (Georges René), industriel
Epinal, 30 juin 1898 – Paris, 12 novembre 1969


Georges Laederich en compagnie de, de gauche à droite : Louis Jeanmaire, Francis Larger, Louis Courroy, sénateur, et Georges Poull. Georges Laederich, fils de René Laederich et Anne Maria Favre, aide tout d’abord son père à gérer ses nombreuses usines quand il a terminé ses études. Il lui succède en 1932 et trois ans plus tard il donne aux Etablissements Laederich leur forme définitive. Ils deviennent ainsi l’un des plus puissants groupes textiles des Vosges. Leur maison de vente, le Comptoir industriel cotonnier se trouve à Epinal.

Lorsque surviennent les événements de 1936, les unités de production de la firme connaissent des fortunes diverses. Celles de la vallée du Rabodeau sont paralysées par les grèves. La filature et les tissages de Rupt-sur-Moselle continuent à fonctionner, alors que toutes les autres usines de la vallée de la Moselle sont arrêtées. Georges Laederich, c’est-à-dire Monsieur Georges pour ses ouvriers, est en effet très populaire ici. Ses œuvres sociales sont nombreuses.

D’un autre côté, le préfet des Vosges l’a autorisé à fonder avec ses deux sœurs le prix René Laederich le 3 novembre 1933. Chaque année, les intérêts d’un titre de rente sur l’Etat, d’une valeur de 500 francs sont attribués à une famille de la commune ayant au minimum trois enfants vivants de moins de treize ans.

Georges Laederich se distingue à cette époque par ses idées novatrices. Il est un des premiers dans la région à préconiser l’utilisation des fibres artificielles dans ses filatures. L’installation d’une préparation tissage pour la rayonne à Rupt-sur-Moselle lui ouvre de nouveaux débouchés. Il crée en 1938 un bulletin de liaison dans lequel il explique notamment à ses ouvriers les raisons et les conséquences de la crise qui sévit, ainsi que les répercussions de la convention collective de 1936. A l’issue du second conflit mondial, ses usines retrouvent leur capacité de production normale. Leur modernisation commence en 1949, à l’issue du voyage qu’il effectue avec ses principaux cadres aux Etats-Unis pour étudier les nouvelles méthodes de fabrication des filés et des tissus.

Il se rend compte à cette époque que son groupe doit commencer à se reconvertir. Avec l’aide d’un de ses amis, il crée à Senones un département « Plastique » qui est installé dans un de ses tissages en 1952, puis transféré à Moussey en 1955. Une unité dite « Fils métalliques », puis un atelier d’extrusion où l’on fabrique des gaines de distribution de courant électrique (« Canalume ») sont mis en service dans cette commune à partir de 1953. Avec le concours du groupe Rothschild, Georges Laederich fonde une usine spécialisée dans la construction de maisons préfabriquées à La Petite-Raon en 1956. Le 25 janvier 1964, il fonde une société en nom collectif dite Laederich et Cie qui a pour but de rechercher et de mettre au point des matériels et des procédés nouveaux. Le démarrage d’une entreprise de fabrication d’accessoires d’appareils ménagers à Saulcy-sur-Meurthe en septembre 1969, en est la concrétisation. Elle est administrée par la Compagnie industrielle des techniques nouvelles dont il est le P.D.G.

Durant sa longue carrière, Georges Laederich joue un rôle très important à l’échelon national dans le monde de l’industrie et de la presse. De 1943 à 1944, il est président du Syndicat cotonnier de l’Est et de l’Union textile, vice-président du Syndicat général de l’industrie cotonnière française et du Comité industriel cotonnier. Il devient plus tard président, puis président d’honneur de l’Union des industries textiles. Il est encore de commanditaire principal des journaux L’industriel vosgien et L’Express de l’Est, de 1935 à 1944 notamment.

Quand il disparaît ses obsèques se déroulent à Moussey le 17 novembre 1969. Il a épousé Violette Kiener, fille de Jacques Kiener, industriel à Eloyes et de Laurence Crosnier de Varigny, qui lui a donné dix enfants.


Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne. 1765-1981, pages 144 à146, 356 à 360 et 390 à 395.


[Georges Poull].