Biographie vosgienne

André MONNIER-ZWINGELSTEIN
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MONNIER-ZWINGELSTEIN (André), homme de lettres
Bussang, 25 février 1898 – Nice, 14 octobre 1985


Couverture illustrée pour La Foresterie de André Monnier-Zwingelstein, édition de 1943. André Monnier est le fils d’Emile Monnier, directeur de tissage à Colmar, et Marie Zwingelstein. Après avoir obtenu son baccalauréat de philosophie, il devient élève de l’Ecole supérieure de Filature et de Tissage d’Epinal en 1913 et 1914. Il en sort ingénieur et obtient un emploi de directeur du tissage Blum, situé aux Gouttes à Senones. Il devient ensuite directeur du tissage de Lette à Rupt-sur-Moselle qui appartient à la famille Pinot, puis directeur-général des établissements Deguerre à Maxonchamp, dans la même commune.

Vers 1925, il décide de devenir écrivain. Le premier roman qu’il publie s’intitule La Foresterie et intéresse l’industrie du textile. Il se consacre ensuite au journalisme en Alsace. Dans la cadre de ses fonctions de rédacteur en chef du Nouvelliste d’Alsace, il parcourt l’Europe en observant les problèmes du moment. Il publie notamment avant la Seconde guerre mondiale La Hongrie dans les destinées de l’Europe et Alsace et Lorraine, terres de France. Le premier de ces ouvrages est frappé d’interdiction. Le second est saisi par la Gestapo en 1940.

André Monnier se réfugie en zone libre après l’invasion allemande. A l’abri des représailles, il diffuse des brochures et des ouvrages qui lui permettent de prendre la défense de l’Alsace-Lorraine annexée avec l’accord du gouvernement de Vichy ; il s’agit notamment de Notre Rhin et La Prusse éternelle. A l’issue de la Seconde guerre mondiale, il recommence à écrire des romans qui sont souvent publiés dans les journaux, tels le Journal de Genève, la Gazette de Lausanne, le Canada et La Nation belge.

Il obtient en 1948 le prix Erckmann-Chatrian pour son livre Clair-Moutier. Il reçoit également le prix de l’Alsace littéraire pour A l’ombre de ma vigne, le prix de la Société d’encouragement au bien pour Mon beau village et diverses autres récompenses. Le prix du roman gai lui est décerné en juillet 1957.

A cette époque, il vient d’aborder le roman policier. De 1955 à 1965, il publie quarante ouvrages de ce genre. Marcel Allain préface celui qu’il intitule Coup d’Epervier. Il est dès lors surnommé le Simenon de Côte d’Azur parce qu’il réside désormais à Nice. Un jury parisien lui décerne pour cet ouvrage le Grand prix du roman policier 1965. Parmi les lauriers qui lui sont attribués, il y a notamment le prix Maurice Betz 1978.

Doué d’une vitalité et d’une fécondité littéraire et intellectuelle exceptionnelles, il travaille du matin au soir jusqu’à la fin de son existence. Il a épousé en 1934 Jeanne Bourlier-Vouilminot, petite-fille d’Albert Vouilminot, garde national qui s’était opposé avec une poignée d’hommes à l’entrée des Prussiens dans Colmar en 1870.


Bibl. : Correspondance de l’auteur de cet article avec André Monnier.
Amet (J.).– Interview pour un portrait : André Monnier, in La Liberté de l’Est, 19 au 23 décembre 1977.
Amet (J.).– André Monnier-Zwingelstein, in La Liberté de l’Est du 4 novembre 1985.


[Georges Poull.]