Biographie vosgienne

Jean MONTÉMONT
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MONTEMONT (Jean), instituteur, artiste peintre
Rupt-sur-Moselle, 22 février 1913 – Remiremont, 14 février 1959


Autoportrait de Jean Montémont (1936, Collection Jeanne Montémont).

Fils d’Adrien Montémont, courtier en coton, et de Jeanne Pierrel, il fait toutes ses études au collège de Remiremont, depuis la classe de 10ème, où il entre en octobre 1919, jusqu’à la classe de Philosophie et le baccalauréat obtenu en 1931. La même année, le 28 juin, à Paris, il reçoit du président de la République Paul Doumer le prix de dessin du Concours général venu consacrer son jeune talent.

Son service militaire accompli en Algérie, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy où il a comme maître Victor Prouvé. Il en sort en 1938 avec un premier prix de dessin, un premier prix en arts graphiques et un 2ème prix de peinture. Mais se sentant porté vers la pédagogie, il entre dans les cadres de l’enseignement primaire le 1er octobre 1938. Il est instituteur au Thillot jusqu’en 1948.

Pendant l’occupation, il agit discrètement mais activement dans les rangs de la résistance locale (Maquis des Source de l’Ognon) et, à la Libération, il s’engage dans la 2ème D.B. où il reçoit une citation pour son action du 26 novembre 1944 à Molsheim. Le 15 avril 1945, il est cité à l’ordre de la Division pour sa conduite au combat de Neunkirch (14.12.1944). En 1948, il est nommé à Remiremont, école Maxonrupt, puis aux classes primaires du collège où il enseigne de 1954 à 1958. Il bénéficie le 28 juin 1958, du prix de la fondation Eugène-Monnier récompensant l’instituteur de France s’étant le plus distingué dans l’enseignement du dessin. A la rentrée suivante, il est nommé professeur de dessin au collège de Remiremont.

Depuis 1931, année où il présente pour la première fois des œuvres à l’exposition régionale de peintures de Remiremont, Jean Montémont ne cesse de peindre et d’être présent aux différents salons organisés en Lorraine. En 1948, il expose à la galerie Roux-Heutchel à Paris où ses toiles sont remarquées par la revue Arts qui vante la bonne tradition de sa peinture. La critique locale lui reconnaît plus tard un métier solide, une aisance dans toutes les formes d’expression et évolution vers un modernisme de bon aloi respectueux des règles les plus classiques des nuances et de l’harmonie. Outre Remiremont à de nombreuses reprises, Plombières, Epinal, Nancy, Mulhouse et même Karlsruhe en Allemagne accueillent ses œuvres parmi les plus achevées desquelles on peut compter une Ferme aux Traits de Roche (1954), Les joueurs de cartes (1954), La Grande Rue à Remiremont (1956), le Port de Collioure (1957), Maisons à Remiremont (1958) et le Port du Croisic (1958).

Enseignant doué d’un incomparable talent pédagogique, artiste accompli enlevé trop tôt au seuil de sa maturité, Jean Montémont se dépensait par ailleurs sans compter pour doter son département d’une infrastructure culturelle qui lui faisait partiellement défaut. On trouve son nom à l’origine de la fondation de plusieurs association à vocation artistique : Société Vosgienne des Amis des Arts (1949), Académie des Arts plastiques d’Epinal (1954) et Amicale d’Arts plastiques (1956). Après sa mort, plusieurs expositions rétrospectives lui ont été consacrées à Remiremont (1959 et 1984), Epinal (1959 et 1967) et Nancy (1960).


Bibl. : Poirier (Henri).– Hommage à Jean Montémont, Musée Charles-de-Bruyères, Remiremont, 1984.


[Pierre Heili.]