Biographie vosgienne

Gustave MOREL
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MOREL (Gustave), prêtre et philosophe
Ban de Laveline, 21 mars 1872 – Toula (Russie), 11 août 1905


Gustave Morel est né au hameau d’Algoutte, à Ban-de-Laveline dans une ancienne famille de cette agglomération. En 1882, il devient élève du collège des Frères de Marie à Saint-Dié. Il est ensuite envoyé à l’Ecole Sainte-Marie de Besançon. Ses parents le destinent à l’Ecole Polytechnique, mais à l’issue du pèlerinage qu’il effectue à Lourdes en 1888 le jeune Gustave décide de devenir prêtre. Il entre au grand séminaire de Saint-Dié et étudie de front plusieurs disciplines. Elles lui permettent de devenir après son ordination professeur au séminaire Saint-Vincent-de-Paul à Paris, puis professeur à l’Institut catholique de cette capitale. Il milite dès cette époque pour l’unité des Eglises. Il correspond dans ce sens avec des prêtres et des laïcs qui résident en Angleterre, en Allemagne et dans d’autres pays. L’idée d’union des différentes Eglises d’Europe le pénètre bientôt entièrement. On lui confie le soin d’effectuer plusieurs enquêtes en Angleterre, et dans ce pays, il a l’occasion de rencontrer des personnages de premier plan : Lord Halifax, Griffith, Riley et Birkbeck. En 1900, il se rend en Allemagne pour analyser la théologie protestante en suivant notamment les cours du célèbre professeur Harnack.

Il revient à Ban-de-Laveline en 1901 pour y passer trois semaines de vacances. Il publie ensuite des études sur le Baptême chez les protestants et la Confession chez les Anglicans. Il repart en Angleterre pour y rencontrer les Orientalistes. A son retour dans son pays d’origine, il définit nettement sa ligne d’action : … Union par le haut et non chercher à se prendre des frères un à un.

En 1903, 1904 et 1905, il effectue de longs séjours en Russie pour enquêter sur les Eglises d’Orient. On peut le suivre à travers ses carnets de route, scrupuleusement tenus à jour, déplorant les discussions stériles opposant les papes et rencontrant une incompréhension qui le désole. Cependant, quelques intellectuels comprennent ses intentions. La mort met tout à coup un terme brutal à son apostolat. En se baignant dans la propriété de M. Khomakov à Toula, il se noie. Son corps est ramené dans les Vosges par l’abbé Camille Morel, son cousin, curé de Nomexy.

Quand il quitte la Russie, il est salué par l’archimandrite, les évêques et le clergé orthodoxe qui admet le principe d’une réforme interne de l’Eglise russe. Gustave Morel est inhumé le 5 octobre 1905 en présence du sous-préfet de Saint-Dié et de Mgr Foucault. Son oraison funèbre est prononcée par le Père Pechenard, de l’Institut catholique de Paris et par le chanoine de Bazelaire, son ancien curé. Il repose depuis cette époque dans le cimetière de Ban-de-Laveline.


Bibl. : La Liberté de l’Est, 11 janvier 1966.


[Pierre Heili.]