Biographie vosgienne

André SEROT
 
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Dictionnaire des Vosgiens célèbres

SÉROT (André), colonel et observateur de l’ONU
Xertigny, 24 juillet 1896 – Jérusalem, 17 septembre 1948


André Sérot est né dans l’ancienne maison du maréchal-ferrant Ch. Duplessy, à Xertigny. Le 5 février 1923, il épouse Berthe, fille d’Henri Grunfelder, directeur de la succursale locale de la B.N.C.I., née à Xertigny le 20 septembre 1898. Engagé volontaire en 1914, alors qu’il prépare son concours d’entrée à l’École Polytechnique, il combat dans les rangs du 44e RI. Il est sous-lieutenant en 1916. Il est ensuite versé dans l’aviation. Lieutenant-pilote en 1918, il rejoint le 21e régiment basé à Essey-lès-Nancy quand la paix revient.

Plus tard, avant le début de la seconde guerre mondiale, il accomplit des missions suicide en Allemagne. Il parle six langues. Grâce à ses 18 noms d’emprunt, il parvient à connaître les emplacements de tous les terrains proches de la frontière française. Promu capitaine, puis commandant en 1939, il se replie dans le midi en juin 1940. Il appartient dès lors au 2e Bureau de l’Etat-major de l’Armée de l’air.

Plus tard, il parvient à gagner l’Algérie avec sept autres officiers français. Chargé de diverses missions, avant, puis après la signature de l’armistice le 8 mai 1945, il enquête au sujet de la mort accidentelle du Général Leclerc.

Le 17 septembre 1948, devenu colonel, il accompagne en qualité d’observateur de l’ONU le comte Folke Bernadotte af Wisborg désigné comme médiateur de cet organisme international, après l’abandon du mandat britannique sur la Palestine. Ce personnage est le neveu du roi de Suède. Arrivé à Jérusalem, le groupe officiel est réparti dans trois voitures. Les deux premières arborent le drapeau de la Croix-Rouge ; la troisième porte l’emblème bleu et blanc de l’ONU. Dans l'un de ces véhicules, le colonel Franck Begley et le commandant Cox, de l’armée des USA, se trouvent assis à l’avant ; le comte Bernadotte, le colonel Sérot et le général suédois Age Lundstroem se trouvent à l’arrière. À l’entrée du secteur juif de Jérusalem, le groupe de voitures est arrêté par des hommes armés. Deux d’entre eux portent des mitraillettes ; suivis par une femme, ils s’approchent des véhicules. Soudain, l’un de ces personnages braque le canon de son arme à travers le ventilateur installé dans le pare-brise de la voiture du comte et tire. Le général Lundstroem échappe à la rafale, mais André Sérot meurt sur le coup. Le comte Bernadotte, grièvement blessé, est tué avant son arrivée à l’hôpital.

Quelques jours plus tard, le corps du colonel vosgien est ramené à Xertigny et inhumé dans le cimetière de cette commune en présence de nombreuses personnalités et de plusieurs milliers de personnes. Son épouse, déportée à Ravensbrück, a été élevée au grade d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur.


Bibl. : Munier (Bertrand).- Il y a 34 ans, le colonel Sérot était assassiné à Jérusalem, in journal La Liberté de l’Est du 17 septembre 1982. Notes personnelles.



[ Georges Poull ].