Biographie vosgienne

Antoine DINKEL
 
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Notes de René Dinkel

Antoine Dinkel, ancien maire de Saint-Étienne-lès-Remiremont (Vosges), né le 25 octobre 1914 à Mulhouse (Haut-Rhin), est décédé le 28 mars 1974 à Cannes (Alpes-Maritimes). Il s’est marié le 15 décembre 1938 avec Madeleine Gérard. De ce mariage naissent 9 enfants dont une fille et huit garçons. A la date du décès de Madeleine Dinkel, son épouse, la famille s’élargira à 18 petits-enfants et 14 arrières-petits-enfants.

Parcours

Après une formation à l’École des Ponts-et-chaussées de Saint-Jean-de-Maurienne (73), il quitte l'administration et crée le 1er septembre 1945, avec Camille Grégoire, l'entreprise Grégoire & Dinkel, dont il devient Président directeur général. En 1948, l’effectif est porté à 70 dont 6 prisonniers allemands. L’un d’entre eux restera dans les Vosges durant de nombreuses années.

Cette société se transforme ensuite en 1957 en Société anonyme : Entreprise de travaux publics et de bâtiment Grégoire et Dinkel. En 1971, près de 140 salariés y travaillent. En 1974, au décès d’Antoine Dinkel, c’est son fils, ingénieur, entré en 1971, qui reprend les rênes. En 1989, la société absorbe la maison Ferreti qui devient une de ses filiales. A la suite du décès de Gérard Dinkel, le 10 décembre 1989, l’entreprise intègre le Groupe LP.

A la fin de la guerre 1939-1945, sur avis du comité départemental de libération en raison de son activité au sein du maquis des Vosges du Haut-du-Bois, Antoine Dinkel est désigné par le Préfet pour administrer Saint-Étienne-lès-Remiremont. Élu au scrutin du 6 mai 1945, élu maire le 26 mai 1945, il devient à 31 ans le plus jeune maire de France. Il exercera jusqu’au 9 avril 1970, date à laquelle le Préfet accepte sa démission à la suite de son deuxième infarctus. Il est nommé maire honoraire par arrêté du préfet des Vosges (publié au recueil des actes administratifs du Département des Vosges, n° 13 de juillet 1973).

Au cours de sa carrière de maire :
- il participe à l’établissement d’un plan d’aménagement et d’urbanisme en 1947 et cherche à associer à cette étude les communes de Remiremont et Saint-Nabord afin de réaliser les équipements nécessaires à l’agglomération dans son ensemble.
- il est un précurseur de la canalisation de la Moselle, aujourd’hui en partie réalisée avec la voie express.
- il est l’un des principaux artisans de la mise en route de l’étude du plan d’eau de Noirgueux dont la réalisation n’a malheureusement pas abouti.
- c’est grâce à son souci d’urbanisation que le plan d’urbanisme du plateau de la May est approuvé en 1961. Il a permis la création de 180 logements HLM et de doter tout ce quartier des réseaux d’eau et d’assainissement.
- en 1966, il fait aboutir un important projet concernant la construction de deux réservoirs, d’une station de pompage, et l’agrandissement du réservoir d’eau de la commune. De même qu’il fait réaliser par le conseil municipal l’électrification des derniers écarts de Saint-Étienne.
- s’il a toujours travaillé pour sa commune, il garde en tête l’agglomération bien avant que l’on parle de communautés de communes ou de communautés d’agglomération, et c’est grâce à son intervention en ce qui concerne le changement des limites territoriales avec Remiremont qu’ont pu être aménagés le quartier HLM et l’école intercommunale à cinq classes de Révillon.
- le projet de l’école maternelle à cinq classes est également élaboré et inscrit au plan départemental pendant son mandat.
- il participe à tout ce qui touche les problèmes de la jeunesse, et en particulier en encourageant les actions de ses fils qui créent en 1958 un groupe d’Éclaireurs de France, en 1963 un club de jeunes (Club Léo-Lagrange) et en contribuant fortement à la mise en place d’une section sportive par l’apport important d’aide matérielle et financière. Un Challenge Antoine Dinkel, organisé par le Football Club Stéphanois (FCS) a témoigné, durant plusieurs années, la reconnaissance des associations.

Il a soutenu les initiatives de ses enfants pour la création, en avril 1966, de l’auberge Saint-Romary et en juillet 1966 de la station-service du Saint-Mont.

Langues écrites et parlées : Italien, Allemand, Français et langue régionale (Alsacien).

Distinctions

Par arrêté du 2 juillet 1973, le Préfet des Vosges lui attribue le titre de Maire honoraire (il est le premier du département à recevoir cette distinction) ; Palmes Académiques ; Ordre du mérite social ; Médaille du travail (Médaille d’or) ; Médaille d’argent départementale et communale pour ses 25 années de services rendus à la commune ; Médaille de la Résistance ; Forces françaises de l’intérieur (FFI)...

Ses nombreuses activités lui valent d’être désigné président d’honneur de l’A.S.R., du Comité d’assistance aux vieillards et de l’Amicale laïque.

Il était également délégué cantonal. La loi Goblet du 30 octobre 1886 a fait du délégué cantonal une sorte de représentant indépendant de la laïcité et de la République auprès de l'école. Il joue un grand rôle dans l'enracinement de la République et de l'école laïque dans la société française en veillant aux bonnes conditions de vie et de travail des écoliers. Cette fonction est aujourd’hui assurée par le Délégué départemental de l'Éducation nationale.

Sources

L’Est républicain du 13 mars 1970 : Après 25 ans au service de la commune, M. Antoine Dinkel démissionne
L’Est républicain : M. Antoine Dinkel, maire honoraire, disparaît
La Liberté de l’Est : M. Antoine Dinkel, maire honoraire, n’est plus, annonçant en mars 1974 la disparition d'Antoine Dinkel
La Liberté de l’Est du 30 septembre 1995 : Le demi-siècle de Grégoire et Dinkel. Née de la volonté et des compétences de deux hommes, la société fête aujourd’hui son anniversaire.
Archives et documentation de Madeleine Dinkel †.

Site Internet

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_des_Vosges
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_du_Haut-du-Bois_(Eloyes)