Paul DESCELLES

[ Raon-l’Etape (88), 22/03/1851 – Saint-Dié (88), 05/07/1915 ]

peintre

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

DESCELLES (Paul).- Né à Raon-l’Étape, est un peintre de valeur qui a consacré ses pinceaux à de nombreux sujets vosgiens.

Il a exposé, au Salon de 1887, Une exécution, et A l’hospice St-Joseph, à Saint-Dié ; en 1888, La Lessive à l’hospice de Saint-Dié, et Portrait de mon père.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

DESCELLES Paul.- Né à Raon-l’Étape le 22 mars 1851.

Artiste peintre, officier d’Académie.

M. Paul Descelles va résider de bonne heure à Saint-Dié où les leçons de M. Mirbeck développent rapidement ses dispositions pour le dessin et la peinture.

Jeune encore, il entre dans une industrie d’art pour la maison Gallé, de Nancy. C’est dans ce genre que s’ouvrent ses débuts au Salon de Paris en 1880. Très goûtés, ses portraits sur émail lui font une réputation de maître dans cette spécialité si délicate, où il faut tout disputer au feu, le coloris, les nuances les plus vaporeuses, la ressemblance jusqu’en ses lignes les plus ténues. Il est en ce genre et à la lettre le fils de ses œuvres, c’est à ce titre que l’applaudit, presque chaque année, le Salon des Champs-Élysées.

Avec les années, s’accroît le succès, médailles d’or et d’argent à Épinal, Dijon, et à la suite de ces derniers concours en 1882, signalé au gouvernement qui le nomme officier d’Académie en 1888.

M. Paul Descelles réussit dans les portraits et le tableau de genre. Parmi les plus remarqués citons entre autres ceux de :
- Mgr Sonnois, archevêque de Cambrai (chez les religieuses d’Esquermes);
- le Comte de Chambrun (ancien préfet de Meurthe-et-Moselle) ;
- celui de sa bien-aimée sœur (au musée de Toul) ;
- Mgr de Briey (à la galerie du grand séminaire de Saint-Dié) ;
- M. Michel (professeur de droit à la faculté de Paris) ;
- M. Puton (directeur de l’école forestière de Nancy) ;
- Mgr Grand-Claude (à la galerie du grand séminaire de Saint-Dié) ;
- Mgr le chanoine Brignon (archiprêtre de la cathédrale de Saint-Dié).

Au salon nous voyons le portrait sur porcelaine de Madame de Mirbeck, 1880 ; de Mlle Phulpin, 1882 ; de M. Villiam de Lesseux, 1883 ; de M. Grollemund, 1884 ; de l’auteur, 1887.

Parmi les tableaux de genre, nous remarquons :
- Une exécution (galerie des évêques à Toul et à l’hospice Saint-Joseph de Saint-Dié), 1887 ;
- La Lessive à l’hospice (musée de Langres), 1888;
- Portrait de mon père, 1888 ;
- La Potée, 1890 ;
- La Couvée, 1891 ;
- La Veuve, 1894 ;
- Les dévideurs à l’asile des vieillards et Un jour de marché à Saint-Dié, 1895 ;
- Nourrices improvisées, 1896.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DESCELLES (Paul) , peintre

Raon-l’étape, 22 mars 1851 - Saint-Dié, 5 juillet 1915

Paul Descelles. Comme son père, Paul Descelles travaille à la faïencerie Muller de Raon-l’Étape, où il devient peintre sur faïence et porcelaine. Il est à Saint-Dié l’élève de Mirbeck, architecte et peintre, de Louis Gratia, peintre originaire de Rambervillers, et de Jules Adler. Lorsqu’Émile Gallé installe dans la faïencerie de Raon un atelier pour peindre ses décors sur faïence, il y engage Paul Descelles dont il reconnaît le talent. Ses portraits sur émail sont très rapidement appréciés.

A partir de 1880, il peint également sur toile et fait admettre ses oeuvres aux Salons. Il est reçu à la Société des Artistes français en 1883. En 1887 il expose aux Champs-Élysées. Peintre de la réalité, il exécute des tableaux d’après des scènes locales prises sur le vif : intérieurs modestes, scènes paysannes, femmes au lavoir, mère nourrissant son enfant, fête de Saint Nicolas, etc. Il est également l’auteur de nombreux portraits de grandes dimensions commandés par des amis et des compatriotes vosgiens. A la demande de l’évêché, il exécute plusieurs portraits en buste des évêques qui se sont succédés sur le siège épiscopal de Saint-Dié, de Mgr Caverot à Mgr Foucault. La peinture sur toile ne le détourne pas de la peinture sur émail, qui a fait son succès à ses débuts et pour laquelle il donne toujours des scènes de genre et des portraits. Il remporte des médailles lors des expositions à Épinal et à Dijon.

Après 1905 lorsque, suite à la loi de séparation, l’ancien évêché se trouve disponible, il est de ceux qui militent activement pour obtenir que les locaux soient consacrés au musée municipal, pour lequel il souhaitait réserver les oeuvres qu’il avait conservées par devers lui. Le bâtiment convoité devint collège et le musée ne fut installé au 2° étage de l’hôtel de ville qu’en 1925, dix ans après son décès. Sa collection était dispersée.

Il est également collaborateur de plusieurs magazines auxquels il donne des illustrations.

Plusieurs de ses oeuvres sont néanmoins entrées au musée de Saint-Dié depuis 1977 : Marine, le Commandant Stouter, Paul Malé, Blessés allemands dans la cathédrale de Saint-Dié en 1914, Mme Kohn-Grandidier (1907), portrait en pied, deux anonymes (sur faïence), scène de genre (sur faïence), Les oiseaux de nuit 1907 et 1911 (2 tableaux relatant un fait divers de 1904). D’autres oeuvres sont conservées au musée de Langres (Le lavoir de l’hospice de Saint-Dié - 1888) et chez divers particuliers.

En 1888, il avait été fait officier d’académie, en récompense de ses mérites.


Bibl. : Jouve (H.).- Dictionnaire biographique des Vosges.
Ferry (René).- Oraison funèbre de Paul Descelles, manuscrit, Musée Municipal Saint-Dié, dossier D 38.


[Albert Ronsin].

La Becquée, tableau de Paul Descelles (1899)

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