Émile ERCKMANN

[ Phalsbourg (57), 20/05/1822 – Lunéville (54), 14/03/1899 ]

homme de lettres

ERCKMANN-CHATRIAN.

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

ERCKMANN-CHATRIAN.- Publicistes. Deux noms qui sont réunis et qu’on ne peut plus séparer : Émile Erckmann et Alexandre Chatrian.

Le premier est né à Phalsbourg le 20 mars 1822, le deuxième au hameau de Soldatenthaler, commune d’Abreschwiller (Meurthe) le 18 décembre 1826.

M. Erckmann fit quelques études au collège de Phalsbourg et commença son droit à Paris en 1842 ; il passa son troisième examen en 1857, pour abandonner bientôt la carrière. Depuis quelque temps, il s’était lié avec M. Chatrian pour publier quelques oeuvres littéraires.

Ce dernier avait fait quelques études au collège de Phalsbourg lorsqu’il fut envoyé en Belgique pour continuer, dans les verreries de ce pays, la profession héréditaire de sa famille. Il quitta une position qui devenait lucrative pour se livrer à ses goûts littéraires, et entra comme maître d’étude à son ancien collège ; il s’y lia avec M. Erckmann, et ils associèrent leurs noms pour n’en faire qu’un seul uniquement connu du public.

Après maints essais, qui ne rapportèrent pas tout de suite le profit et le renom qu’ils espéraient, ils parvinrent enfin à percer et à acquérir dans la littérature de notre époque une place brillante et incontestée par des oeuvres où les moeurs et les sentiments de l’Alsace sont exposés dans des romans pleins de charmes, d’humour et de couleur locale.

Le succès de bon aloi de ces ouvrages n’a malheureusement pas suffi à la raison sociale qui s’était emparée de la faveur publique. En quelque sorte épuisés par leurs publications précédentes, ils ont cherché une veine nouvelle et un regain de faveur, qui, du reste, leur a fait défaut, dans une propagande d’idées et de doctrines malsaines dont leur réputation est la première victime.

Tout le monde connaît leurs livres, dont nous négligeons ici la nomenclature. Ils ont mis à la scène de la Comédie-Française L’Ami Fritz, pièce tirée du roman de ce nom et qui a eu une grande vogue, justifiée par l’originalité et l’intérêt du drame.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ERCKMANN (Émile), écrivain

Phalsbourg (Moselle), 20 mai 1822 - Lunéville (Meurthe-et-Moselle), 14 mars 1899


Erckmann et Chatrian. Cinquième enfant d’un relieur qui avait ouvert un cabinet de lecture à Phalsbourg, Erckmann est interne au collège de sa ville à l’âge de 10 ans. Bachelier en 1841, il part pour Paris étudier le droit de 1842 à 1846 ; il participe à la Révolution de 1848 et revient à Phalsbourg où il dirige en 1848 et 1849 deux journaux de gauche. Le premier drame signé en commun avec Chatrian, Georges (en 1848) n’a aucun succès.

La notoriété arrive en 1856 avec la publication des Romans Nationaux chez Hetzel. En 1870, il quitte Phalsbourg annexé à l’Allemagne et, après des séjours à Paris, en Normandie et en Bretagne, s’installe à Saint-Dié en septembre 1872, accueilli par la famille Goguel. Il y reste 9 ans. En 1873, avec Montezuma Goguel, il visite le canal de Suez, le Proche-Orient durant quelques mois. A Saint-Dié, il collabore à la Gazette Vosgienne, écrit des Contes vosgiens et le Brigadier Frédéric. En 1881, il quitte l’ermitage des Goguel en compagnie d’Emma Flotat, intendante de la maison, et le couple s’installe à Toul puis, en 1884, Erckmann regagne Phalsbourg, mais la présence allemande lui est insupportable et il s’établit à Lunéville en 1888. Il y meurt en 1899.

Les autres oeuvres célèbres sont : L’Ami Fritz, Histoire d’un conscrit de 1813, L’Invasion, Histoire d’un homme du peuple, Histoire d’un sous-maître, Me Gaspard Fix, Les Vieux de la vieille, etc...

Sa peinture de la société du XIX° siècle, sa bonhomie, son style évocateur et alerte ont assuré l’extraordinaire succès des oeuvres signées Erckmann-Chatrian, qui connaissent plusieurs rééditions au XX° siècle.


Bibl. : Baldensperger (F.).- Une vie parmi d’autres, p. 49.
Schoumaker (L.).- Erckmann-Chatrian, étude biographique, 1933, chap. IV.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome VIII, col. 823 et XII, col. 1372-74.
Benoit-Guyot (G.).- La Vie et l’oeuvre d’Erckmann-Chatrian, Paris, 1963, p. 172-220.


[André Ronsin].

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