Chevalier de la Légion d’Honneur (1896).
Notices documentaires
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
LUNG (Albert).- Né à Saint-Dié le 16 juin 1835, il est conseiller général des Vosges pour le canton de Senones depuis le 19 août 1883 ; il est manufacturier à Moussey où il a succédé à son frère aîné, Louis Émile, né en 1828, mort à Moussey, le 14 mai 1883, conseiller général depuis novembre 1877.
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Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1890 —
Annuaire des Vosges / Léon Louis
LUNG Albert.- Né à Saint-Dié le 16 juin 1835.
Manufacturier à Moussey.
Conseiller général du canton de Senones.
[
Léon LOUIS
, Annuaire des Vosges, 1890, p. 171. ]
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
LUNG Jean Albert.- Né à Saint-Dié le 16 juin 1835.
Propriétaire du château de Moussey qu’il habite avec sa famille, et propriétaire du domaine de Martimprey (canton de Corcieux).
Manufacturier depuis 1861. Tissages et filatures de coton, à Moussey et à La Petite Raon, occupe actuellement 800 ouvriers.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Senones depuis 1883.
Membre et secrétaire de la commission départementale, 1889.
Conseiller municipal (1883), puis maire de la commune de Moussey (1894).
Suppléant du juge de paix du canton de Senones (1894).
Président de la délégation cantonale (1883), de la commission de surveillance des chemins vicinaux du canton (1883), de la commission de la statistique agricole du canton (1883).
Membre de la chambre consultative des arts et manufactures de Saint-Dié (1890).
Chevalier de la Légion d’honneur (26 juillet 1896). Titulaire de la seule décoration de la Légion d’honneur décernée ce jour-là, en présence de six ministres au pied de la statue de Jules Ferry à Saint-Dié le jour de l’inauguration, et remise par M. Boucher, ministre, aux applaudissements d’une foule immense réunie en cet endroit.
Officier d’Académie (29 décembre 1888) et de l’ordre du Cambodge, ordre conféré en 1891 (autorisation par décret du Président de la République, Paris 17 octobre 1892).
M. Lung a obtenu, comme manufacturier, les récompenses suivantes : Médaille d’argent de la Société de protection des apprentis, Paris ; de bronze à l’Exposition universelle, 1878 ; d’argent à celle de 1889, classe XXX, groupe IV; deux autres d’argent à la même exposition : une à la classe de l’économie sociale, section XIV, 1889 et l’autre offerte le 24 novembre 1891 par l’administration supérieure de cette exposition, en qualité de membre du Comité départemental des Vosges.
Médaille de vermeil du ministre de l Agriculture pour pisciculture en 1892 ; d’argent (Jean de la Quintinie) offerte par la Société d’horticulture et de viticulture des Vosges, même année ; une de vermeil du ministre de l’Agriculture pour statistique agricole décennale, 1892 (offerte en 1896), et une autre de même valeur pour pisciculture offerte par le comice agricole de l’arrondissement de Saint-Dié, 1882.
M. Lung est lieutenant de louveterie depuis 1873, pour la circonscription forestière de Senones.
Il est membre de l’Association vosgienne de Paris (1887), de la Société d’Émulation des Vosges (1876), du Comité de patronage du collège de Saint-Dié (1883) et de celui de l’école primaire supérieure de Senones, de la Société centrale d’aquiculture de France ; vice-président du Conseil d’administration des chemins de fer d’Etival à Senones (Vosges), chemin d’intérêt local.
M. Lung a largement participé à la construction de la nouvelle route de Moussey à Senones, à l’amélioration en général des voies de communication du canton de Senones, et dernièrement encore il a fait don à la commune de Moussey du bâtiment des postes et télégraphes et d’une jolie place située entre les écoles primaires et destinée particulièrement aux récréations des enfants.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LUNG (Emile et Albert), manufacturiers
Les frères Emile et Albert Lung sont originaires de Saint-Dié, où ils sont tout d’abord négociants. Le premier d’entre eux y est né en 1828, et le second en juin 1835.
Avec leurs bénéfices, ils achètent en 1861 la filature et le tissage de Moussey qui appartenaient à Eugène Charlot. Ils entrent également en possession du tissage de la Petite-Raon un peu plus tard. Ils le reconstruisent entièrement en 1873. Ils deviennent enfin définitivement propriétaires du château de Moussey quand Eugène Charlot disparaît en 1876.
Pendant ce temps, ils se lancent dans la politique. Emile est élu maire de Moussey et conseiller général. Il finance une partie des travaux de construction de l’école des garçons de son village et il fait bâtir à ses frais la maison où l’on installe le télégraphe et la poste. Il est âgé de 54 ans quand il décède le 11 juillet 1882.
Albert Lung, son frère, lui succède à la tête de ses manufactures. Il crée dans celles-ci de nombreux services sociaux de 1883 à 1889. Pour fixer son personnel, il fait construire quatre groupes de cités ouvrières comprenant en tout 32 maisons. Chaque chef de famille a la faculté d’acheter la cité où il réside pour 2000 francs. Albert Lung fonde également une caisse de secours et une caisse d’épargne. Il verse des sommes très élevées pour faire rectifier totalement la route qui sépare la Petite-Raon de Moussey. Il devient également maire de cette localité et conseiller général du canton de Senones. Il est élu à ce dernier titre le 19 août 1883. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Cette décoration lui est remise à Saint-Dié le 26 juillet 1896 en présence de six ministres venus inaugurer la statue de Jules Ferry. En raison de son état de santé, il se retire de la vie active au cours de l’année suivante. Il meurt au cours de 1900.
Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne. 1765-1981, p. 354, 409 et 410.
[
Georges POULL
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
LUNG Albert (Jean)
(16 juin 1835, Saint-Dié - 31 juillet 1800, Moussey)
• Conseiller municipal de Moussey de 1884 à 1894
• Maire de Moussey de 1894 à 1900
• Conseiller général du canton de Senones de 1883 à 1900
• Manufacturier
• Marié
Le 2 août 1900, une foule énorme, conduit Albert Lung à sa dernière demeure. Né à Saint-Dié en 1835, il fait ses études au collège de cette ville, puis au lycée de Strasbourg d'où il sort vers 1855 pour s'initier aux affaires commerciales et industrielles à Paris et dans les principales villes de France. En 1860, Albert s'associe à son frère Émile Lung, et, un an plus tard, tous deux deviennent acquéreurs des filatures et tissages de Moussey, auxquels s'ajoute par la suite le tissage de la Petite-Raon. Après la mort d’Émile Lung, il reste seul à la tête de ces importants établissements.
Albert Lung est doué d'une remarquable puissance de travail, d'un sens droit et méthodique et d'un esprit peu commun de dévouement. Aussi sa place est-elle tout naturellement marquée dans les assemblées administratives et dans les commissions industrielles des Vosges. La famille Lung réside dans la magnifique demeure de l'ancien manufacturier Eugène Charlot, appelé plus communément par les habitants de la cité le château Charlot, une bâtisse, genre Moyen Âge, construite en grès vosgien et entourée d’un parc d'une grande étendue. Albert Lung fait d'importantes restaurations au château dont il renouvelle complètement le mobilier et la décoration.
Conseiller municipal, puis maire, il dote la ville de Moussey de la nouvelle route de Senones, du bâtiment des postes et d'une place publique. L'industriel mousséen entreprend la construction des cités ouvrières, et crée pour ses employés une caisse d'épargne et une caisse de secours qu'il alimente en partie de ses fonds personnels. Le 26 juillet 1896, en présence de deux ministres, au pied de la statue de Jules Ferry à Saint-Dié que l'on inaugure, il se voit remettre la Légion d'honneur.
Comme tous les hommes politiques républicains de l'époque, il participe à une quantité prodigieuse de commissions, délégations, chambres consultatives… Au décès de son frère en 1883, Albert Lung se porte candidat aux élections cantonales partielles sur le canton de Senones. Son succès est acquis au second tour de scrutin face aux maires d'Hurbache et de Senones, Auguste Gérard et Auguste Comond. Élu, il reste en fonction jusqu'à l'heure de son décès. C'est au milieu de ses nombreuses activités que la maladie le saisit en octobre 1899. Albert Lung s'éteint, après dix mois de souffrance, le mardi 31 juillet 1900, à Moussey. Ses obsèques donnent lieu à une véritable explosion d'émotion et de reconnaissance publiques, attestés par les discours prononcés au cimetière au nom de l'administration préfectorale et des corps élus.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]