2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
RAVINEL (de) Charles (Louis)
(29 octobre 1839, Nancy, Meurthe-et-Moselle - 27 octobre 1905, Nossoncourt)
• Maire de Nossoncourt 1867 à 1905
• Conseiller général du canton de Rambervillers de 1868 à 1871 puis de 1874 à 1877 et de 1889 à 1895
• Député des Vosges de 1871 à 1876
• Inspecteur des finances
• Marié, trois enfants
Charles Ravinel, né à Nancy, est le second enfant de Louis Ravinel, ancien député et le neveu de Louis Buffet. En 1867, il est inspecteur des finances, lorsqu'il se porte candidat libéral à une élection partielle pour le Corps législatif dans la troisième circonscription des Vosges. Le jeune candidat échoue de 544 voix contre le candidat officiel, le manufacturier Nicolas Géliot, et fut révoqué de ses fonctions. Aux élections générales de 1869, Charles de Ravinel pose de nouveau sa candidature contre le même adversaire. Dans sa profession de foi, il attaque vivement les candidatures officielles et demande qu'on enseigne à la jeunesse des écoles
avec les vertus qu’elle doit pratiquer les droits et les devoirs du citoyen et déclare
que la France veut de nouveau s'appartenir, qu'elle veut le respect du citoyen, l'ordre et la liberté. Charles de Ravinel est de nouveau défait.
Il est maire de Nossoncourt lorsque, le 8 février 1871, il est député à l'Assemblée nationale où il siège dans le centre droit. Au mois de juin suivant, le parlementaire frais émoulu fait une proposition à laquelle son nom reste attaché et qui attire sur lui l'attention. Voulant absolument qu'on décapitalise Paris, il demande qu'on installe à Versailles les ministères, les administrations et les services publics. Cette idée donne lieu à des discussions publiques très vives. Charles de Ravinel déclare qu'il veut faire loyalement l'épreuve de la République. Ces propositions combattues par le gouvernement ne sont point adoptées ; mais le jeune député acquiert une certaine notoriété inattendue. C'est également lui qui prononce cette phrase définitive :
Il ne faut point parler légèrement du pétrole.
Le 24 mai 1873, il se joint aux députés qui renversent Adolphe Thiers parce qu'il demande la constitution de la République, et appuie constamment de ses votes la politique de réaction à outrance inaugurée par le cabinet de Broglie. Charles de Ravinel n'en continue pas moins à se déclarer partisan d'une liberté sincère, sérieuse et féconde et grand admirateur de la décentralisation. Lors de la discussion des lois constitutionnelles qui organisent enfin le gouvernement de la République, Charles de Ravinel demande que, dans la constitution même, on fixe à Versailles la résidence du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Son frère Maurice de Ravinel est entré dans l'administration comme sous-préfet de Bernay. Révoqué, ce dernier est nommé secrétaire général de la Seine-Inférieure, puis préfet des Deux-Sèvres.
Aux côtés de ses fonctions nationales, Charles de Ravinel est, comme son père, maire de Nossoncourt et conseiller général du canton de Rambervillers à plusieurs reprises. Élu sans compétition en 1868 en remplacement de son père décédé, il conserve facilement son fauteuil en 1870 car aucun concurrent ne lui fait ombrage. Par contre, suite à l'annexion de plusieurs communes vosgiennes, les élections de 1871 le défont de son mandat cantonal au profit de Joseph Tardieu. Il le retrouve en 1874, pour finalement le perdre trois ans plus tard face au Rambuvetais Léon Pernet. Enfin, le premier magistrat de Nossoncourt revient dans l'enceinte départementale en 1889 et abandonne définitivement la vie publique au terme de son ultime mandature.
L’ancien chef de cabinet de Louis Buffet au ministère des Finances décède à son domicile de Nossoncourt le 27 octobre 1905. Marié le 14 mai 1866 à Marie-Anne-Charlotte-Émilie Guérin, appartenant à l'illustre famille de faïenciers lunévillois
Keller et Guérin, il a trois enfants :
François (1867-1944), André (1868-1942) et Marguerite (1870-1937).