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Marie Antoinette LIX

[ Colmar (68) , 31/05/1839 Saint-Nicolas-de-Port (54) , 14/01/1909 (69 ans) ]

lieutenant francs-tireurs

Auteur vosgien Biographie vosgienne

Biographie

1839
Naissance le 31 mai à Colmar (68). Cadette de cinq enfants (deux garçons et trois filles dont seuls deux vivent encore). Son père François Antoine Lix, né à Dambach-la-Ville, est aubergiste, sa mère née Françoise Schmitt, est native de Bergheim.
1844
En juin, sa mère décède. Son père, ancien militaire dans la cavalerie, lui inculque une éducation virile qui lui vaut nombre de reproches de son entourage : il lui fait porter des vêtements de garçon, lui apprend l’équitation et le maniement des armes.
La petite Tony est placée à l’Institution des Sœurs de la Divine Providence à Ribeauvillé.
1856
A dix-sept ans, elle obtient son brevet et sa licence d’institutrice.
Ses études terminées, la Mère Supérieure de l’Institution la présente à une noble famille polonaise en quête d’une préceptrice française. Pendant près de sept ans, elle séjourne en Pologne, au château de Sycz, et exerce sa fonction dans la famille Lubianski, aux côtés d’une institutrice anglaise et d’une allemande.
1863
Lors de l’insurrection, Antoinette fait cause commune avec les insurgés et prend part aux combats : le général Boncza, motrellement blessé, lui confie le commandement de son armée avec le grade de lieutenant.
Blessée, elle est capturée par les Russes qui la retiennent en Silésie.
1868
Renvoyée en France, elle est nommée receveuse des Postes à Lamarche (Vosges). Elle parle couramment le français, l’allemand, le polonais, l’anglais et le dialecte alsacien.
1870
Elle rejoint les Francs-Tireurs des Vosges après avoir repris son uniforme de lieutenant. Elle prend part au combat de La Bourgonce (16 octobre 1870).
1871
Elle reprend son poste de receveuse quand la paix revient.
1872
Le 5 mai, plusieurs dames alsaciennes lui offrent une épée d’honneur qui se trouve aujourd’hui au Musée de l’Armée à Paris.
A Lamarche, elle s’intéresse au sort des jeunes filles et fonde et anime un ouvroir à leur intention.
1882
Elle prend sa retraite et se retire à Paris où elle se consacre entièrement à des travaux littéraires.
1909
Elle meurt le 14 janvier à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle). Elle est titulaire de la médaille d’or de première classe et de la Croix de bronze des ambulances, mais n’a pas la Légion d’honneur.
1963
Le 20 janvier, un fervent hommage lui est rendu à Saint-Nicolas-de-Port par les autorités françaises et les patriotes polonais : la Légion d’honneur lui est remise à titre posthume. La plaque qui se trouve sur sa tombe dans cette ville rappelle sa conduite héroïque en Pologne et en France.
[D’après la notice de Georges Poull, parue dans Les Vosgiens célèbres].

Notices documentaires

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

LIX Mlle Antoinette.- Commandant de francs-tireurs, est née à Colmar.

Nous regrettons de n’avoir pas d’autres détails.

1898 — Les Alsaciens-Lorrains, tome 2 - 1898

LIX Antoinette, dite Tony.- Née à Colmar le 31 mai 1839.

Femme de lettres.

Elle était institutrice en Pologne quand éclata l’insurrection de 1863. Se rappelant qu’elle était fille de soldat, elle s’habilla en homme, monta à cheval et se mit à la tête d’un groupe de polonais qui firent des prodiges de valeur.

De retour en France, elle fut nommée receveuse des postes dans les Vosges.

Pendant la guerre franco-allemande, elle s’engagea dans un corps de francs-tireurs et assista au combat de La Bourgonce, puis dirigea l’ambulance de Lamarche.

En 1872, le gouvernement lui décerna la médaille d’or de première classe en récompense de sa « belle conduite pendant la guerre et de son dévouement dans les ambulances ».

Mlle Lix est l’auteur de Tout pour la patrie, 1884, et d’une excellente traduction d’un roman anglais : Jonnhy Ladlow.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LIX (Marie Antoinette), lieutenant de francs-tireurs et patriote
Colmar, 31 mai 1839 – Saint-Nicolas de Port, 14 janvier 1909


Antoinette Lix est la fille d’un ancien soldat qui a servi dans les grenadiers à cheval. Quand sa mère décède, elle est âgée de quatre ans. Elle est élevée par son père qui lui donne une éducation de soldat. Il lui fait porter des vêtements de garçon et lui apprend l’escrime, l’équitation et le maniement des armes. Plus tard, il entreprend de lui donner une éducation plus soignée en la plaçant chez les Sœurs de Ribeauvillé. Antoinette obtient son brevet d’institutrice à 17 ans. A la suite du décès de son père, elle ne revient pas habiter Ribeauvillé.

Elle entre au service de la comtesse Lubienska qui lui confie l’éducation de ses petits-enfants en Pologne. Elle réside durant six ans dans le château de cette dernière. Elle s’y trouve encore quand éclate l’insurrection de 1863. Les institutrices anglaise et allemande s’empressent de rentrer dans leurs pays respectifs. Antoinette Lix refuse de les imiter. Elle fait cause commune avec les insurgés et prend part notamment à la bataille au cours de laquelle le général Boncza, mortellement blessé, lui confie le commandement de son armée avec le grade de lieutenant. Une vie d’aventures commence pour elle.

Finalement, elle est blessée et capturée par les Russes, qui la conduisent en Silésie en lui signifiant qu’elle sera pendue si elle retourne en Pologne. En 1868, elle est renvoyée en France.

Elle est nommée receveuse des Postes à Lamarche. A cette époque, elle parle couramment le français, l’allemand, le polonais, l’anglais et le dialecte alsacien. Pendant la guerre de 1870-1871, elle rejoint les Francs-Tireurs des Vosges, après avoir repris son grade et son uniforme de lieutenant. Avec ces derniers, elle prend part au dur combat de La Bourgonce (16 octobre 1870). Elle reprend possession de son poste de receveuse quand la paix revient. Le 5 mai 1872, plusieurs dames alsaciennes lui offrent une épée d’honneur, qui se trouve aujourd’hui au Musée de l’Armée à Paris. A Lamarche, elle s’intéresse au sort des jeunes filles. Elle fonde et anime un ouvroir à leur intention.

Quand elle prend sa retraite en 1882, elle se retire à Paris où elle se consacre entièrement à des travaux littéraires. Lorsqu’elle disparaît, elle est titulaire de la médaille d’or de première classe et de la Croix de bronze des ambulances. Elle ne possède pas la croix de la Légion d’honneur. Cet oubli est réparé le 20 janvier 1963, quand un fervent hommage lui est rendu à Saint-Nicolas de Port par les autorités françaises et les patriotes polonais. La plaque qui se trouve sur sa tombe dans cette ville rappelle sa conduite héroïque en Pologne et en France.


Bibl. : Zeys (Louise).- Antoinette Lix.
Mathieu (Louis).- Marie Antoinette Lix, lieutenant de Francs-Tireurs, journal La Liberté de l’Est, octobre 1961.
Jeandidier (Pierre).- Comptes-rendus des cérémonies de St-Nicolas de Port, Liberté de l’Est des 15, 16, 17 et 21 janvier 1963.


[ Georges Poull ]

Sources structurées

  1. Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim 1879
  2. Les Alsaciens-Lorrains, tome 2 - 1898 1898
  3. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Georges Poull

Bibliographie


Romans ↑ haut

Tout pour la patrie ( 1884 )
1. Paris : Bray et Retaux, 1884.- In-18, VI-245 p., couv. ill.
Par Tony Lix.
2. Paris : J. Lefort, (1889).- In-8°, 168 p., fig.
Les Neveux de la chanoinesse, roman patriotique ( 1886 )
1. Paris : Bloud et Barral, 1886.- In-18, II-306 p.
Par Tony Lix.

Nouvelles ↑ haut

À Paris et en province, recueil de nouvelles ( 1889 )
1. Tours : A. Mame et fils, 1889.- In-12, 141 p., fig. et planche.
Par Tony Lix.
2. Tours : A. Mame et fils, 1890.- In-12, 143 p., fig. et planche.
Jeunes brutions et vieux grognards, souvenirs du prytanée de la Flèche ( 1889 )
1. Tours : A. Mame et fils, 1889.- In-8°, 160 p., fig. et planche.
Par Tony Lix.

Traductions ↑ haut

Johnny Ludlow / Mme Henry Ellen Price ( 1879 )
1. Paris : M. Dreyfous, 1879.- In-18, 323 p.
Traduit de l’anglais avec l’autorisation de l’auteur par Tony Lix. Le titre de départ porte : Johnny Ludlow, scènes de la vie réelle en Angleterre. Traduction de 12 des nouvelles formant la 1ère série de Johnny Ludlow, suite de récits anonymes parus dans The Argosy, revue dont Mme Wood fut éditrice à partir de 1868. Le nom de l’auteur ne fut révélé qu’en 1880, lors de la publication des 3 volumes de la 2ème série.
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Marie Antoinette LIX », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=19 (consultée le 5 septembre 2026).

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