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Hippolyte VUILLEMIN

[ Hadol (88) , 17/08/1833 – Remiremont (88) , 20/12/1926 (93 ans) ]

magistrat , avoué , maire , conseiller général

Chevalier de la Légion d'honneur (1925).

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « Hippolyte VUILLEMIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=1980 (consultée le 22 octobre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve

VUILLEMIN Hippolyte.- Né à Hadol le 18 août 1833.
Juge de paix du canton de Remiremont.
Ancien maire de cette ville, ancien conseiller général.
Officier d’Académie.

[ Henri JOUVE , Dictionnaire biographique des Vosges ]

1925 — Le Matin

Une croix bien méritée
Ce serait celle accordée
à un vénérable Remiremontais
dernier survivant des otages de 1870

M. Jules Méline, qui, malgré son grand âge, n’est pas le doyen du Sénat, n’est pas non plus le doyen de sa ville natale de Remiremont, où il aime à venir se reposer de temps à autre, dans sa vieille maison de la rue des Prêtres.

Un de ses voisins dans cette paisible artère de l’antique cité des Chanoinesses, M. Hippolyte Vuillemin, est son aîné de cinq ans et si la vie, toute de dignité, de l’ancien président du conseil mérite le plus profond respect, on ne peut que s’incliner aussi avec une reconnaissance déférente devant l’existence, entièrement consacrée à la chose publique, du vénérable citoyen remiremontais.

Avoué près le tribunal civil de la petite ville vosgienne depuis 1858, M. Vuillemin avait été élu conseiller municipal en 1870 et il eut, en cette qualité, à supporter durement les conséquences de la guerre. L’armée allemande ayant infligé une amende de 200.000 francs à la ville de Remiremont, M. Vuillemin, menacé d’être fusillé, fut choisi comme otage pour garantir le payement et resta ainsi pendant trois semaines prisonnier de l’ennemi à Nancy. Il fit ensuite un pénible voyage, par la Suisse, jusqu’à Tours, où siégeait le gouvernement de la Défense nationale, et c’est grâce à son sang-froid, à sa clairvoyance et à son activité que Remiremont ne connut pas les horreurs de l’incendie par représailles et des exécutions en masse.

Républicain de la première heure, luttant sans cesse pour la diffusion des idées démocratiques, il rédigea et signa, dès le 5 septembre 1870, l’adresse votée par le conseil municipal pour adhérer avec enthousiasme à la République.

M. Vuillemin fut ensuite successivement conseiller d’arrondissement, conseiller général, adjoint au maire, maire de la ville, juge de paix jusqu’à la veille de la dernière guerre et il a rempli pendant cinquante-six ans ses fonctions administratives et judiciaires sans recueillir d’autres satisfactions que celles du devoir accompli et du respect dont il est entouré.

Au noble vieillard, dont aucune amertume n’a jamais troublé la sérénité, au dernier survivant des otages de 1870 et des signataires de l’adresse d’adhésion à la République, tous ses concitoyens sans exception, qui ont pour lui une affectueuse et profonde sympathie, seraient heureux et fiers de voir accorder la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Nul, en vérité, plus que ce bon citoyen, âgé aujourd’hui de 92 ans, ne paraît mériter cette haute récompense nationale.

[ Le Matin (Paris) , 19 janvier 1925. ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

VUILLEMIN Hippolyte
(13 août 1833, Hadol - 20 décembre 1926, Remiremont)

© Le Grand Livre des élus vosgiens, éd. Gérard Louis, 2003
• Maire de Remiremont de 1881 à 1884
• Conseiller général du canton de Remiremont de 1881 à 1888
• Avoué
• Marié

Hippolyte Vuillemin, né en 1833 à Hadol, s'adonne dès son jeune âge aux études de droit. Travailleur infatigable, il acquiert bientôt dans la société un rang digne de lui. Aussi se fixe-t-il en 1858 à Remiremont et succède comme avoué à un grand maître d'alors, maître Danis. Grâce à ses connaissances juridiques, à sa clairvoyance dans les affaires litigieuses, à son jugement éclairé, il devient un maître érudit et sait conquérir avec célérité la première place au milieu de ses confrères.

Après trente et une année d'un travail aussi absorbant, sa santé chancelle, et il se résigne à abandonner son étude en janvier 1889, sans renoncer complètement à la vie judiciaire. À cette époque, l'administration départementale reconnaît les services rendus par Hippolyte Vuillemin, tant dans le domaine public qu'à la justice. Ses supérieurs n'hésitent pas à lui donner dans son pays d'adoption les fonctions de juge de paix du canton de Remiremont, fonctions qu'il conserve jusqu'en juillet 1913. Mais sa vie publique retient par ailleurs l'attention.

Élu conseiller municipal en 1870, il est l'un des plus ardents défenseurs de la population. Avec une éloquence persuasive et sur la promesse immédiate de deux cent mille francs, il contribue à épargner des flammes allemandes l'important Hôtel du Cheval de Bronze, condamné à une destruction certaine. Somme énorme et impossible à réaliser. Alors, avec quatre de ses collègues, il est immédiatement écroué à Nancy par les Allemands. Sorti de prison sous condition, Hippolyte Vuillemin se rend à Tours où il a le bonheur de libérer de façon définitive sa ville de Remiremont. Cet acte héroïque fait de lui, quelques mois plus tard, un adjoint dévoué au maire de la cité.

En 1881, ses collègues du conseil municipal veulent récompenser ses grandes qualités et lui offrent la mairie, succédant à Jean-Louis Ballon. De nombreuses réalisations sont créées sous son mandat, tels le marché couvert, le Champ de Mars. En même temps, ses qualités d'administrateur lui valent bien des égards de la part des électeurs républicains qui l'élisent conseiller d'arrondissement puis conseiller général le 27 février 1881, seul candidat à se présenter suite à la démission de Charles Thomas, élu juge de paix. À mi-mandat, il prend une décision qui lui coûte l'hôtel de ville lors d'un conflit avec ses concitoyens.

Écologiste à une époque où ce mot est peu usité, Hippolyte Vuillemin munit les prises d'eau potable publiques ou privées de robinets à clapet. Cette innovation lui vaut le surnom de Vuillemin-Clapet et la malédiction des ménagères et laveuses, qui habituées jusque-là à laisser couler les fontaines jour et nuit, se voient obligées d'appuyer sur un clapet quand elles veulent de l'eau. La ville est alors divisée entre partisans et adversaires du compteur. Ils se font une guerre acharnée. Hippolyte Vuillemin quitte la mairie en 1884 au profit de Jules Mazurier.

Au terme de son unique mandat cantonal, il se retire de la vie politique afin de profiter pleinement de sa famille aux côtés de son épouse, née Marie Vincent. Toutefois, le gouvernement de la République se rappelle à son bon souvenir, et le lundi 13 juillet 1925 lui épingle la croix de la Légion d'honneur. Un an après, le 20 décembre 1926, Hippolyte Vuillemin décède. Selon le désir qu'il a maintes fois exprimé, ses obsèques sont célébrées sans faste et dans la plus grande simplicité.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Hippolyte VUILLEMIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=1980 (consultée le 22 octobre 2026).

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