Pierre WAIDMANN

[ Remiremont (88) , 19/08/ 1860 – Neuilly-sur-Seine (92) , 26/10/ 1937 ]

peintre

Biographie vosgienne

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

WAIDMANN Pierre.- Né à Remiremont le 19 août 1860.

Artiste-peintre, élève de MM. Français, Gervex et Roll.

Ancien membre de la Société des Artistes français, exposant fidèle du salon des Champs-Élysées, M. Waidmann fait partie de la Société nationale des Beaux-Arts, depuis sa fondation en 1830, dont il est associé depuis 1894.

Il est l’auteur de nombreuses toiles parmi lesquelles nous citerons :
- Dans le jardin, 1886 ;
- Au bord de la Moselle, environs de Remiremont, 1887 ;
- Un pré dans les Vosges ;
- La Moselle, 1888 ;
- Première neige dans les Vosges ;
- La Vallée de Saint-Amé, 1889 ;
- Ruisseau dans les Vosges, 1890 ;
- Soleil de Mars ;
- Eau courante dans les Vosges ;
- La Mortagne dans les Vosges ;
- La Moselle, 1894 ;
- Le Trou de Roisgneux, 1896.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

WAIDMANN (Pierre), artiste peintre
Remiremont, 19 août 1860 – Neuilly-sur-Seine, 26 octobre 1937


Fils de Marc-Édouard Waidmann, capitaine du génie, et de Charlotte Friry, dès sa prime enfance, son goût artistique se développe au contact de Charles Friry son grand-père, lui-même peintre et graveur et grand collectionneur.

Après des études secondaires à Remiremont et à Paris, il commence à s’adonner au dessin et à la peinture. Ses carnets de 1877 à 1880 attestent de son penchant manifeste pour la nature et c’est tout naturellement qu’il devient l’élève du maître Louis Français. Il débute au Salon des Artistes français, à Paris, en 1879 et 1880 en exposant des faïences ornées de paysages vosgiens. En 1882, il expose de dessins, en 1884 une aquarelle représentant le Bois de Boulogne et, en 1886, pour la première fois une peinture à l’huile. Le catalogue le mentionne alors comme un élève de Français, Allongé, Humbert et Gervex. S’il subit l’influence de ses maîtres jusque dans le choix des sujets (arbres penchés au bord de l’eau, troncs tortueux, rivières cernées de frondaisons…), il n’en progresse pas moins vite et ses toiles peintes jusque vers 1890, si elles n’expriment pas vraiment de création personnelle, ne manquent cependant pas d’intérêt.

Pierre Waidmann s’affirme au Salon de 1888 avec la Moselle à Remiremont où l’on admire la simplicité de la composition, la grande douceur de la lumière tamisée et la délicatesse du ciel. Depuis 1880, il est installé à Paris ; au printemps de 1886, il réalise le traditionnel voyage en Italie, travaillant plus particulièrement à Naples et à Pompéi. En mai 1887, il épouse clémentine Boudet, une modiste, dont il donnera de nombreux portraits. À cette époque, il fréquente beaucoup l’atelier d’Alfred Roll, spécialiste des scènes de genre. Avec lui, son art s’émancipe du paternalisme étouffant de Français. Son Chemineau et son Vieillard sur un banc (1889), La Paysanne au puits et La Cueillette du houblon à Rambervillers (1893), démontrent le renouvellement de son inspiration vers les scènes de la vie quotidienne.

Par ailleurs, Pierre Waidmann est avec Roll et d’autres, fondateur de la Société nationale des Beaux-arts, créée en réaction contre la Société des Artistes français. En 1893, avec d’autres peintres lorrains en renom (Friant, Petitjean…), il participe à la décoration du Livre d’or de la Lorraine offerte au grand-duc Constantin.

Deux ans plus tard, il publie à Remiremont un Guide du touriste, abondamment illustré, qui témoigne de son attachement à sa région natale.

Il s’installe en 1893 à Neuilly-sur-Seine d’où il s’échappe chaque année pour de longs voyages dans toutes les provinces de France ainsi qu’en Belgique, Pays-Bas, Suisse, Italie. Les bords de l’Yonne, vers Auxerre, le retiennent très souvent. De même les Vosges, où il revient chaque année peindre la nature hivernale. Ces thèmes reviennent souvent dans les quelque 200 tableaux qu’il expose au Salon de la Société nationale des Beaux-arts. En 1900, il obtient une médaille de bronze à l’Exposition universelle et, en 1905, la Galerie des Artistes modernes lui consacre, à Paris, une première exposition personnelle.

En 1907, il expose aux Galeries Georges Petit de même qu’en 1910. Cette manifestation lui vaut la critique élogieuse de L. Roger-Milès qui vante son don d’observation de la nature, l’harmonie des lignes et des couleurs et son éclectisme. Car Waidmann excelle aussi bien dans la peinture, le pastel, la gravure en couleurs et les arts appliqués. Il touche à tout, quand ça lui chante, ayant le secret de faire parler, à chaque matière le langage plastique qui lui est propre, écrit le journaliste parisien. De fait, Waidmann s’exprime avec le même bonheur dans les techniques les plus diverses : eau-forte, lithographie, gravure sur bois, linogravure, taille-douce et aquatinte. Pendant plusieurs décennies, la galerie parisienne de Georges Petit diffuse bon nombre de ses estampes.

Il illustre quelques livres et grave de superbes xylographies pour un Cantique du soleil. Il modèle l’argile, travaille le bois, s’essaie à la sculpture et exécute de fort belles reliures. Il décore sa maison de Remiremont (devenue musée Friry) de fines marqueteries. C’est là qu’il vit pendant la guerre de 1914-1918 et qu’il a le malheur de perdre son épouse, victime de son dévouement auprès des blessés de l’hôpital militaire local. Il se dévoue alors lui-même pour toutes les œuvres de guerre, dessinant de nombreux programmes pour les fêtes de bienfaisance. En 1921, il crée à Neuilly, avec sa fille, l’atelier Sainte-Odile destiné à venir au secours des veuves et des orphelins de guerre.

Au salon de 1928, il présente cinq peintures à caractère religieux, rupture manifeste dans la continuité de son œuvre, jusque-là consacrée au paysage. Il ressent les premiers symptômes d’une paralysie progressive qui allait l’emporter et qui ne lui permet plus que la réalisation de natures mortes et d’émaux sur cuivre. L’enluminure d’un psautier révèle la vie mystique intense qui caractérise les dernières années de sa vie.

Pierre Waidmann repose cimetière de Remiremont. Sa fille, Colette Dussaux, conservera pieusement les souvenirs de l’artiste ainsi que ceux de son arrière-grand-père Charles Friry pour en faire un musée. Elle écrivit par ailleurs une histoire de Remiremont sous le titre de : Vie mystique au pays vosgien (trois volumes, 1950-1964).


Bibl. : Conilleau (Roland) et Stocchetti (Jean-Pierre).- Pierre Waidmann, catalogue de l’exposition des musées de Remiremont, 1987.


[ Pierre Heili ]

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