Jacques Alexis JACQUEMIN

[ Nancy (54) , 03/08/ 1750 – Nancy (54) , 13/06/ 1832 ]

ecclésiastique

Professeur de philiosophie. Évêque de Saint-Dié (1823-1830). Chevalier de la Légion d’Honneur (1821).

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

JACQUEMIN Jacques Alexis.- Évêque de Saint-Dié, né à Nancy en 1750 ; professait avec distinction la théologie à l’université de Nancy, lorsque la révolution éclata. A cette époque, M. de la Farre le désigna pour administrer son évêché : M. Jacquemin n’en continua pas moins l’enseignement près du Lycée, où il montrait la philosophie. En 1814, il fut nommé secrétaire de la grande aumônerie de France, qu’il conserva jusqu’au moment du départ de S. M. pour Gand. Ce respectable concitoyen, non moins distingué par ses vastes connaissances que par ses vertus apostoliques, et qui, plusieurs fois avait refusé la mitre épiscopale, accepta enfin celle de Saint-Dié en 1823.

Il a publié :
- Traité de théologie (Nancy, 1787) ;
- de Incarnatione Verbi divini (ouvrage recommandable par la clarté et la précision) ;
- Abrégé des cinq volumes de Baruel sur le jacobinisme (2 vol.) ;
- et un Traité de philosophie (manuscrit) qu’il s’était proposé de donner au public il y a quelques années ; voyez Mezin.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

JACQUEMIN (Jacques-Alexis), évêque de Saint-Dié, né à Nancy en l750 ; professait avec une haute distinction, la théologie à l’Université de Nancy, lorsque la révolution éclata.

A cette époque, M. de la Fare le désigna pour administrer son évêché. Le digne professeur n’en continua pas moins l’enseignement de la philosophie au lycée.

En 1814, il fut nommé secrétaire de la grande aumônerie de France, qu’il conserva jusqu’au moment du départ de Louis XVIII pour Gand. Ce respectable ecclésiastique, non moins distingué par ses vastes connaissances que par ses vertus apostoliques, et qui, plusieurs fois avait refusé la mitre épiscopale, accepta enfin celle de Saint-Dié lorsqu’on rétablit ce siége le 12 août 1823. Il conserva ces fonctions jusqu’en 1830, où l’âge et les infirmités le forcèrent à la retraite.

Il se retira à Nancy, où il mourut le 15 juin 1832, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Selon son désir, il a été inhumé au séminaire de Saint-Dié, dont il était le bienfaiteur.

On lit sur sa tombe une inscription latine, dont voici la traduction :

Ici repose,
Dans l’attente de la résurrection bienheureuse en J.-C.,
Monseigneur Jacques-Alexis Jacquemin,
Évêque de Saint-Dié.
Illustre prédicateur et infatigable confesseur de la foi catholique, il nourrit de ses exemples et de sa doctrine son troupeau heureux d’avoir un tel pasteur ; il se l’attacha par sa douceur, ne songeant jamais à lui, dévoué en tout aux autres comme un père ; chéri de Dieu et des hommes. Ses créations et les dons dont il combla le séminaire attestent assez sa munificence.
Il fut enlevé aux yeux, non aux cœurs, le 15 juin 1832, à l’âge de 82 ans
.

Le vénérable évêque était membre de la Légion d’honneur. Il fut remplacé sur le siège épiscopal de Saint-Dié, par Mgr Dupont.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

JACQUEMIN (Jacques Alexis).- Né à Nancy en 1750, il était professeur de philosophie au collège de Nancy lorsque survint la Révolution ; il émigra en 1791. En 1814, il devint secrétaire de la grande aumônerie de France et fut nommé, le 12 août 1823, évêque de Saint-Dié, lors du rétablissement de ce siège épiscopal. En mai 1830, l’état de sa santé le contraignit à donner sa démission et il se retira à Nancy. Il y est mort le 15 juin 1832.

Mgr Jacquemin était chevalier de la Légion d’honneur.

1910 — Dictionnaire biographique illustré Meurthe-et-Moselle / R. Wagner

JACQUEMIN Jacques Alexis.- Né à Nancy le 4 août 1750, mort dans la même ville, le 15 juin 1832. Évêque de Saint-Dié.

Il reçut de bonne heure les ordres sacrés, et remplit les fonctions de vicaire d’une paroisse de sa ville natale. Il montra d’abord du talent pour la prédication et du zèle pour assister les condamnés. Nommé professeur de théologie à l’Université de Nancy, en 1778, il travailla dans les premières années de la Révolution au journal intitulé : Le Catholique de Nancy, refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé en 1791, et alla rejoindre en Allemagne son évêque, de La Fare.

Celui-ci l’ayant nommé son vicaire général, l’abbé Jacquemin rentra en France, et courut quelques dangers pendant la Terreur. Plus tard l’abbé Jacquemin professa la philosophie au lycée de Nancy. En 1823, il fut appelé à l’évêché de Saint-Dié ; mais l’âge et les infirmités le forcèrent bientôt à donner sa démission, et il se retira à Nancy, avec le titre de chanoine évêque du chapitre de Saint-Denis.

Outre un traité De Incarnatione Verbi Domini, on a de lui un Abrégé des mémoires de l’abbé Barruel, pour servir à l’histoire du jacobinisme ; Hambourg (Nancy), l801 ; Paris 1817, 2 vol. in-12.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

JACQUEMIN (Jacques-Alexis), évêque de Saint-Dié, 1823-1830

Nancy, 3 ou 4 août 1750 - Nancy, 13 juin 1832


Mgr Jacquemin a fait ses études à Paris. Il est maître de conférences de philosophie au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, puis achève sa théologie à Nancy et est ordonné prêtre à Toul le 23 mai 1774. Il est d’abord vicaire à Saint-Epvre à Nancy, puis nommé professeur de théologie au grand séminaire de Nancy en 1778. Durant la Révolution, il est de facto pro-vicaire général de Mgr de La Fare, évêque de Nancy en exil, et manifeste son hostilité à l’évêque constitutionnel depuis le lieu où il vit caché. Attaché à Mgr de La Fare qui ne reprend son évêché qu’en 1814, il ne reconnaît pas l’autorité de Mgr d’Osmond, évêque nommé à la suite du Concordat. Il entre en 1809 au collège impérial de Nancy comme professeur de philosophie.

Une bulle du pape Pie VII du 5 août 1817 rétablit le siège épiscopal de Saint-Dié. Le titulaire nommé, Augustin Louis de Mont blanc, pour des raisons politiques, ne peut prendre possession. Une seconde bulle du 6 octobre 1822 confirme la première. Félix Louis Paul Laurent de Moussac est nommé. Il refuse. Le roi Louis XVIII choisit alors Antoine Lallart de Lebucquière qui décline l’offre à son tour.

C’est donc Jacques Alexis Jacquemin, professeur de théologie au grand séminaire de Nancy, qui devient évêque de Saint-Dié en 1823. Il est sacré le 18 janvier 1824 à Paris.

Il acquiert le palais épiscopal des Bénédictines du Saint-Sacrement en 1824. Son activité est essentiellement consacrée à l’organisation des séminaires. Il achète notamment la propriété de Richardville à Saint-Dié pour en faire le grand séminaire, puis sur sa propre cassette deux couvents à Châtel-sur-Moselle pour en faire un petit séminaire.

Âgé de 80 ans et affaibli, il démissionne au début de 1830 et se retire à Nancy où il décède, mais il est inhumé à Saint-Dié au cimetière de Richardville, puis dans la chapelle du grand séminaire en 1852.


Bibl. : Martin (E.).- Histoire des diocèses de Toul, Nancy et Saint-Dié, Nancy, 1907, tome III, p. 51 et 455-474.
Lévêque (L.).- Petite histoire religieuse des Vosges, Mirecourt, 1949, p. 103-104.


[ Albert Ronsin ]

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