ARNOULD ou ARNULF

[ Lay-Saint-Christophe (54), 582 – Remiremont (88), 16/08/640 ]

saint

Évêque de Metz.

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

Saint ARNOULD.- Entre les saints dont les vertus illustrèrent la cour du roi Clotaire-le-Grand, il n’y en eut point de plus célèbre que saint Arnould. Il sortait d’une famille riche et distinguée parmi les Francs, et naquit à Lay-Saint-Christophe en 580. Ayant été appelé à la cour de Theodebert, il y occupa la place qui était immédiatement après celle du maire du palais. Quoique jeune encore, il se fit admirer par sa valeur et sa prudence ; et joignait toutes les vertus d’un vrai chrétien au devoir d’un courtisan. Il épousa une femme de première qualité, nommée Dode, dont il eut deux fils : Cléodulphe, que nous appelons Saint-Clous, et Angélise, qui fut la tige des Carlovingiens, rois de France [Note 1].

Ayant passé depuis à la cour de Clotaire, ce prince permit au clergé et au peuple de Metz de le choisir pour évêque, conformément à la prière qu’ils lui en avaient faite. Le Saint voulut inutilement empêcher son élection : il fut sacré en 614 ; et Dode, sa femme, embrassa la vie monastique à Trèves. Il n’en assista pas moins aux conseils du roi, qui l’obligea de remplir toujours la première place de sa cour. Clotaire II ayant divisé ses états en 622, et fait son fils Dagobert roi d’Austrasie, mit saint Arnould, avec Pépin de Landen, à la tête du conseil du jeune prince : tant que ce saint eut part aux affaires, Dagobert régna avec autant de gloire que de bonheur.

Cependant, saint Arnould ne pouvant plus résister au désir qu’il avait de ne plus s’occuper des choses de la terre, quitta la cour, se démit de son évêché, et se retira dans un désert des Vosges, près de Remiremont, pour y continuer sa vie pénitente. Il y mourut en 641. Saint Goéric a écrit sa vie, et lui donne de magnifiques éloges.

 

Note 1 : Saint Arnould était quadrisaïeul de Charlemagne. Ses reliques furent portées à Metz en 642, par saint Goéric, son parent et son successeur.


1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

Saint ARNOULD.- Évêque de Metz, naquit à Lay-Saint-Christophe, près de Nancy, en 580. Il vivait à la cour de Clotaire-le-Grand, et contribua à illustrer son règne par l’austérité de ses moeurs et par ses vertus ; il épousa une femme nommée Dode et en eut deux fils : saint Cloud et Angelise [Note]. Nommé évêque de Metz en 614, sa femme se retira dans un monastère à Trèves.

En 622, Clotaire ayant fait son fils Dagobert roi d’Austrasie, mit saint Arnould à la tête de son conseil, et tant qu’il occupa ce poste élevé, la politique de ce prince fut juste autant que glorieuse. Cependant, depuis longtemps le monde pesait à Arnould, il rêvait la solitude : il voulait être seul avec Dieu. Il lutta longtemps contre Clotaire, qui le menaça, dit-on, de faire mourir ses enfants, s’il ne renonçait à son projet. Néanmoins, en 629, il consentit à sa retraite, et saint Arnould se retira au Saint-Mont, près de Remiremont, où saint Romaric l’avait précédé.

Ils introduisirent le christianisme dans notre pays et en furent les premiers civilisateurs. Saint Arnould est mort le 16 août 640. Quand saint Goëric, son successeur à l’évêché de Metz, apprit qu’il avait cessé d’exister, il se rendit dans les Vosges, accompagné de deux évêques et d’une foule de prêtres, et les restes du saint furent transportés à Metz avec la plus grande solennité.

 

Note : Quelques historiens croient que saint Arnould fut la tige des Carlovingiens ; je citerai notamment MM. Michelet et Lenormand. M. Augustin Thiéry est d’un avis contraire. M. Michelet dit qu’Arnulf (Arnould) était né d’un père aquitain et d’une mère suève. M. Guizot assure qu’il était à la tête des leudes austrasiens avec Pépin le Vieux, dit de Landen, du pays de Hasbain (Liège).

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ARNOULD (Saint), homme d’état, évêque de Metz, ermite dans les Vosges
(Lay-Saint-Christophe (Meurthe-et-Moselle), vers 582 - Forêt du Fossard, 16 août 640)

Arnould naquit vers 582 d’une famille de la noblesse franque qui possédait un domaine à Lay-Saint-Christophe au nord de Nancy. Son père, descendant des comtes de Soissons, le fit entrer à la cour d’Austrasie à Metz pour l’initier à la carrière diplomatique et au métier des armes. Bientôt promu intendant du palais de Théodebert II, il finit par gouverner six provinces d’Austrasie. C’est alors qu’il se lie d’amitié avec un autre jeune seigneur du nom de Romaric, futur fondateur du monastère du Saint-Mont près de Remiremont. Mais l’heure n’était pas encore venue pour lui d’accomplir sa vocation religieuse.

Arnould épousa une jeune noble, Doda, qui lui donna deux fils dont l’un appelé Anségise sera à l’origine de la dynastie carolingienne puisqu’il fut le père de Pépin d’Héristal, arrière grand-père de Charlemagne !

Devenu un personnage de premier plan, jouissant d’un prestige de sainteté, il est élu évêque de Metz en dépit de son état matrimonial en 614 et exerce sa nouvelle tâche épiscopale (sans abandonner ses fonctions temporelles) jusqu’en 629. Son rôle est par ailleurs déterminant au Concile de Reims en 625.

Désirant fuir les honneurs, on le vit souvent se retirer près d’Épinal, à Dogneville, dans une propriété de son épouse avant que de distribuer ses biens aux pauvres pour gagner une retraite définitive dans la forêt du Fossard face au Saint-Mont de Remiremont. Là, il retrouve fréquemment Romaric son ami de jeunesse devenu abbé du monastère qu’il venait de fonder quelques années plus tôt. Vivant dans la solitude, il devient la providence des lépreux des environs. Il accepte toutefois de faire l’éducation religieuse de deux novices, Germain, qui deviendra abbé de Granval, et Adelphe, futur abbé du Saint-Mont.

Après onze années de vie érémitique, Arnould meurt le 16 août 640. Son corps, ramené au Saint-Mont, est bien vite réclamé par ses anciens fidèles du diocèse de Metz. En juillet 641, son successeur dans la capitale de l’Austrasie, saint Goéry, vient rechercher sa dépouille qu’un long cortège accompagne triomphalement tout au long de la vallée de la Moselle.

C’est au cours de ce dernier voyage que la tradition légendaire rapporte le miracle de l’eau transformée en cervoise qui fit de saint Arnould le patron des brasseurs.


Bibl. : Laurent (abbé A.).- Les Saints de chez nous, 1979, p. 51 à 56. Bégel (abbé).- Histoire de saint Arnould, Bar-le-Duc, 1874. Depoin (J.).- Grandes figures monacales des temps mérovingiens. Saint Arnould. Revue Mabillon, 1921-1922. Grosdidier de Matons (Marcel).- Saint Arnould et son temps, 1929.


[Pierre Heili].

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