1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
BLARU Pierre de.- Chanoine de Saint-Dié, né à Péris (Vosges), en 1437, mort en 1505 ; auteur du poème latin de la Nancéide (Nanceïdos), dans lequel il chante le siége de Nancy et la défaite de Charles-le-Téméraire, d’après le précis que le duc René dicta lui-même à Chrestien son secrétaire, pour servir de matière au poète.
La Nancéide est moins un poème qu’une histoire, ou une relation en vers, où l’auteur suit pas à pas les événements ; où l’on trouve quelques beautés, mais sans épisodes, sans imagination, sans aucune de ces grandes passions qui sont l’âme de la poésie ; et où il n’atteint presque jamais l’intérêt de son sujet même. Ce poème, orné de gravures est un des premiers livres imprimés en Lorraine ; il le fut en 1518, à Saint-Nicolas, chez Pierre Jacobi, in-folio avec figures, par les soins de Jean Bazin son confrère. La Nancéide a été traduite et imprimée en français par N. C. Romain, docteur ès droits à Pont-à-Mousson ; voy. Baillard, Malgaigne.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
BLARU Pierre de.- Chanoine de Saint-Dié, naquit à quelque distance de cette ville, le 6 avril 1437 [Note 1]. Il est auteur d’un poème latin, dont le sujet est le siège de Nancy, et la défaite de Charles-le-Téméraire. Plusieurs biographes mettent cet ouvrage au nombre des poèmes de premier ordre; d’autres en font une oeuvre tout à fait secondaire. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce poème, l’un des premiers monuments littéraires de notre pays, a été traduit en vers français [Note 2], et qu’il a joui d’une grande réputation au commencement du seizième siècle. Il a été imprimé à Saint-Nicolas, dès l’année 1518, par un prêtre nommé Pierre de Jacoby, qui y avait établi une imprimerie.
Pierre de Blaru, malgré l’esprit qui le faisait citer pour ses bons mots, avait des goûts on ne peut plus simples ; il affectionnait tout particulièrement les oiseaux, et avait toujours de nombreuses volières. Il mourut aveugle, à Saint-Dié, le 23 décembre 1505 [Note 3]. Il est, au dire de Chevrier, le seul grand homme né en Lorraine, sous le règne de René 1er.
M. Noël, dans ses Mémoires pour servir à l’histoire de Lorraine, rapporte une ordonnance rendue par René, à Saint-Mihiel, le pénultième d’avril 1489, qui prouve le cas que ce prince faisait de Pierre de Blaru ; je cite textuellement : Pour le sens, science, littérature, honnêteté, vie, conversation, que par expérience, connaissons être en la personne de notre amé et féal conseiller et secrétaire maître Pierre Blaru, licencié en droit, lui accordons l’administration et tous les revenus de l’hôpital de Nancy, faubourg près de la porte de Saint-Nicolas, sans qu’il soit jamais tenu d’en rendre aucun compte, persuadé que ledit Blaru emploiera le tout au plus grand bien dudit hôpital, et y mettra du sien.
Voici l’épitaphe de Pierre de Blaru, composée par lui-même. C’est un modèle de poésie française, au moyen-âge.
0 messyas Jésus-Christ, angulaire pierre,
Pitye prends et mercy de moy, feu pécher pierre,
Infernale prison m’est due ; mais ta mère
Donne espoir à ma crainte, horrible et fort amère,
Pour me racheter, prins en vierge chair humaine,
Mais du ciel suys forclos, se graice ne m’y meine.
Las ! vrai Dieu ; donne-moi le privilège d’estre,
Ou qu’est le lerre eureulx [Note 4] qui pendit à la dextre.
La Nancéïde de Pierre de Blaru a été réimprimée avec luxe à Nancy, en 1840, avec une traduction de M. Ferdinand Schutz. Cette nouvelle édition, dédiée au général Drouot, forme 2 volumes in-8°.
Note 1 : Quelques biographes font naître Pierre de Blaru à Paris, mais il vit le jour dans une métairie voisine de l’abbaye de Pairis, sur le versant oriental des Vosges (Haut-Rhin).
Note 2 : Par C. Romain, docteur ès-droit, gruyer de Pont-à-Mousson, conseiller et secrétaire du duc Charles IV. La bibliothèque Saint-Geneviève, à Paris, possède un exemplaire manuscrit de cette traduction.
Note 3 : M. Beaupré, dans ses Recherches sur les commencements de l’imprimerie en Lorraine, dit que Pierre de Blaru est mort en 1510.
Note 4 : Le bon larron.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
BLARU Pierre de.- Blaru composa le poème épique de la Nancéide, l’Iliade de la littérature lorraine, en chantant la gloire des armes de René II sur Charles le Téméraire, tué sous les murs de Nancy.
Ce poème, l’un des premiers monuments littéraires de notre pays, a joui d’une grande réputation au XVIe siècle ; il fut traduit en vers français par C. Romain, et il existe un exemplaire de cette traduction à la bibliothèque de Sainte-Geneviève, à Paris. La Nancéide a été réimprimée avec luxe à Nancy, en 1840, avec une traduction de Ferdinand Schutz, dédiée au général Drouot.
Le poète, mourant aveugle, en 1505, avait, comme Virgile, laissé imparfaite cette oeuvre qui devait immortaliser son nom. Un de ses confrères, le chanoine BASIN accomplit le patriotique et pieux devoir de mettre au jour ce monument de notre gloire nationale. Cet éditeur était poète lui-même, et ses poésies furent imprimées à Paris, en 1539.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
BLARU (Pierre de).- Né dans les montagnes des Vosges, mais sur le versant alsacien [Note], le 6 avril 1437 ; il devint chanoine de Saint-Dié.
Il est connu par son poème latin sur la bataille de Nancy et la mort de Charles-le-Téméraire, la Nancéïde. Pierre de Blaru mourut à Saint-Dié le 23 décembre 1505.
Note : Dans l’errata et addenda placé en fin de volume, il est indiqué : d’après de récents travaux, Pierre de Blaru serait né à Paris.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BLARRU (Pierre de), chanoine de Saint-Dié, auteur de la
Nancéide
(Paris, 3 avril 1437 - Saint-Dié, 23 novembre 1510)

Étudiant à l’Université de Paris, il obtient le titre de maître ès arts et de licencié ès décret en 1456. Il a sans doute été l’un des compagnons de François Villon qui, dans son
Petit Testament, lègue
a Blarru mon dyamant.
Grâce au poète Robert Gaguin, il trouve un emploi à Angers, à la cour de Yolande d’Anjou et est attache à son fils, le duc de Lorraine René II. Il est secrétaire du duc lorsque ce dernier entre à Épinal en 1475, et à Nancy en 1477. Le 13 mai 1477, il est nommé officiellement conseiller et secrétaire aux gages de 30 florins du Rhin. Le 23 décembre 1478, le duc demande au chapitre de Saint-Dié une stalle pour Pierre de Blarru, mais celui-ci devra attendre 1480.
De 1489 à 1495, il est administrateur de l’hôpital Notre-Dame, près de la porte Saint-Nicolas, à Nancy puis il obtient la cure de Saint-Clément près de Lunéville. Le duc, en 1500, connaissant ses talents littéraires, lui demande de composer une oeuvre en l’honneur de la victoire de Nancy sur Charles le Téméraire et lui fait remettre les textes écrits par Johannès Lud et Chrétien de Châtenois. Il en résulte un vaste poème de 5044 vers latins à la gloire de René II.
Lorsque Pierre de Blarru meurt en 1510, après avoir légué son manuscrit à Jean Basin de Sandaucourt (voir à ce nom) et une somme pour construire une travée du cloître du côté de l’église Notre-Dame, il est aveugle depuis quelque temps.
Jean Basin mettra le manuscrit en forme et le fera imprimer par Pierre Jacobi à Saint-Nicolas-de-Port en 1519, avec des gravures sur bois.
Pierre de Blarru est inhumé dans l’église Notre-Dame de Saint-Dié sous une épitaphe en vers de sa composition. Son buste en marbre a été exécuté en 1896 par Jules Carl.
Bibl. : Calmet (Dom).-
Bibliothèque Lorraine, col. 126-127.
Vuillemin.-
Biographie vosgienne, p. 49.
Rouyer (J.).-
De Pierre de Blarru et son poème La Nancéïde, in
Mémoires de la Société Archéolique Lorraine, 1876, p. 360-420.
Rouyer (J.).-
Nouvelles recherches sur Pierre de Blarru, in
Mémoires de la Société Archéologique Lorraine, 1883, p. 213-236.
Collignon (A.).-
De Nancéïde Petri de Blaru Rivo parisiensis, Nancy, 1892, Thèse Lettres).
Ronsin (A.).-
Sur Pierre de Blarru, chanoine de Saint-Dié, in
L’Est Républicain, 14ème éd., 25 septembre 1963, p. 4.
[Albert Ronsin].