1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
DUMAST Auguste Prosper François GUERRIER.- Sous-intendant militaire, membre de l’Athénée des arts, de la Société royale académique des sciences de Paris et de celle de Nancy, etc., né dans cette dernière ville en 1796, d’une famille considérée : l’Éloge de Gilbert fut son premier ouvrage littéraire, jugé digne du prix décerné en 1816 par l’académie de Nancy.
Il publia ensuite :
- Apologie de la Reine ;
- La Maçonnerie, poème en 3 chants, avec des notes historiques, étymologiques et critiques ;
- la Traduction du Salpis mapolemistirion ;
- Discours d’Atromède de Marathon, 1821 ;
- la 3e Satire de Juvénal, traduite en vers, 1821 ;
- Chios, la Grèce et l’Europe, poème lyrique, accompagné de notes explicatives, suivies de la traduction, en vers, avec le texte en regard, d’une Épître grecque moderne, 1822 ;
- Zéphy en vers, 1825 ;
- et plusieurs autres poésies fugitives dignes des suffrages de tous les gens de goût.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
GUÉRIER DE DUMAST Prosper.- Ce château [d’Ubexy] rappelle à notre esprit le souvenir d’un homme éminent, du baron Prosper Guérier de Dumast, qui y passa son enfance et qui y fit sa première communion. C’était sous l’Empire.
Devenu soldat, parvenu au grade de sous-intendant militaire, il fit la campagne de 1822, en Espagne. Les temps où il vécut, nous a-t-il dit, étaient tellement irréligieux pour la haute société, que, de l’année de sa première communion à l’âge de trente ans, il n’entendit pas une seule fois prononcer le nom de Dieu que par blasphème.
Rentré en France, il lui prend un jour l’envie de visiter un camarade à la campagne : il était, absent. Que faire ? On lui dit que le curé possède une bibliothèque ; il y va chercher quelque livre pour tuer le temps, en attendant le retour de son ami. Déception : théologie, sermons, méditations, qu’est-ce que cela ? Cependant il tombe sur les Pensées de Pascal ; il s’en empare ; il lit ; il est frappé ; mais l’ami revient et Pascal est oublié. La vie mondaine reprend son empire.
Toutefois le coup était porté. Dans cette âme forte il avait laissé une blessure, qui ne devait plus se cicatriser. Le moment des loisirs arriva ; il reprit Pascal, il étudia sérieusement la religion, et il se rendit à la grâce, comme Paul et Augustin : c’était un apôtre laïque destiné à Nancy et à la Lorraine.