Barthélemy Louis Martin DE CHAUMONT DE LA GALAIZIÉRE

[ Paris (75) , 24/08/ 1737 – Mareil-le-Guyon (78) , 30/06/ 1808 ]

ecclésiastique

Premier évêque de Saint-Dié (1777-1802).

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

LA GALAIZIÈRE Barthélemy Louis Martin.- Frère d’Antoine Martin Chaumont de La Galaizière, intendant général de Lorraine. Fut admis vers 1766 grand prévôt de Saint-Dié ; il fut le dernier de cette dignité nommé en cette ville, et le premier intronisé évêque du diocèse de ce nom, en 1777.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

CHAUMONT.- Barthélemy-Louis-Martin de Chaumont de la Galaisière, premier évêque de Saint-Dié, fut nommé par bulles du 21 juin 1776, et, prit possession de son siège l’année suivante ; la ville fit frapper une médaille pour en perpétuer le souvenir.

Toute la population de la ville et du Val-de-Galilée, qui ne pouvait oublier les rigueurs du gouvernement ecclésiastique, vit avec satisfaction le chapitre éclipsé par l’éclat du trône pontifical. Le prélat imita la bienfaisance du roi Stanislas, son protecteur, qui l’avait fait coadjuteur du grand-prévôt du chapitre, et fit de ses richesses l’emploi le plus honorable. Il donna surtout les soins les plus attentifs et les plus délicats à cette classe de malheureux, tristes jouets de la fortune, qui, après avoir goûté les douceurs de l’aisance, rougissent d’en être privés et luttent péniblement contre les besoins de la nature et les exigences de l’opinion.

C’est dans le galetas du pauvre honteux que sa main, toujours inconnue mais toujours devinée, se plaisait à répandre des bienfaits. Le caractère doux et affable de M. de Chaumont le rendit cher à son diocèse. La ville de Saint-Dié, plus spécialement favorisée, regrettera longtemps ce prélat.

M. de Chaumont était d’une taille très élevée et d’une tenue élégante ; sa maison était montée sur le pied d’une maison princière, et était le rendez-vous de tout ce qu’il y avait de distingué dans le pays.

Lors de la révolution, ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il fut obligé de s’expatrier.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

CHAUMONT DE LA GALAISIÈRE (Barthélemy Louis Martin de).- Né à Paris le 24 août 1737, il fut le premier évêque du diocèse de Saint-Dié ; il était frère de l’intendant de Lorraine.

Il fut nommé évêque de Saint-Dié le 21 septembre 1777 et refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé en 1791 ; il émigra peu après.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CHAUMONT (Barthélemy-Louis-Martin de), évêque de Saint-Dié de 1777 à 1801
Paris, 24 août 1737 - Mareil-le-Guyon (Seine-et-Oise), 30 juin 1808

Barthélémy-Louis de Chaumont, évêque de Saint-Dié, d’après une peinture à l’huile du XIX° siècle aujourd’hui disparue (photo Emmanuel). Le premier évêque de Saint-Dié est le fils du chancelier de Lorraine, Antoine-Martin de Chaumont de La Galaizière, et le frère du marquis de Chaumont, intendant d’Alsace.

L’évêché de Saint-Dié et celui de Nancy ont été créés par brevet du Roi de France en date du 12 mars 1775. Le Pape Pie VI délivre la bulle d’institution de l’évêché de Saint-Dié le 21 juillet 1777 et nomme au nouveau siège, conformément au brevet royal du 28 avril 1776, Barthélemy-Louis-Martin de Chaumont, agent général du clergé de France. Les lettres confirmatives sont données à Versailles en août 1777 et le nouvel évêque, sacré dans la chapelle du château de Brienne le 21 septembre 1777 par l’archevêque de Toulouse, fait son entrée solennelle à Saint-Dié le 28 octobre 1777.

Il était déjà pourvu d’un grand nombre de dignités et de bénéfices : abbé de Saint-Mihiel dès 1744, grand prévôt de Saint-Dié, vicaire général de Condom depuis la mort de son oncle en 1774, abbé d’Autrey depuis 1775, abbé de Bégard (au diocèse de Tréguier), de Genlis (au diocèse de Noyon), de Saint-Avold (au diocèse de Metz) ; il était aussi prieur de Haréville. Il avait étudié la théologie au collège de Plessis sous la conduite de l’abbé Morellet et voyagea en Italie de mai 1758 à mars 1759.

Au physique, il est un homme de grande taille. Au moral, il est d’un caractère autoritaire, coléreux, charitable, mais aimant le luxe. Ses armes sont celles de sa famille : d’argent au mont de sable fumant de gueules. Il s’installe dans l’hôtel du grand prévôt et entreprend à ses frais de le transformer pour en faire un palais épiscopal. Pour ce faire, il fait appel à Jean-Michel Carbonnar, l’architecte qui avait été chargé de la reconstruction de la ville après l’incendie de 1757. Les travaux sont effectués de 1780 à 1782.

Il ne change rien à l’organisation ni aux circonscriptions des paroisses. Il publie en 1783 des Statuts synodaux, un Rituel (1783), puis des Règlements et ordonnances publiés dans les synodes généraux tenus au palais épiscopal le 28 avril 1784 et le 13 avril 1785. Il obtient du Roi des lettres patentes datées du 6 février 1779 et une dotation de 18 100 livres pour ouvrir un séminaire mais celui-ci ne peut accueillir des élèves qu’à partir du 20 décembre 1783, sous la direction de l’abbé Louis Demange.

Pour unifier la liturgie et la pratique religieuse, il compose un Catéchisme ou Exposition de la Doctrine Chrétienne (Saint-Dié, 1778) qui est considéré comme trop abstrait. Une 2ème édition révisée par Gaudin de La Croze, son vicaire général en 1783, n’est pas mieux appréciée de sorte qu’une 3ème édition est demandée à l’abbé Gérard, curé de Rambervillers. Le Petit cathéchisme du diocèse de Saint-Diez (Saint-Dié, 1787) fut en usage pendant plusieurs décennies.

En 1778, à l’instigation de son père le chancelier de Lorraine, l’évêque de Saint-Dié ouvre un cours de six semaines pour former des sages-femmes. Cette initiative, qui avait touché 112 élèves, ne fut pas reprise à Saint-Dié.

Lorsqu’est promulgué le décret de l’Assemblée Nationale qui, en application de la Constitution Civile du clergé, exige de prêter serment, l’évêque de Saint-Dié refuse. En mars 1791, après avoir vendu fictivement à son neveu la partie neuve du palais épiscopal qu’il avait fait construire et ordonné prêtres les séminaristes de Saint-Dié et de Nancy, il émigre en Allemagne en passant par Bruxelles et Malines. Il séjourne à Aix-la-Chapelle, puis Mayence, enfin gagne la Suisse, aidant les prêtres émigrés démunis de ressources. En 1801, il démissionne de sa charge et se retire au château familial de Mareil où il meurt.


Bibl. : Martin.- Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, tome III (Nancy, 1903).
D.B.F.


[Albert Ronsin].

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