1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CHAUMONT (Barthélemy-Louis-Martin de), évêque de Saint-Dié de 1777 à 1801
Paris, 24 août 1737 - Mareil-le-Guyon (Seine-et-Oise), 30 juin 1808

Le premier évêque de Saint-Dié est le fils du chancelier de Lorraine, Antoine-Martin de Chaumont de La Galaizière, et le frère du marquis de Chaumont, intendant d’Alsace.
L’évêché de Saint-Dié et celui de Nancy ont été créés par brevet du Roi de France en date du 12 mars 1775. Le Pape Pie VI délivre la bulle d’institution de l’évêché de Saint-Dié le 21 juillet 1777 et nomme au nouveau siège, conformément au brevet royal du 28 avril 1776, Barthélemy-Louis-Martin de Chaumont, agent général du clergé de France. Les lettres confirmatives sont données à Versailles en août 1777 et le nouvel évêque, sacré dans la chapelle du château de Brienne le 21 septembre 1777 par l’archevêque de Toulouse, fait son entrée solennelle à Saint-Dié le 28 octobre 1777.
Il était déjà pourvu d’un grand nombre de dignités et de bénéfices : abbé de Saint-Mihiel dès 1744, grand prévôt de Saint-Dié, vicaire général de Condom depuis la mort de son oncle en 1774, abbé d’Autrey depuis 1775, abbé de Bégard (au diocèse de Tréguier), de Genlis (au diocèse de Noyon), de Saint-Avold (au diocèse de Metz) ; il était aussi prieur de Haréville. Il avait étudié la théologie au collège de Plessis sous la conduite de l’abbé Morellet et voyagea en Italie de mai 1758 à mars 1759.
Au physique, il est un homme de grande taille. Au moral, il est d’un caractère autoritaire, coléreux, charitable, mais aimant le luxe. Ses armes sont celles de sa famille : d’argent au mont de sable fumant de gueules. Il s’installe dans l’hôtel du grand prévôt et entreprend à ses frais de le transformer pour en faire un palais épiscopal. Pour ce faire, il fait appel à
Jean-Michel Carbonnar, l’architecte qui avait été chargé de la reconstruction de la ville après l’incendie de 1757. Les travaux sont effectués de 1780 à 1782.
Il ne change rien à l’organisation ni aux circonscriptions des paroisses. Il publie en 1783 des Statuts synodaux, un Rituel (1783), puis des Règlements et ordonnances publiés dans les synodes généraux tenus au palais épiscopal le 28 avril 1784 et le 13 avril 1785. Il obtient du Roi des lettres patentes datées du 6 février 1779 et une dotation de 18 100 livres pour ouvrir un séminaire mais celui-ci ne peut accueillir des élèves qu’à partir du 20 décembre 1783, sous la direction de l’abbé Louis Demange.
Pour unifier la liturgie et la pratique religieuse, il compose un
Catéchisme ou Exposition de la Doctrine Chrétienne (Saint-Dié, 1778) qui est considéré comme trop abstrait. Une 2ème édition révisée par Gaudin de La Croze, son vicaire général en 1783, n’est pas mieux appréciée de sorte qu’une 3ème édition est demandée à l’abbé Gérard, curé de Rambervillers. Le
Petit cathéchisme du diocèse de Saint-Diez (Saint-Dié, 1787) fut en usage pendant plusieurs décennies.
En 1778, à l’instigation de son père le chancelier de Lorraine, l’évêque de Saint-Dié ouvre un cours de six semaines pour former des sages-femmes. Cette initiative, qui avait touché 112 élèves, ne fut pas reprise à Saint-Dié.
Lorsqu’est promulgué le décret de l’Assemblée Nationale qui, en application de la Constitution Civile du clergé, exige de prêter serment, l’évêque de Saint-Dié refuse. En mars 1791, après avoir vendu fictivement à son neveu la partie neuve du palais épiscopal qu’il avait fait construire et ordonné prêtres les séminaristes de Saint-Dié et de Nancy, il émigre en Allemagne en passant par Bruxelles et Malines. Il séjourne à Aix-la-Chapelle, puis Mayence, enfin gagne la Suisse, aidant les prêtres émigrés démunis de ressources. En 1801, il démissionne de sa charge et se retire au château familial de Mareil où il meurt.
Bibl. : Martin.-
Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, tome III (Nancy, 1903).
D.B.F.
[Albert Ronsin].