1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
COSTER-SAINT-VICTOR Jean Baptiste.- Né à Épinal en 1771, entra dans le 9e régiment de chasseurs vers 1791, mais abandonna bientôt l’armée pour passer aux émigrés, avec lesquels il fit la campagne de l’Argonne ; il revint ensuite en France et combattit avec les chouans, sous les ordres de M. de Puisaye ; il se distingua et fut fait commandant de la division de Vitré.
Après la pacification, il fut arrêté et traduit devant un conseil de guerre, sous la prévention de désertion et de fabrication de faux passeports. Condamné à cinq ans de détention, il parvint à s’échapper, rejoignit à Londres M. de Puisaye, et le suivit au Canada. De retour en Angleterre à la suite de spéculations malheureuses, il se lia avec Saint-Régent et fit partie du complot de la machine infernale. Il parvint de nouveau à tromper la surveillance de la police, passa en Angleterre, pour revenir encore en France s’associer au complot tramé par Georges Cadoudal. Pris avec ce dernier, il fut condamné à mort et exécuté le 25 juin 1804.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
COSTER-SAINT-VICTOR (Jean-Baptiste), né à Épinal, en 1774 ; il entra dans le 9e régiment de chasseurs, en 1791, abandonna peu après les drapeaux, passa aux émigrés, fit la campagne de l’Argonne avec eux, rentra en France l’année suivante, et joignit les chouans qui combattaient sous les ordres de Puysaie. Il montra du courage, fut fait commandant de la division de Vitré, et continua de séjourner dans ce pays après qu’il fut pacifié.
Il ne tarda pas à être prévenu de désertion et de fabrication de faux passeports et arrêté. Traduit pour ces deux chefs devant un conseil de guerre, il fut condamné à cinq ans de détention. Il réussit à s’échapper des mains de la gendarmerie, se réfugia en Angleterre, rejoignit de Puysaie, et le suivit au Canada.
La spéculation qu’il avait faite ne fut pas heureuse ; il revint en Angleterre, se lia avec Saint-Régent, entra dans le complot de la machine infernale, et réussit encore à se soustraire à toutes les recherches de la police. Il parvint même à gagner sa confiance au point de se faire remettre le mandat d’arrêt lancé contre Lemaclou, l’un de ses complices, et jugea cependant convenable de ne pas prolonger cette périlleuse mystification.
Il repassa le détroit ; mais, soit fanatisme, soit séduction, il reparut bientôt sur le continent, et s’associa encore aux projets de Georges Cadoudal. Mais, moins heureux cette fois que la première, il tomba dans les mains de la police, qu’il avait si audacieusement jouée ; fut livré aux tribunaux, condamné et exécuté le 25 juin 1804. Il monta sur l’échafaud en criant : Vive le roi !
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
COSTER DE SAINT-VICTOR (Jean-Baptiste COSTER, dit).- Né à Épinal le 2 février 1771, d’une vieille famille de bourgeoisie lorraine originaire de Nancy, il s’engagea au 8e chasseurs à cheval, le 1er janvier 1791, mais émigra presque aussitôt après, en novembre 1791, et combattit dans l’armée de Condé unie aux Prussiens. Rentré en France, il s’allia aux bandes de chouans commandées par Puisaye et devint commandant de la division de Vitré. Louis XVIII exilé le nomina colonel.
Accusé de désertion et traduit devant un conseil de guerre à Avranches, il parvint à s’enfuir et partit avec Puisaye pour Londres, puis au Canada. De retour en Angleterre, il participa avec Saint-Réjeant à la machine infernale contre Bonaparte, se lia avec Cadoudal, dans la conspiration duquel il entra délibérément.
Arrêté, jugé, condamné à mort, il fut exécuté à Paris avec Cadoudal et ses complices, le 25 juin 1804.
1953 —
La Liberté de l’Est
Une silhouette romantique
Le Spinalien Coster
Don Juan conspirateur
Un Spinalien dont l’existence aventureuse est fort méconnue, c’est bien Jean-Baptiste Coster.
Notre confrère Saurel,grand spécialiste de romans historiques, aurait là un sujet tout trouvé.
Coster était né à Epinal le 2 février 1771 d’une vieille famille de bourgeoisie lorraine.
En 1791, il s’engagea au 8e Chasseurs à cheval, mais bientôt, cédant à ses convictions royalistes, il émigra et combattit dans l’armée de Condé.
Puis il rentre clandestinement en France, se joint aux Chouans de Puisaye et commande la division de Vitré ; Louis XVIII, exilé, le nomme colonel, chef de division de l’Armée catholique et royale, chevalier de Saint-Louis.
Traduit devant un conseil de guerre républicain à Avranches, il s’évade et s’enfuit à Londres avec Puisaye, puis au Canada.
Revenu en Angleterre, l’ancien lieutenant de Charette s’abouche avec St-Régent et Cadoudal.
On prépare le fameux attentat de la machine infernale ; Jean-Baptiste Coster, devenu Saint-Victor dans la clandestinité royaliste, se rend à Paris et prépare le complot.
Après l’affreuse explosion de la rue Nicaise (3 nivôse an IX), la police recherche en vain Coster dit Saint-Victor ; il se cachait à l’hôtel de Béarn, rue Feydeau. Le 30 nivôse à 7 heures du matin, les policiers font irruption dans sa chambre, au 3e sur la cour.
Ils trouvent une vieille paire de bottes, un chapeau à trois cornes galonné d’or et une valise vide. Coster était parti la veille, après avoir payé sa note.
Dans le même hôtel se trouvait un Coster de Nancy, cousin de notre héros : la police négligea de l’interroger. Par contre, elle arrêta un autre Coster, auteur dramatique, sans lien de parenté avec Jean-Baptiste.
Les recherches continuèrent plusieurs années ; Coster était de tous les complots de Cadoudal, mais il était introuvable.
Il finit cependant par être raflé avec Cadoudal et toute son équipe de conspirateurs, et passa en jugement avec eux, huit jours après le sénatus consulte qui remplaçait le premier Consul par Napoléon 1er.
Au tribunal, notre Spinalien fit bonne mine : jeune, élégant, séduisant, il lorgnait avec une jumelle de théâtre les jolies femmes massées dans le prétoire.
On racontait qu’il avait reçu un soir l’hospitalité d’une jolie actrice en vogue ; tout à coup le protecteur était survenu : c’était Napoléon. Coster eut pu le poignarder, mais noblesse oblige ! C’eut été de mauvais goût.
Aux questions posées, Coster répondait brièvement, avec dédain parfois, mordant délicatement le revers de ses ongles.
Il y eut dix-neuf condamnations à mort, dont Coster Saint-Victor, en compagnie d’Armand de Polignac, Cadoudal, d’Hozler, etc. Mais les aristocrates furent grâciés. On n’exécuta que les roturiers.
C’était le momant où le Franc-Comtois Pichegru venait d’être trouvé étranglé dans sa prison. Suicide, disaient les bonapartistes.
- Quant à Pichegru, disait Coster en allant au supplice, nous nous verrons probablement ce soir et il nous dira s’il s’est véritablement étranglé lui-même.
Le 25 juin 1804, les condamnés furent menés en place de Grève. Coster invita ses compagnons à faire la prière en commun. Il récitait et les autres répondaient ; il obtint l’assistance de l’abbé Voisin, curé de Saint-Etienne, et mourut bravement.
[Jean Bossu, La Liberté de l’Est, 31 août 1953]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
COSTER (Jean-Baptiste), dit Coster de Saint-Victor, officier, conspirateur
(Épinal, 2 février 1771 - Paris, 25 juin 1804)
Né au sein d’une famille de la bourgeoisie lorraine, il s’engage au 8e régiment de chasseurs à cheval le 1er janvier 1791, mais il déserte son corps et il émigre dès novembre 1791 et sert dans l’armée de Condé, aux côtés des Prussiens, contre les armées de son pays. Il revient clandestinement en France combattre avec les chouans commandés par Puisaye et devient responsable de la division de Vitré. Louis XVIII, en exil, le nomme colonel. Après la pacification de la Vendée, il est arrêté, traduit devant un conseil de guerre à Avranches pour désertion en 1795 : il est condamné à 5 ans de détention.
Il s’enfuit à Londres, puis au Canada, où il retrouve Puisaye. Revenu en Angleterre, il se lie avec Saint-Regeant et Cadoudal et participe à l’attentat organisé par ce dernier contre Bonaparte. Arrêté, jugé et condamné à mort, il est exécuté à Paris en même temps que Cadoudal et ses complices.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale des Vosges, p. 388.
Vuillemin.- Biographie vosgienne, p. 86-87.
D.B.F., tome IX, col. 811.
[Albert Ronsin]