Député des Vosges (1792-1798).
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
COUHEY des Vosges.- Membre de la convention nationale, appartenait au parti désigné sous le nom de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vota la détention et l’exil après trois années de paix, sous peine de mort.
Il encourut, quelques mois plus tard, la haine de Chabot, qui le dénonça et le fit envoyer à l’Abbaye. Après la convention, Couhey passa au conseil des cinq-cents, et entra, sous le directoire, au tribunal de cassation.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
COUHAY (des Vosges), membre de la convention nationale, appartenait au parti de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vota la détention et l’exil après trois années de paix, sous peine de mort.
Après la convention, Couhay passa au conseil des Cinq-Cents, et entra, sous le Directoire, au tribunal de cassation.
1882 —
Annuaire des Vosges / Léon Louis
COUHEY François.- L’un des huit Vosgiens représentants du peuple à la Convention (avec Balland, Bresson, Hugo, Noël, Perrin, Poulain-Grandprey, Souhait). [Il] était, avant la Révolution, avocat. Il remplissait depuis deux ans les fonctions de juge au tribunal du district de Neufchâteau [p. 18].
Couhey [habita] 580, rue Helvétius (ancienne rué Sainte-Anne) [p. 18].
Quand le procès du roi fut terminé et que les représentants eurent à rendre leur jugement, voici comment se prononcèrent les Conventionnels vosgiens. Sur la première question posée : Louis Capet, ci-devant roi des Français, est-il coupable de conspiration contre la liberté et d’attentat contre la sûreté générale de l’État ?, la députation des Vosges fut unanime, comme la Convention elle-même, et déclara que Louis était coupable. Seul, Noël, par un scrupule de conscience, d’ailleurs fort louable, refusa de se prononcer : J’ai l’honneur d’observer, dit-il, que mon fils était grenadier aux bataillons des Vosges ; il est mort sur 1es frontières en combattant des ennemis que Louis est accusé d’avoir suscité contre nous. Louis est cause première de la mort de mon fils, la délicatesse me force à ne pas voter. N’était-ce pas reconnaître implicitement et de la façon la plus touchante la culpabilité de l’ex-roi ? Poulain fit remarquer qu’il était regrettable d’établir une confusion de pouvoirs et d’être en même temps juges et accusateurs, mais vota cependant.
Sur le second point : Le jugement qui sera rendu sur Louis sera-t-il soumis à la ratification du peuple, réuni dans ses assemblées primaires ?, Souhait, Bresson, Couhey, Balland et Poulain-Grandprey se prononcèrent pour l’affirmative ; seul Perrin répondit non. Quant à Noël, il se récusa de nouveau d’après les motifs qu’il avait énoncés lors du premier appel nominal et ne prit pas part non plus au scrutin suivant.
Enfin pour le troisième vote, objet aujourd’hui encore de tant de colères : Quelle peine Louis, ci-devant roi des Français, a-t-il encourue ?, les représentants des Vosges se séparèrent en Montagnards et Girondins en votant les uns la mort du roi, les autres simplement sa détention.
Poulain-Grandprey parla le premier : Je dis : Louis étant déclaré coupable mérite la mort ; mais je demande qu’il soit sursis à l’exécution jusqu’à l’acceptation de la Constitution, ou jusqu’au moment où les ennemis envahiraient notre territoire. Poulain n’avait-il donc pas assez d’une invasion allemande et lui en fallait-il une seconde pour oser frapper le coupable ?
Balland fut assez peu net dans son vote : L’intérêt public commande que le tyran n’ait jamais de successeur. Ainsi je vote, quant à présent, pour sa détention, sauf à le bannir ou à le faire mourir, si le peuple le veut. Il était, comme on voit, prêt à toutes les solutions.
Perrin, qui se montra le plus énergique de tous, dit brièvement : Je prononce la peine de mort.
Souhait fut moins résolu, quoique votant d’ordinaire avec Perrin : Je vote pour la mort, mais je demande qu’elle soit suspendue jusqu’à la ratification de la Constitution. En attendant cette époque, je demande la détention.
Couhey timidement dit : Je vote pour la détention et je demande que Louis soit banni trois ans après la paix.
Bresson vint le dernier : Je demande que Louis soit détenu jusqu’à l’époque où la tranquillité publique permettra de le bannir.
Au total, trois membres avaient voté la mort avec ou sans conditions, et trois avaient préféré la détention [p. 19-20].
- Annuaire 1882, Félix Bouvier : Les Conventionnels vosgiens.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
COUHEY (François).- Le conventionnel Couhey est né à Neufchâteau le 7 mars 1752, et y exerçait la profession d’avocat au bailliage avant la Révolution.
Élu en 1790 juge au tribunal du district de Neufchâteau, il fut élu, le 5 septembre 1792, représentant du peuple des Vosges à la Convention nationale, le huitième sur 8, par 198 voix contre 124 à Martin (de Morizécourt). Il vota pour la détention de Louis XVI, fut un moment proscrit avec les Girondins et même emprisonné.
En octobre 1795, il devint membre du Conseil des Anciens, élu dans les Vosges par 117 voix, il fut de la série sortante en 1797 et fut nommé, peu après, juge au tribunal de cassation. En 1800 il passait juge au tribunal d’appel de Nancy, devenu en 1811 conseiller à la cour impériale, mais il ne fut pas maintenu dans ces fonctions au remaniement de 1816.
Il mourut sans doute à Nancy, mais à une date inconnue. Sa veuve y mourut en 1830.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
COUHEY (François), avocat, magistrat et législateur
(Neufchâteau, 7 mars 1752 - Nancy, 10 avril 1821)
Conseiller au bailliage royal de Neufchâteau en 1778, il devient sous la Révolution juge au tribunal du district de cette ville. En septembre 1792, il est élu député des Vosges à la Convention nationale où il prend place parmi les modérés. Dans le procès de Louis XVI, il vote pour la détention et le bannissement jusqu’à la paix, ce qui lui vaut d’être considéré comme suspect après la chute des Girondins (2 juin 1793) et d’être emprisonné à l’Abbaye.
Libéré, il est élu le 23 vendémiaire an IV (octobre 1795) membre du Conseil des Anciens pour le département des Vosges. De la série sortante en 1797, il devient peu après juge au tribunal de Cassation, puis au tribunal d’Appel de Nancy où il finit sa carrière.
Bibl. : Robinet, p. 494.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 389.
[Pierre Heili].