Joseph Louis François Xavier FALATIEU

[ Lyon (69), 26/01/1761 – Bains-les-Bains (88), 23/10/1840 ]

maître de forges

Conseiller général des Vosges (1792-). Maire de Bains-les-Bains (1812-). Député des Vosges (1815-1816). Vérifier décès : 01/04/1844 ?

Biographie vosgienne

1842 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1842 / Charles Charton

M. le baron Joseph FALATIEU, né en 1765, est mort à Bains le 23 octobre 1840.

Propriétaire de la belle manufacture de Bains, dont l’établissement remonte à 1733, M. Falatieu s’est attaché à y introduire graduellement des améliorations telles qu’elles l’ont élevée au rang des usines les plus remarquables de France. On pourra se faire une idée de son importance, lorsqu’on saura que plus de 150 ouvriers y sont continuellement employés, et qu’il en sort tous les ans 150,000 kilogrammes de fer en barre, destinés à la fabrication du fil de fer ; 26,800 kilogrammes de fer marchand ; 21,450 kilogrammes de fer noir laminé ; 14,600 caisses de fer-blanc laminé, contenant chacune 150 feuilles du poids de 40 kilogrammes ; enfin, 36,000 kilogrammes de moulages en fonte. Tous ces produits sont recommandables, autant par la supériorité de leur qualité que par la modération de leur prix.

M. Falatieu a obtenu ces résultats en se servant de procédés et de moteurs perfectionnés. Des échantillons des fers et des fils de fer provenant de cette usine ont été admis aux diverses expositions publiques des produits de l’industrie française, et ont mérité successivement au propriétaire de la manufacture de Bains tous les genres d’encouragements décernés par le jury, c’est-à-dire la mention honorable, la médaille de bronze, la médaille d’argent, la médaille d’or et le rappel de cette dernière médaille.

Ce n’est pas seulement par les services qu’il a rendus à l’industrie métallurgique que M. Falatieu s’est placé haut dans l’estime du pays ; il s’y est aussi acquis des droits par ses travaux comme maire de Bains, comme député des Vosges, comme membre du conseil général de ce département, qu’il a présidé plusieurs fois, enfin comme membre du conseil général des manufactures du royaume.

Dans un siècle où tous les mérites et tous les talents sont encouragés et honorés, le Gouvernement ce pouvait manquer de distinguer les efforts et les succès de M. Falatieu. Aussi lui a-t-il accordé le titre de baron et la décoration de chevalier de la légion d’honneur.

La carrière de M. Falatieu a été longue et remplie : il s’est éteint dans le sein de sa famille, au milieu de ses nombreux ouvriers qui le regardaient comme leur père, et il a emporté dans la tombe les regrets de tous ceux qui ont pu le connaître et l’apprécier.

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

M. le baron Falatieu, né en 1765 [à Bains-les-Bains], mort à Bains le 23 octobre 1840.

Propriétaire de la belle manufacture de Bains, cet habile industriel y introduisit des améliorations qui l’élevèrent au rang des premières usines de France, et valurent à son directeur tous les genres d’encouragements et d’honneurs.

M. Falatieu fut maire de Bains, député des Vosges, membre du conseil général de ce département et du conseil général des manufactures de France.

(Annuaire de 1842.)


[Tome 2, p. 32].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

FALATIEU Joseph.- Baron, chevalier de la Légion d’Honneur, né en 1765, mort à Bains, le 23 octobre 1840, a fait subir à la belle manufacture de Bains, dont il était propriétaire, de nombreuses modifications. Cette usine est citée aujourd’hui comme une des plus remarquables de France, et ses produits ont mérité, lors des différentes expositions de l’industrie française, des médailles de bronze, d’argent et d’or.

Falatieu a été longtemps député des Vosges et a présidé plusieurs fois le conseil général de ce département. Il reçut la décoration et le titre héréditaire de baron, en récompense des services rendus par lui au pays.

Ses nombreux ouvriers, pour lesquels il a toujours eu la bonté la plus parfaite, l’ont vivement regretté.

Il avait salué avec enthousiasme l’aurore de la révolution française, et quand la patrie fut déclarée en danger, il s’empressa d’offrir, à la convention nationale, cinquante fusils de guerre, à la seule condition qu’ils seraient, à la paix, donnés à la garde nationale de Bains.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

FALATIEU (Joseph), baron, né en 1765 à Bains.

Propriétaire de la belle manufacture, dont l’établissement remonte à 1733, le baron Falatieu s’est taché à y introduire graduellement des améliorations telles qu’elles l’ont élevée au rang des usines les plus remarquables de France. On pourra se faire une idée de son importance, lorsqu’on saura que plus de deux cents ouvriers y sont continuellement employés, et qu’il en sort tous les ans 350 000 kilogrammes de fer en barres, destinés à la fabrication du fil de fer ; trente mille kilogrammes de fer marchand ; vingt-cinq mille kilogrammes de fer noir laminé ; vingt mille caisses de fer-blanc laminé ; enfin, quarante mille kilogrammes de moulages en fonte. Tous ces produits sont recommandables, autant par la supériorité de leur qualité que par la modération de leur prix.

Ce grand manufacturier a obtenu ces résultats en se servant de procédés et de moteurs perfectionnés. Des échantillons des fers et des fils de fer provenant de cette usine ont été admis aux diverses expositions publiques des produits de l’industrie française, et ont mérité successivement au baron Falatieu tous les genres d’encouragement décernés par le jury : mention honorable, médaille de bronze, médaille d’argent, médaille d’or et rappel de cette médaille.

Ce n’est pas seulement par les services qu’il a rendus à l’industrie métallurgique que Falatieu s’est placé haut dans l’estime du pays ; il s’y est aussi acquis des droits par ses travaux comme maire de Bains, comme député des Vosges, comme membre du conseil général de ce département, qu’il a présidé plusieurs fois, enfin comme membre du conseil général des manufactures de France. Dans un siècle où tous les mérites et tous les talents sont encouragés et honorés, le gouvernement ne pouvait manquer de distinguer les efforts et les succès de cet intelligent industriel ; aussi lui a-t-il accordé le titre de baron et la décoration de chevalier de la Légion d’honneur.

La carrière du baron Falatieu a été longue et remplie ; il s’est éteint dans le sein de sa famille, au milieu de ses ouvriers qui le regardaient comme leur père, le 23 octobre 1840, et il a emporté dans la tombe les regrets de tous ceux qui ont pu le connaître et l’apprécier.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

Baron FALATIEU.- Né en 1765 [à Bains-les-Bains] ; sorti d’un rang obscur, cet habile industriel sut profiter des circonstances pour s’élever à la plus haute fortune.

Devenu propriétaire de la manufacture de Bains, il y introduisit des améliorations qui l’élevèrent au rang des premières usines de France. Il reçut le titre de baron, en récompense de ses travaux, du gouvernement de la Restauration, qui, quoi qu’on en dise d’ailleurs, avait su protéger, encourager et féconder les arts, l’industrie et les lettres. Il fut maire de la ville de Bains, conseiller général et député des Vosges.

A deux kilomètres de la ville de Bains, sur le Côney, se trouve la belle manufacture de fer-blanc et de fer cylindré, rond et mi-plat, appartenant à la famille Falatieu, qui occupe quatre à cinq cents ouvriers, et dont les produits jouissent de la plus haute estime.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

FALATIEU (Joseph, baron).- Né à Bains en 1765, il y était maître de forges au moment de la Révolution et fut élu chef de la légion de la garde nationale du district de Darney en 1791.

En novembre 1792, il devint administrateur du département et le 9 mai 1793 il était élu commandant en chef des gardes nationales des Vosges. Sous l’empire, il fut créé baron et décoré de la Légion d’honneur pour services rendus à l’industrie métallurgique. Maire de Bains, il fut élu député des Vosges à la Chambre des Représentants en mai 1815, mais il ne siégea que quelques semaines ; il fut réélu, en août 1815, à la "Chambre introuvable", de nouveau réélu en octobre 1816 et siégea jusqu’en février 1824. Réélu en novembre 1829, son élection fut invalidée.

Un biographe parlementaire de 1820 disait de lui : Pour qui connaît ce député des Vosges, il n’y a point de tentation à se tromper dans l’orthographe de son nom ; c’est un homme franc.

Le baron Falatieu fut aussi pendant longtemps conseiller général des Vosges pour le canton de Bains ; il fit partie du Conseil général jusqu’à sa mort et en fut souvent le président, il était aussi membre du conseil supérieur des manufactures de France.

Il mourut à Bains le 23 octobre 1840.

Le maréchal de camp Villatte (Jean-Baptiste Alexandre), né à Longwy (Moselle) le 10 décembre 1780, mort à Bains le 8 octobre 1858, avait épousé sa sœur. Colonel du 10e dragons en 1817, il était général du 22 mai 1825.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

FALATIEU (Joseph-Louis-François-Xavier), baron, maître de forges, député des Vosges

Lyon, 26 janvier 1761 - Bains, 23 octobre 1840


Joseph Falatieu, député des Vosges en 1820. Fils de Claude Thomas Falatieu, après la vente partielle de la manufacture de fer blanc de Bains en 1793, il rachète progressivement les parts des copropriétaires et en devient le seul possesseur en l’an VIII. Il fait encore l’acquisition pour 40 000 livres de l’abbaye d’Étival, vendue comme bien national sous la Révolution, ainsi que de plusieurs forges en Franche-Comté dont le Pont-du-Bois dans le canton de Vauvillers. Il ne ménage rien pour doter ses installations industrielles des dernières découvertes techniques. Devenu membre du Conseil général des Manufactures, il visite, en novembre 1817, les forges d’Imphy, de Guérigny, de Pont-Saint-Ours dans la Nièvre et de Vierzon dans le Cher. Il se rend aussi fréquemment à l’étranger et attire dans ses ateliers les meilleurs ouvriers.

Sous son impulsion, la manufacture de Bains devient la 19e usine métallurgique de France avec un chiffre d’affaires dépassant 2 millions de francs (enquête de 1840). Elle emploie alors 231 ouvriers, tous logés dans l’enceinte de l’établissement, à l’ombre du château patronal et de la chapelle des maîtres de forges. École, jardins et magasins achèvent de faire du site un microcosme presque complètement autonome sur lequel J. Falatieu règne en maître incontesté, considéré par ses ouvriers comme un véritable père. Ses produits, qui consistent essentiellement en tôles de fer étamé, acquièrent une grande renommée et obtiennent les plus grandes récompenses à toutes les expositions.

Joseph Falatieu est, du fait de son exceptionnelle réussite sociale, investi de la confiance publique. En 1790, il est élu président de la municipalité de Bains ; il reste maire de la ville pendant de longues années. Commandant de la garde nationale de Darney en 1791, il dirige celle du département tout entier à partir de 1793. Entre-temps, il est élu administrateur du département. De l’an VIII à 1838, il ne cesse de représenter le canton de Bains au Conseil général et en devient le président en 1820, 1821 et 1833. Sous les Cent-jours, il est élu député pour la première fois ; il siège ensuite à la Chambre introuvable sous la Restauration et vote avec la gauche jusqu’en 1824. Réélu en 1827, il combat le ministère Polignac et est invalidé en 1828, ce qui n’empêche pas la confirmation de son titre de baron, acquis sous l’Empire, par une ordonnance royale en date du 14 février 1827.

En 1840, l’année de son décès, Joseph Falatieu acquitte 13 170 francs de contribution ; c’est la plus grosse cote du département, la seconde ne dépassant pas 4000 francs. Parmi les nombreux legs de son testament, 10 000 francs sont donnés à la ville de Bains pour la création d’un hospice.


Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 502.
Annuaire des Vosges, 1842 p. 163-164.
Robert.- Dictionnaire des parlementaires, tome II, p. 594-595.
Bouvier.- p. 404-405.
Starck (Chantal), Ritter (Remi).- Du fer blanc de Bains au fer battu de Fontenoy..., in Annales de la Société d’Emulation des Vosges, 1986, p. 49 et r.v.
Olivier (Abbé).- Bains-les-Bains, in Annales de la Société d’Emulation des Vosges, 1909 et 1911.


[Pierre Heili].

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