Charles Hyacinthe dit Charles Louis HUGO

[ Saint-Mihiel (55) , 20/09/ 1667 – Étival-Clairefontaine (88) , 02/08/ 1739 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Le célèbre abbé Hugo, après avoir été neuf années coadjuteur d’Etival, en fut élu abbé le 22 octobre 1722.

Afin de pouvoir surveiller l’impression de ses ouvrages, il favorisa l’établissement d’une typographie à Etival. On croit même, dit un de ses biographes (M. Digot, Eloge historique de Charles—Louis Hugo, inséré dans les Mémoires de l’Académie de Nancy, 1842), on croit que cette imprimerie fut placée dans les bâtiments du monastère.

En 1725, sortirent des presses de cette typographie deux ouvrages dus à Hugo :
- le Rituale territorii quasi episcopalis Stivagiensis,
- et le premier volume des Sacra antiquitatis monumenta.

Il n’entre pas dans notre sujet de raconter ici les démêlés qui s’élevèrent à cette époque entre l’abbé d’Etival et l’évèque de Toul au sujet de leur juridiction réciproque. Nous renvoyons à l’opuscule de M. Digot, dans lequel on trouvera l’indication de tous les ouvrages qui se rattachent à cette affaire.

On peut aussi, pour l’histoire plus détaillée d’Etival, consulter les Prœmonstratensis Annales (Nancy, 1776), où se trouve un plan de l’abbaye ; et la Gallia christiana (Paris, 1785).


[Tome 2, p. 207].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

HUGO Charles Louis.- Né à Saint-Mihiel en 1667, d’une famille noble, embrassa la carrière ecclésiastique et prit le bonnet de docteur à Bourges. Il fut élevé à la dignité d’abbé d’Étival le 22 octobre 1722, et à celle d’évêque de Ptolémaïde, in partibus, le 15 septembre 1728. Il mourut dans son abbaye le 2 août 1739, après avoir composé un grand nombre d’ouvrages qui attestent un véritable talent, et qui ont joui longtemps d’une grande réputation.

Je citerai, parmi les plus remarquables :
- Vie de saint Norbert, fondateur de l’ordre des prémontrés ; 1704, in-4°.
- Traité historique et critique sur l’origine et la généalogie de la maison de Lorraine. Nancy, 1711 ; in-8°.
- Annales des prémontrés, 2 volumes in-folio.
- L’Histoire de Charles IV, manuscrit de la bibliothèque publique de Nancy [Note].

 

Note : L’abbé Hugo ayant voulu se soustraire à l’ordinaire de l’évêque de Toul, cette prétention souleva une polémique extrêmement vive ; des pamphlets, des mémoires, des lettres furent échangés à cette occasion. A la mort de Hugo, toutes les pièces autographes relatives à cette affaire furent réunies dans trois cartons in-4°. Ces cartons, qui renferment des pièces uniques et d’une haute importance historique, font actuellement partie de la collection de M. Noël, de Nancy.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

HUGO Louis.- Né en 1667, à Saint-Mihiel, embrassa l’état ecclésiastique et prit son grade de doctorat à Bourges.

Il avait reçu du Ciel l’amour de la retraite, de la prière et de l’étude. Entré dans l’ordre de Prémontré, il publia, en 1704, la Vie de saint Norbert, fondateur de cet ordre, oeuvre brillante de style autant que de savantes recherches. Il travailla ensuite à une histoire de Lorraine, qu’il n’acheva malheureusement pas.

Nommé, en 1712, à la coadjutorerie d’Étival, dont il devint abbé dix ans plus tard, il s’occupa d’une histoire complète de son ordre. Il trouva dans son abbaye deux religieux épris de la passion de l’étude, le P. Blanpain et le P. Saulnier, dont il sut mettre à profit les lumières et les travaux. En attendant qu’il pût livrer au public son grand travail, il donna successivement plusieurs volumes des Sacrae Antiquitatis Monumenta, collection précieuse, qui fut accueillie avec applaudissement.

Il publia enfin ses Annales Ordinis Praemonstratensis, dans lesquelles il déploya sa vaste érudition, et que les savants placèrent à côté des Annales Ordinis Benedictini de Mabillon. Louis Hugo est supérieur, pour l’élégance et la pureté du style, à la plupart des savants et des érudits.

Il reçut de Rome, en 1728, comme récompense de ses travaux, le titre honoraire d’évêque de Ptolémaïs. Il mourut à Étival, en 1739, sans avoir pu mener à fin son immense travail, que continua le P. Blanpain.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

HUGO (Charles Louis).- Abbé d’Étival ; il est né à Saint-Mihiel en 1667. C’est le 22 octobre 1722 qu’il devint abbé d’Étival, et le 15 septembre l728, il était nommé évêque in partibus de Ptolémaïs.

Il a écrit un grand nombre d’ouvrages historiques et sacrés, notamment un Traité sur l’origine et la généalogie de la maison de Lorraine, et une Histoire de Charles IV, restée manuscrite.

Il est mort à Étival le 2 août 1739.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

HUGO (Charles Hyacinthe dit Charles Louis), abbé d’Étival
Saint-Mihiel, 20 septembre 1667 - Étival, 2 août 1739


Charles Louis Hugo, abbé d’Etival. Né dans une famille de la petite bourgeoisie de robe, il est le 4ème enfant sur les treize issus de l’union de Nicolas Hugo, avocat à la Cour Souveraine de Lorraine, procureur de l’abbaye de Saint-Mihiel, et de Glossinde Collin.

Charles Hyacinthe destiné très tôt au service de l’Église entre à l’abbaye des prémontrés de l’Étanche puis en 1683 est envoyé à l’abbaye Sainte-Majeure de Pont-à-Mousson pour y suivre les cours de l’Université. Il fait sa profession de foi dans cette abbaye le 28 août 1685 et, selon l’usage, échange alors son prénom de Hyacinthe contre celui de Louis. En 1687, il est affecté à l’abbaye de Jovilliers où il complète sa formation sous la direction du Père Edme Sauvage. Enfin, c’est à Bourges, où il se rend à partir de 1688, qu’il reçoit le bonnet de docteur en théologie en 1690 ou 1691. Peut-être faut-il voir dans ce changement d’université un goût pour les thèses jansénistes gui ne peuvent être admises chez les Pères Jésuites de Pont-à-Mousson ?

Ordonné prêtre en 1691, il est d’abord employé comme professeur de théologie dans les abbayes de l’ordre à Jand’heures, puis de 1693 à 1700, à Étival. De cette période datent ses premiers travaux d’érudition : Vie de Moïse (1698), Réfutation du système de M. Faydet sur la Trinité (1699). En 1700, estimé pour ses qualités de théologien et d’écrivain, il est nomme prieur de la Maison Saint-Joseph de Nancy. Il y reste jusqu’en 1713, y enrichit la bibliothèque, incite les frères à l’étude. En 1708 il est élu abbé coadjuteur de Flabémont, mais il n’y séjourne pas et est remplacé en 1714 par le P. Charles Crolot. Hugo est choisi comme coadjuteur d’Étival par l’abbé Siméon Godin et, le 12 août 1710, élu à cette charge par les chanoines. Approbation en fut donnée par le pape Clément XI le 28 novembre 1711 et il en prend possession en 1712. Le souverain pontife a déjà reconnu ses mérites en le nommant protonotaire apostolique puis, en 1711, abbé de Fontaine-André, titre honorifique que Charles Louis Hugo remettra à la disposition de son ordre en 1714.

Nommé historiographe de Lorraine et conseiller d’État le 12 mars 1708 par le duc Léopold, il est destitué de cette charge en 1712, au terme d’une très longue polémique de savants née entre le P. Benoit-Picart de Toul et le P. Hugo à propos de l’exemption de la juridiction des évêques de Toul dont se prévalaient les abbayes vosgiennes, puis au sujet de la généalogie de la famille de Lorraine. La Cour de France s’émeut et le Parlement de Paris condamne l’ouvrage du P. Hugo : Traité historique et critique sur l’origine et la généalogie de la Maison de Lorraine à être supprimé comme injurieux à la Majesté des Rois, en 1712.

Charles Louis Hugo, l’année suivante, s’installe à Étiva1 et, loin de la cour, entreprend de rassembler des matériaux pour rédiger une vaste histoire de l’ordre des Prémontrés. Au chapitre général de 1717, il reçoit le titre d’historiographe de l’Ordre. L’abbé Godin ayant décidé de se retirer, Hugo est élu abbé à l’unanimité et intronisé par l’abbé de Bonfays. Outre la poursuite de ses importants travaux d’érudition, pour lesquels il s’attache la collaboration de plusieurs des chanoines prémontrés de son abbaye, il montre de grandes qualités dans l’administration temporelle et spirituelle du ban d’Étival.

A Étival, il termine le palais abbatial, dont la construction avait été entreprise par Siméon Godin, et entreprend de rénover l’église et les bâtiments. Des deux tours prévues de chaque côté du portail, une seule est achevée à sa mort, mais l’aile sud du monastère a été réédifiée par le frère convers Nicolas Pierson.

En 1725, l’abbé Sommier est nommé grand prévôt de Saint-Dié avec la dignité d’archevêque in partibus qui lui permet d’administrer les sacrements de confirmation dans le Val de Galilée. Les abbés de Senones, Moyenmoutier et Étival lui demandent de venir officier dans leurs territoires. Ainsi se pose à nouveau la question des territoires exempts du bassin de Saint-Dié, suite au refus de la France de créer un évêché à Saint-Dié. L’abbé Hugo, par un mandement imprimé, provoque la colère de l’évêque de Toul et une guerre d’ordonnances et de mandements de 1725 à 1728. Le 15 février 1726, le duc de Lorraine, bien que soutenant la cause des abbayes, exile Hugo à l’abbaye de Rangéval. L’année suivante, nouvel exil hors de Lorraine : Hugo se retire dans la maison de Weinbach, cour collongère que l’abbaye possède en Alsace, près de Kientzheim.

Il rentre en mars 1728 à Étival et, par ordre du duc, n’en peut plus sortir sans permission.

A Rome, par contre, la papauté suit avec intérêt la situation et approuve les prétentions de l’abbé d’Étival. Aussi, en décembre 1728, le pape nomme Charles Louis Hugo évêque de Ptolémaïde in partibus infidelium. Il est sacré par Jean-Claude Sommier, grand prévôt de Saint-Dié, en septembre ou octobre 1729.

Dès 1724, Hugo avait installé à Étival, dans une dépendance de l’abbaye, l’atelier de Jean-Martin Heller, imprimeur de religion protestante auparavant établi à Sainte-Marie-aux-Mines. De cette imprimerie sortent plusieurs ouvrages écrits par des religieux d’Autrey, de Senones, d’Étival, mais surtout par l’abbé Hugo lui-même, en particulier le tome I de Sacra Anliquitatis Monumenta Historica... (1725) et le Rituale territori quasi episcopali stivagiensis... (1725).

L’imprimerie ayant été transférée à Saint-Dié, c’est dans cette ville que parut le tome II des Sacra Antiquitatis Monumenta en 1731 et, à Nancy, les tomes I et II de Sacri et canon ici ordinis Praemonstratensis Annales (1734-1736). En 1739, il annonce la parution prochaine du tome III de cette entreprise qu’il avait conçue en 7 volumes.

A sa mort, il laisse en manuscrit :
- Monumenta mss ordinis Praemonstratensis de A à Z réunis depuis 1718, 18 volumes in folio.
- Collectio capitulorum tam generalum quam provincialium ordinis Praemonstratensis, in folio, 1735.
- Historia Monasteriorum ordinis Praemonstratensis in Regno Hispaniae... , in folio, 1735.
(Ces manuscrits sont conservés à la Bibliothèque Municipale de Nancy).

Les principaux ouvrages publiés par le P. Hugo, outre ceux signalés ci-dessus, sont :
- La Vie de S. Norbert, Luxembourg, 1704.
- Journal littéraire, Soleure, 1705.
- La Vie de la R. M. Marie Thérèse Evrard, Nancy, 1715.
- Histoire de la maison des Salles... , Nancy, 1716
- et des explications de médailles.

Sont également restées manuscrites quatre études sur l’histoire des ducs de Lorraine de René II à Charles V et un nobiliaire de Lorraine, premiers travaux exécutés par Hugo pour une histoire de Lorraine, interrompue en 1712 lorsque lui est retiré son titre d’historiographe de la Lorraine.


Bibl. : Michaud, tome XXI, p. 27-28.
Digot (A.).- Éloge historique de Charles Louis Hugo, Nancy, 1843.
Goovaert (L.).- Écrivains, artistes, savants de l’Ordre de Prémontré, Bruxelles, 1908, tome III, p. 110-129.
Vacant.- Dictionnaire de théologie catholique, Paris, 1899-1959. Article Hugo, tome VII ; I, col. 201-203.
Georgel (M.).- L’Abbaye d’Étival, Averbode, 1962, p. 161-169.
Taillard (M.).- Le Père Charles Louis Hugo, in Annalecta Praemonstratensis, tome LI, 1975, p. 239-269.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XVII, col. 1451-1452.


[ Albert Ronsin ]

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