Louis François Léon BOSSU

[ Mirecourt (88), 03/04/1857 – Jainvillotte (88), 11/03/1929 ]

magistrat

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1857
Naissance le 3 avril à Mirecourt (Vosges). Il est le fils d’un juge de paix.

Lauréat des concours généraux des lycées, il fait de brillantes études au collège Rollin à Paris.
1878
Ses études en droit à la faculté de Paris sont sanctionnées par la licence, le 10 août. Le 2 décembre, il s’inscrit au barreau de l’ordre des avocats de Caen.
1879
Il débute dans l’administration préfectorale comme chef de cabinet du préfet du Calvados le 25 décembre.
1880
Du 1er au 10 décembre, il est chef de cabinet du préfet de l’Eure. Le 11 décembre, il entre dans la magistrature en qualité de substitut du procureur de la République près le tribunal civil de Tonnerre.
1883
A 25 ans, par décret du 8 février 1883, il est nommé procureur de la République près le tribunal de Saint-Calais.
1884
Le 14 juillet, il reçoit le brevet d’officier d’académie. Le 24 novembre, il est nommé substitut de 1ère classe au tout nouveau tribunal de Tunis.

Il entre dans la magistrature, est nommé président du tribunal civil à Saint-Quentin.

Procureur à Boulogne-sur-mer.

Avocat général à Rennes, puis à Douai.
1888
Il devient le premier procureur de la République française dans le Sahel tunisien (du 5 mai 1888 à octobre 1892). Chargé de la création et de l’organisation du tribunal civil de Sousse, il déclare dans un discours prononcé le 19 novembre 1888 devant les premiers assesseurs : "Vous oublierez si celui qui est devant vous est français ou étranger, s’il est catholique ou musulman. Vous ne vous rappellerez qu’une seule chose, c’est qu’il y a là un accusé, et que quelles que soient sa nationalité ou sa religion, sa langue ou son costume, il a droit à la même part de votre justice et de votre indépendance" (cité par L’Avenir de Sousse, 23 novembre 1888).

A Sousse, "au cours de [cette] période 1888-1898, les autorités politiques et judiciaires mettent en œuvre une stratégie d’ensemble pour donner de la justice française une image hautement valorisante. C’est à des juristes chevronnés autant qu’à des magistrats d’une trempe particulière que le garde des Sceaux et la Résidence générale vont confier le soin d’asseoir la justice française dans ces régions éloignées de la capitale tunisienne. Avant la première guerre mondiale, la plupart des magistrats, et particulièrement ceux qui ont exercé à Sousse dans les années 1888-1900, se font une idée particulière de la mission dont ils sont investis : culte du héros, réputation du magistrat intègre, placé au-dessus de tout soupçon, ce qui correspond, dans une large mesure, à la vérité. Parmi ces magistrats, certains sont animés d’un esprit missionnaire qui les amène à agir bien au-delà de ce que leur fonction leur dicte de faire. Louis Bossu, premier procureur de la République française dans le Sahel tunisien (mai 1888-octobre 1892) est le plus représentatif des magistrats de cette génération. Sous son mandat, la justice française de Sousse est fortement sollicitée par l’autorité politique, et, dans une certaine mesure, par l’opinion."
1891
Le 17 mai, le magistrat Louis Bossu, "serviteur de la justice républicaine, aurait bravé le danger, en se chargeant personnellement de mettre le criminel Erasmo Partenico sous les verrous : n’écoutant que son courage, le procureur aurait neutralisé Partenico au cours d’une descente de police effectuée dans la cabane du pêcheur sicilien. Le garde des Sceaux en personne est informé de cet exploit, largement rapporté par la presse locale".

Les deux paragraphes précédents trouvent leur source dans une communication d’Ali Noureddine, historien, professeur à la Faculté des Lettres de l’Université du Centre (Sousse) au colloque La Tunisie et ses étrangers (Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, 1er-2 novembre 1996), présentant un chapitre de sa thèse : La Justice pénale française sous le Protectorat (soutenue en juin 1998 à Tunis et publiée par L’Or du temps, septembre 2001).
1892
Le 5 février, il reçoit la rosette d’officier de l’instruction publique pour avoir créé à Tunis, avec Auguste Anterrien, le Journal des Tribunaux français de Tunisie, revue bi-mensuelle de législation et de jurisprudence en 1888, qu’il a dirigé seul pendant quatre ans. Le 8 octobre, le Gouvernement lui décerne une médaille d’honneur de 2e classe pour acte de courage et de dévouement dans le conflit cité plus haut.

Le 18 octobre, il échange par décret le poste de président du tribunal de Saint-Quentin (attribué le 6 octobre) avec celui de procureur de la République à Boulogne-sur-Mer.
1894
Le 23 mai, il est candidat malheureux aux élections législatives à Neufchâteau. Une seconde tentative en 1902 aboutira à un nouvel échec.
1895
En juillet, mis en ballottage lors des élections pour le conseil général, dans le canton de Bulgnéville, il se désiste au second tour en faveur de son concurrent, dans un souci de concentration républicaine.
1897
Il fait restaurer la chapelle de Notre-Dame de la Compassion (XVI° siècle), à l’écart de Jainvillotte.
1900
Il est nommé procureur de la République à Reims.

Première publication.
1911
A Reims, le 16 mars, sa femme Marie Way, compositeur, professeur de piano et de violon, lui donne un fils : Jean, qui deviendra journaliste et historien.
1925
Procureur général à Chambéry.

Distingué généalogiste, il est en outre correspondant de plusieurs revues de Champagne et de Brie, d’Ardennes et d’Argonne, membre de la Société archéologique de Nancy.
1929
Décès à Jainvillotte (Vosges), le 11 mars.

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