1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
Florentin Le Thierriat, né le 15 novembre 1589, avocat à la cour souveraine, auteur d’un Commentaire de la coutume générale de Lorraine, édité à Metz en 1657, et d’un Discours sur la préférence de la noblesse sur les officiers de robe, 1607.
Le Thierriat, à qui sa connaissance des lois et des coutumes du pays avait mérité le titre d’arbitre de la province, s’occupait aussi de poésie. Ayant publié une satire contre le prince François de Lorraine, frère du duc Henri II, il fut condamné à être pendu.
Avant l’exécution de sa sentence, Le Thierriat composa les quatre vers suivants en forme d’épitaphe :
Ci-gît un déloyal poète,
Qui, pour avoir par trop écrit,
Paya comptant avec sa tête
Les vices d’un malin esprit.
[Tome 2, pages 334-335].
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
THIRIAT Florentin.- Avocat à la cour souveraine, né à Mirecourt, le 15 novembre 1589, se livra à l’étude des lois et des usages municipaux de son pays, et devint tellement apte à débrouiller les questions épineuses, qu’il mérita le titre d’arbitre de la province.
Malheureusement pour lui, Thiriat faisait fort bien les vers, et, comme cela arrive d’ordinaire aux poètes, rimer était pour lui un besoin. Doué d’un esprit très caustique, il publia une satyre contre François, comte de Vaudémont, frère du duc Henri II. Le succès de cette satyre lui coûta la vie ! Il fut, comme sujet déloyal, condamné à être pendu, et cette incroyable sentence reçut son exécution [Note 1].
Entre les mains du bourreau, il écrivit l’épitaphe suivante :
Ci-gist un déloyal poète,
Qui, pour avoir par trop écrit,
Paya comptant, avec sa tête,
Les vices d’un malin esprit !
Chevrier, qui lui a consacré quelques lignes, ne se contente pas d’approuver la condamnation de Thiriat, il la trouve trop modérée ! Qu’aurait-il donc fait du pauvre poète ?
Thiriat est auteur d’un Commentaire de la coutume générale de Lorraine (Metz, 1657) ; d’un Traité sur la noblesse (Paris, 1606), et de mémoires manuscrits d’une haute importance pour l’histoire de Lorraine. Le prince Charles, fils de Léopold, avait prêté ces mémoires à Chevrier, à qui ils ont été d’un grand secours pour son histoire de Lorraine. Abusant des bontés que le prince avait pour lui, Chevrier ne rendit point le manuscrit de Thiriat, qui est aujourd’hui perdu [Note 2].
Note 1 : Le prince François avait demandé la grâce de Thiriat, mais François de Lorraine, son fils, s’étant opposé à ce qu’elle lui fût accordée, la sentence fut maintenue.
Note 2 : Voici comment Thiriat explique l’origine du surnom de Jacques donné aux habitants de Neufchâteau, et de celui de hocheculs donné à ceux de Mirecourt : Advint, dit-il, que ceux de Neufchâteau eurent nom de jacques, de ce que iceux aprivoisoient, chez eux, des oysels qui avaient même nom (des geais) ; comme il advint céant (à Mirecourt) qu’on nous donne surnom du hocheculs, pourquoi cet oysel est tant vulgaire, que les bords de Madon en sont tout couverts.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
THIRIAT (Florentin), avocat à la cour souveraine de Lorraine et homme de lettres, est né à Mirecourt, le 15 novembre 1589.
Érudit et adroit, Thiriat devint apte à débrouiller les affaires les plus difficiles que les habitants et les magistrats lui confiaient, aussi devint-il l’arbitre de toute la contrée. On lui donna même le titre d’Arbitre de la province. D’une humeur gaie et d’un caractère caustique, il publia une satire contre François, comte de Vaudémont, frère du duc Henri II. Elle eut un succès qui troubla l’esprit du comte, et, dans sa colère, il fit arrêter, juger et condamner à mort le malheureux poète, comme sujet déloyal et cette inqualifiable sentence reçut son exécution : il fut pendu. Entre les mains du bourreau, placé sous la potence, il écrivit cette épitaphe :
Ci-gît un déloyal poète,
Qui, pour avoir par trop écrit,
Paya comptant avec sa tête,
Les vices d’un malin esprit.
Thiriat a fait imprimer : Commentaire de la coutume de Lorraine et Traité sur la noblesse. Il a laissé des mémoires manuscrits se rattachant à l’histoire de Lorraine. Chevrier les emprunta au prince Charles, pour l’aider dans son histoire de Lorraine ; cet auteur ne les rendit jamais et mourut sans donner aucun renseignement sur cette importante pièce.
Thiriat, dans cet ouvrage, donnait l’explication du surnom de Jacques qui, de date ancienne, avait été donné aux habitants de Neufchâteau, et de celui de Hocheculs, donné également à ceux de Mirecourt : Advint, dit-il, que ceux de Neufchâteau eurent nom de Jacques, de ce que ceux-ci apprivoisaient, chez eux, des oysels qui avaient même nom (geais), comme il advint céans (à Mirecourt), qu’on nous donne surnom du Hochecul, pourquoi cet oysel est tant vulgaire, que les bords du Madon en sont tout couverts.
1877 —
Notice historique et biographique sur la ville de Mirecourt / Charles Laprévôte
LE THIERRIAT Florentin.- Avocat en la Cour souveraine de Lorraine, exerçant au bailliage de Vosges, était né à Mirecourt, que ses ancêtres habitaient depuis fort longtemps, et qu’il quitta pour se faire recevoir avocat au Parlement de Paris.
Il alla ensuite s’établir en Champagne, où il se fit reconnaître gentilhomme, après y avoir acquis les seigneuries de Lochepierre et de la Mothe-Allier, et revint ensuite se fixer à Mirecourt, berceau de sa famille, ainsi que le prouve une mention de la table du registre des lettres patentes de 1597 et 1598, portant qu’il avait obtenu du duc Charles III une permission et octroi de demeurance ès pays de S.A., avec le titre d’écuyer. Malheureusement ces lettres, dont on ne trouve nulle part, au Trésor des Chartes de Lorraine, aucun autre exemple, n’existent plus dans le registre, et l’on ne peut expliquer le motif qui l’a forcé à les solliciter.
Il épousa, en 1600, Idon ou Idette du Bourg, veuve de Claude Mainbourg, procureur général du bailliage de Vosges, et fille d’Adam du Bourg, 2e du nom, lieutenant et receveur de Bruyères, de laquelle il eut un fils qui fut baptisé le 9 septembre 1601 : Chevrier s’est donc trompé en fixant au mois de novembre 1589 la date de naissance de Le Thierriat, puisqu’il n’aurait eu que onze ans à l’époque de son mariage.
Il fit imprimer à Paris, en 1606, un volume intitulé : Trois traictez : scavoir 1° de la noblesse de race, 2° de la noblesse civile, 3° des immunités des ignobles, avec épîtres dédicatoires aux princes de Vaudémont François et Herni, écrites de Mirecourt le 27 octobre 1602.
Imbu d’idées exagérées de la supériorité des nobles de race sur les anoblis et les officiers du duc, il ne tarda pas à s’attirer une affaire désagréable à propos d’une dispute à ce sujet qu’il eut avec le procureur général et le lieutenant général au bailliage de Vosges, et dans laquelle il succomba. C’est alors qu’il publia le Discours de la préférence de la Noblesse aux Officiers, qui fut imprimé vers la fin de l’année 1607, probablement à Pont-à-Mousson, véritable pamphlet dans lequel il osa attaquer vivement la décision du duc, Charles III et les usages admis dans les cérémonies religieuses. Traduit pour ces faits par-devant le bailliage de Vosges, Florentin Le Thierriat fut condamné à être pendu, par les officiers de ce même bailliage, qu’il avait injuriés de la manière la plus outrageante. L’exécution de cette sentence eut lieu à Mirecourt le 13 février 1608, ainsi que le constate une mention du registre des baptêmes et décès de 1601 à 1618, qui se trouve à la mairie de la ville.
Il est aujourd’hui reconnu que c’est à Le Thierriat que l’on doit les Remarques sur les Coustumes générales du duché de Lorraine, qui ont été publiées à Metz, en 1657, sous le nom d’Abraham Fabert, imprimeur, chez lequel, après sa mort, le manuscrit avait été retrouvé par ses héritiers.
Enfin, Florentin Le Thierriat laissa sur l’histoire de Lorraine des Mémoires restés manuscrits, dont il n’existe plus malheureusement que des extraits pris par Mory d’Elvange sur l’original, appartenant à l’abbé Villemin, chanoine de la Primatiale, et ensuite à son héritier, M. de Thomerot, substitut à la Cour souveraine, qui le possédait encore en 1764, à la Neuveville-sous-Monfort.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
THIERRIAT Florentin.- Né en 1589 à Mirecourt, avocat et poète, condamné à être pendu pour avoir satirisé violemment le prince François de Vaudémont.
L’infortuné satirique se composa cette épitaphe, avant l’exécution de la sentence, qu’elle aurait dû empêcher :
Ci-gît un déloyal poète
Qui pour avoir par trop écrit,
Paya comptant avec sa tête
Les vices d’un malin esprit.
Cette exécution ne fait pas l’éloge du comte de Vaudémont que doit flétrir l’impartiale histoire. Les puissants aiment à être flattés ; aucune chose ne les blesse comme l’indépendance de l’esprit ; c’est la seule peut-être qu’ils ne pardonnent point.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
THIRIAT (Florentin).- Né à Mirecourt le 15 novembre 1589, il devint avocat à la cour souveraine de Lorraine et se fit remarquer par son érudition et son habileté.
Homme de lettres autant qu’avocat, il fut victime de son esprit caustique. Ayant fait une satire contre le comte François de Vaudémont, celui-ci, furieux, s’empara du malheureux poète, le fit condamner à mort et pendre par le bourreau.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LE THIERRIAT (Florentin), juriste
XVIe siècle, ? – Mirecourt, 13 février 1608
Gentilhomme champenois, Florentin Le Thierriat obtient des « Lettres de permission et octroy de demeurance ez pais de Son Altesse au tiltre d’escuier pour Florentin Le Thiriat, seigneur de Lochepierre » en 1598, car il épouse Idon du Bourg, veuve de Claude Mainbourg qui avait été échevin au change de Nancy en 1579 puis nommé procureur général au bailliage de Vosges en 1585. Le couple s’installe à Mirecourt et un fils naît en 1601.
De formation juridique, Le Thierriat, très pointilleux sur le fait de noblesse, rédige en 1602 Trois traictez scavoir I De La Noblesse de Race. II De la Noblesse Civile. III Des Immunitez des Ignobles publié à Paris en 1606 et dédié aux princes de la Maison de Lorraine.
A Mirecourt, il entre en conflit avec les officiers anoblis du bailliage qui revendiquent dans les cérémonies la préséance sur les nobles d’origine. Il fait imprimer en 1607, probablement à Metz par Abraham Fabert, Discours de la Préférence de la Noblesse aux officiers, considéré comme une insulte à l’administration, sinon au duc lui-même. Le duc prend parti de ses officiers en 1605. En 1605, Le Thierriat fait établir par un notaire un livre-terrier de ses droits prétendus sur des terres à Saint-Nabord près de Remiremont, appartenant à Georges Mainbourg, maître des requêtes de l’hôtel ducal. Accusé d’usurpation, il est jugé et condamné à être pendu.
A sa mort, il laisse entre les mains de l’imprimeur A. Fabert un ouvrage manuscrit concernant les coutumes de Lorraine. Ce livre ne paraîtra qu’en 1657 sous le nom de l’imprimeur. Ce sont les Remarques d’Abraham Fabert sur les coutumes générales du duché de Lorraine (Metz, Cl. Bouchard, 1657).
Bibl. : Calmet (Dom).- Bibliothèque Lorraine, col. 941.
Digot (A.).- Notice bibliographique et littéraire sur Florentin Le Thierriat, Mémoires Société des Sciences, Lettres et Arts (Académie de Stanislas), Nancy, 1849.
Cullière (A.).- Le Procès de Florentin Le Thierriat 1608.- Cahiers Lorrains, 1984, p. 277-289.
[
Albert Ronsin
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