1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
M. l’abbé BASANJON, né à Bains le 15 juillet 1753, mort dans cette ville le 17 mai 1833.
Ordonné prêtre en 1780, il professa les humanités au séminaire de Poitiers, ensuite la théologie à celui de La Rochelle, dirigea le séminaire de Nancy pendant les années 1783 et 1784, puis passa dans ceux de Paris et de Versailles, où il se chargea de plusieurs classes en 1785 et 1786.
Nommé précepteur des enfants de M. de Reinach, il passa avec lui en Allemagne, où il exerça sa bienfaisance envers de malheureux prisonniers français.
En 1817, il fut nommé principal du collège d’Epinal, d’où ses opinions libérales le firent exclure en 1826.
M. Basanjon légua, en mourant, une somme de 2000 francs à l’hospice de Bains.
On peut voir, dans les Annales de la Société d’Emulation (1834), dont il faisait partie, et dans l’Annuaire de 1834, la biographie de ce respectable ecclésiastique.
[Tome 2, p. 32].
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
BASANJON, né à Bains le 15 juillet 1753, fut entraîné par un penchant irrésistible vers l’éducation de la jeunesse, et pensant que l’état ecclésiastique lui offrirait plus que tout autre les moyens de répondre à cette vocation, il commença ses études à Bains dans le mois de janvier 1766 ; il les continua au collège d’Épinal et de Colmar, et les termina au séminaire de Saint-Lazare, où il reçut en 1780 le caractère de prêtre. Pendant les années 1783 et 1784, il dirigea le séminaire de Nancy ; puis passa dans ceux de Paris et de Versailles.
Ses succès dans l’enseignement et ses excellentes qualités furent bientôt connus dans le monde, et l’année suivante, un seigneur allemand M. de Reinach, habitant d’Hirtzbach, lui confia l’éducation de ses fils.
Pendant son séjour à Erlangen, en 1800, l’abbé Basanjon eut l’occasion d’exercer sa bienfaisance envers de malheureux compatriotes. Des soldats français, faits prisonniers dans les guerres d’Allemagne, parvinrent à s’échapper des mains de leur escorte, et traversèrent, au nombre de 109, la ville d’Erlangen, se dirigeant sur les bords du Rhin, où ils devaient rejoindre leurs corps. Les uns étaient blessés, les autres privés de chaussures et presque de vêtements, et dénués de toutes ressources. M. Basanjon ne put voir une telle infortune sans en être vivement affecté et sans chercher à y remédier. Le produit des économies qu’il avait faites pendant plusieurs années lui en donna les moyens, et il employa une somme de 6 à 700 francs à procurer à ces militaires les secours dont ils avaient le besoin le plus urgent.
Il revint à Bains en 1802, emportant l’attachement et l’estime de ses élèves, dont la famille voulut qu’il reçut d’elle tous les ans une pension de 400 francs.
L’abbé Basanjon y resta jusqu’en 1813, pour continuer de se livrer à l’enseignement. Il eut pour élèves trois de ses neveux et plusieurs jeunes gens de Bains, entre autres le fils de M. Falatieu, propriétaire de la belle manufacture de fer-blanc. Il accompagna ce jeune homme à Paris, où il le dirigea dans ses études.
En 1817, le principal du collège d’Épinal fut offert à l’abbé Basanjon, et il se voua à ses nouvelles fonctions avec le zèle qui pouvait l’animer. Il fut remplacé en 1826 dans ses fonctions ; l’année précédente, la Société d’émulation du département des Vosges lui avait assigné une place dans son sein. L’abbé Basanjon se fit remarquer, par son exactitude à partager les travaux de cette société à laquelle il offrit le tribut de ses lumières et de son dévouement, et il ne cessa d’assister à ses séances que lorsque sa santé, affaiblie par l’âge, l’y contraignit.
L’abbé Basanjon arriva à la fin de sa longue carrière, avec cette tranquillité de l’âme qui naît de la pratique des vertus sociales et qui ne manquent jamais à l’homme de bien. Lorsqu’il sentit l’approche de son heure dernière, il n’en éprouva pas la moindre émotion ; il s’attacha, au contraire, à calmer la douleur des personnes de sa famille dont il recevait les soins, et l’engagea à supporter avec résignation, avec courage, un événement qu’il n’était pas donné à la nature humaine d’empêcher, et ce fut au milieu de ces exhortations d’une saine philosophie qu’il se sépara pour toujours de ses parents et de ses amis, le 31 mai 1833.
L’abbé Basanjon ne jouissait d’aucune pension, ni comme ecclésiastique, ni comme professeur ; ses principaux moyens d’existence consistaient dans celle qu’il touchait tous les ans en qualité d’ancien précepteur de MM. de Reinach. Il sut cependant ménager si bien ses ressources qu’il pût, dans le cours de sa vie, venir au secours des pauvres, et consacrer en mourant, à l’amélioration de leur sort, une somme de 2000 francs, qu’il légua à l’hospice de Bains.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
BAZANGEON Abbé.- Né en 1753 [à Bains-les-Bains], successivement professeur dans les séminaires de Poitiers, de la Rochelle, de Nancy, de Paris et de Versailles ; puis précepteur des enfants de M. de Reynach, en Allemagne, où sa bienfaisance vint au secours des prêtres français, expulsés de leur pays par la Révolution ; enfin principal, en 1817, du collège d’Épinal, d’où ses opinions libérales le firent exclure en 1826.
Retiré à Bains, il y mourut en 1833, après avoir légué une somme de 2 000 francs à l’hôpital de cette ville.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
BASANJON.- Né à Bains, le 15 juillet 1753, l’abbé Basanjon, devenu prêtre en 1780, fut d’abord attaché aux séminaires de Nancy, de Paris et de Versailles.
Il émigra en Allemagne pendant la Révolution et ne revint à Bains qu’en 1802 où il continua à se livrer à l’enseignement. Enfin, il fut nommé principal du collège d’Épinal en 1817 et resta en fonctions jusqu’en 1826. Il mourut à Bains le 31 mai 1833.