1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
ERARD (Françoise-Christiane), fille de Jean Erard de Vagney, conseiller de Madame Elisabeth d’Alençon, abbesse de Remiremont, et d’Anne Majean de Remiremont, veuve des sieurs Robert et Villemain, née à Remiremont le 27 août 1652.
Françoise se voua de bonne heure à la religion et, par sa piété et son mérite, devint supérieure du monastère de Notre-Dame du Refuge de Nancy, où elle prit le nom de Marie-Thérèse.
Elle mourut dans cette ville en odeur de sainteté le 25 décembre 1699.
On peut consulter sur sa vie l’ouvrage suivant : La Vie de la mère Erard, supérieure des religieuses du refuge de Nancy, par M. Hugo, abbé d’Etival, in-8°, Nancy 1717.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
ERARD (Françoise-Chrisante), en religion Marie-Thérèse de la Sainte-Trinité, supérieure du Refuge
Remiremont, 27 août 1652 - Nancy, 25 décembre 1699
Fille de Jean Erard, conseiller de l’abbesse de Remiremont et ancien maire, elle est élevée à l’ombre de l’abbaye par une chanoinesse puis au couvent de la Congrégation Notre-Dame à Épinal, enfin par ses tantes à Mirecourt et à Commercy. Elle manifeste à travers sa piété et son ascétisme, une vocation religieuse qui trouve sa consécration en 1670 par son entrée au couvent du Refuge de Nancy. Devenue Mère Marie-Thérèse de la Sainte-Trinité, elle étonne son confesseur par les raffinements de ses pénitences et son entourage parla bizarrerie de son comportement. En cela, elle se montre la digne émule d’Elisabeth de Ranfaing, sa compatriote et fondatrice de l’ordre du Refuge, décédée en 1649. Elle suit son modèle pas à pas : successivement procureuse du couvent, conseillère, économe, maîtresse des novices, première sacristine, première assistante, elle est élue supérieure en 1690 et sera réélue quatre fois.
Elle continue à surprendre ses soeurs par son zèle pour la pénitence : tantôt elle se charge d’une lourde croix et pénètre au réfectoire en la portant, tantôt elle s’humilie en prenant son repas à genoux aux pieds de toutes les soeurs. Elle est guidée dans sa spiritualité par le Père Épiphane Louys, abbé prémontré d’Étival jusqu’en 1662, puis par le Père Boudon, archidiacre d’Évreux, auteur d’une vie d’Elisabeth de Ranfaing. Cependant, elle ne perd jamais le contact avec la réalité. Elle veille a la subsistance de sa maison, obtient des secours inattendus, agrandit le monastère devenu trop petit et laisse à sa mort un établissement en pleine prospérité.
Bibl. : Hugo (abbé Charles Louis).- Vie de M. Thérèse Erard, Supérieure du Refuge à Nancy.
Dussaux( C.).- Vie mystique au pays vosgien, tome III, p. 158-167.
[Pierre Heili].