O. TRANCHE DE LA HAUSSE

[ Rambervillers (88) , 29/06/ 1833 – Sébastopol (Ukraine) , 26/09/ 1855 ]

sous-lieutenant d’infanterie

Biographie vosgienne

1856 — Annuaire statistique et administratif des Vosges / Charton fils

Sous-lieutenant DE LA HAUSSE.- Arrivé à Kamiesch, le 4 septembre, avec son régiment, le 30e de ligue, de la Hausse assiste le 8 à la prise de Sébastopol. Dès quatre heures du matin, à son poste, il affronte cette canonnade qu’on a qualifiée d’infernale ; à trois heures du soir, il reçoit au bras gauche deux blessures graves qui lui firent quitter le champ de bataille au moment de la victoire. Je n’eus pas, écrivait-il à ses parents, le bonheur d’entrer dans la ville. Et ce fut la seule plainte que lui arrachèrent ses blessures. Avec son bras fracassé, il a le courage héroïque d’aller à pied à l’ambulance divisionnaire, éloignée de plusieurs kilomètres. Bientôt la gravité du mal fait juger l’amputation nécessaire. Là, comme au feu, son courage est le même ; après l’opération il rassemble toutes ses forces pour écrire à ses parents de la seule main tremblante qui lui reste, et pour les rassurer sur son sort.

Mais un ordre supérieur arrive, qui prescrit de transporter tous les blessés à une autre ambulance éloignée de trois lieues. C’est là que peu de jours après, le 26 septembre, une hémorragie interne emporte notre jeune compatriote, qui était aussi bon fils que bon militaire. Avant de mourir, il put encore recevoir les secours de la religion. Sa carrière, pleine d’avenir, fut brisée à son début ; à vingt-deux ans, il était porté pour la croix des braves qu’il avait bien méritée ; il aurait fait honneur à Rambervillers où il était né, où il avait vécu et où il était aimé. Sa mort y a causé une douloureuse impression. Puissent ces témoignages de la sympathie, de l’estime publique, apporter un peu de consolation à son père, dont il faisait le légitime orgueil, et à sa pauvre mère qui l’aimait tant !

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