1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DURKHEIM (David Émile), sociologue
Épinal, 15 avril 1858 - Paris, 15 novembre 1917
Émile Durkheim est tout d’abord élève du collège de sa ville natale, puis du lycée Louis-le-Grand à Paris. Il entre à l’École Normale supérieure avec le numéro II. Il est reçu septième en 1882 au concours d’agrégation de philosophie. Il passe peu de temps dans l’enseignement secondaire et professe la philosophie successivement dans les lycées de Sens, Saint-Quentin et Troyes.
Durant l’année scolaire 1885-1886, il se met en congé et séjourne à Paris, puis en Allemagne. A l’issue de ce voyage, il publie dans la Revue philosophique des articles remarqués qui lui valent d’être chargé d’un cours de science sociale et de pédagogie à la faculté de lettres de Bordeaux en 1887. Il s’agit du premier cours de sociologie ouvert dans l’Université de France. Il soutient ses thèses de doctorat ès lettres à Paris en 1893.
Trois ans plus tard, il est nommé professeur titulaire à Bordeaux. Il est ensuite appelé à la Sorbonne où il est chargé du cours de science de l’éducation le 24 juillet 1902. Il devient professeur en titre de cette matière le 27 juillet 1906. Il enseigne parallèlement la sociologie et la pédagogie. Il professe également à l’École des hautes études sociales. Il fait partie pendant ce temps du Conseil de l’Université de Paris et du Comité consultatif de l’enseignement supérieur.
Durant son existence, Émile Durkheim s’attache tout d’abord à définir ce que l’on entend par morale, qui est pour lui la science des moeurs relatives aux divers types sociaux. Sa thèse principale publiée en 1893 a pour titre De la division du travail social. Il y démontre que l’individu se développe en s’accompagnant d’une dépendance toujours plus étroite à l’égard de la société. Il défend à nouveau ses principes dans son ouvrage intitulé Règles de la méthode sociologique publié en 1894. Il publie de nombreux autres ouvrages philosophiques jusqu’à sa disparition. La guerre le frappe douloureusement en la personne de son fils disparu en 1915 pendant la retraite de Serbie. Il étudie l’origine de ce conflit en collaboration avec son collègue l’historien E. Denis dans l’ouvrage Qui a voulu la guerre ? Les Origines de la guerre, d’après les documents diplomatiques (1915). Il conclut à la culpabilité de l’Allemagne et à la complicité de l’Autriche.
Bibl. : Biographie d’Émile Durkheim, in Larousse mensuel illustré, N° 136, juin 1918, page 469.
[Georges Poull].