1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
LOTHAIRE, roi de France, repoussé du Rhin en 984, jusque dans les Vosges, par Conrad de Souabe, tuteur du jeune Othon III, dont le roi voulait contrarier l’élection, s’y trouve dans une position difficile. Les Français qui s’étaient retirés à la débandade par la voie des Sauniers, s’étaient répandus dans le pays où ils se promettaient un riche butin des dépouillés de l’abbaye de Moyenmoutier. Le roi se voyant pour ainsi dire abandonné par ses troupes dans la cellule de Saint-Erard, près du ruisseau d’Hurbache où il s’était logé, fut obligé de se servir de la publication d’un miracle, qui venait, disait-on, de se passer à Moyenmoutier pour rallier ses troupes.
Dans ce temps les parricides, qui, dans tous les siècles ont fait la honte de l’espèce humaine, n’étaient plus condamnés qu’à un pèlerinage perpétuel de monastère en monastère, les bras et le ventre chargés d’anneaux de fer ; ces misérables traînaient leur infamie d’église en église en attendant que les fers tombassent d’eux-mêmes. Heureux le monastère où ce miracle s’accomplissait ! Celui de Moyenmoutier donna, dit-on, ce spectacle, et en peu de temps il devint le plus riche et le plus peuplé ; chacun se pressait aux portes du sanctuaire pour y attendre la fin du monde et le terrible signal du jugement dernier, qu’on croyait généralement très prochain. Lothaire se servit donc de ce moyen, et aussitôt que ses soldats eurent connaissance de ce fait, ils se rallièrent immédiatement, saisis d’épouvante, osant à peine regarder les tours de l’abbaye qu’ils voulaient piller quelques instants avant.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
LOTHAIRE.- En 864, on vit [dans les Vosges] le triste Lothaire, roi de Lotharingie, avec sa trop fameuse Valdrade.
Celle-ci, après la mort de l’infortuné prince, qui lui avait sacrifié sa conscience et son repos, vint se réfugier au monastère d’Avend, et y ensevelir, sous le voile de la pénitence, sa fatale beauté.