Jean-Baptiste Sébastien KRANTZ

[ Dinozé (88) , 17/01/ 1817 – Paris (75) , 13/03/ 1899 ]

ingénieur

Sénateur. Commissaire général de l’Exposition Universelle de 1878. Grand Officier de la Légion d’Honneur (1878).

Biographie vosgienne

1886 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

KRANTZ Jean-Baptiste.- Né à Dinozé le 17 janvier 1817, ingénieur, ancien député, élu sénateur inamovible par l’Assemblée nationale en décembre 1875.

Siège au centre gauche.

[Annuaire 1886, p. 180].

Rue La Bruyère, 47, à Paris.

[1890, p. 166].

Siège au centre gauche.

[1892, p. 156].

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

KRANTZ (Sébastien Jean-Baptiste).- Né à Dinozé (alors commune d’Arches, aujourd’hui commune de Saint-Laurent), il appartient à une ancienne famille industrielle du département qui compte des membres marquants dans diverses carrières. L’un d’eux, Nicolas Krantz, fabricant de papier à Docelles, fut, en novembre 1792, administrateur du département des Vosges ; la plupart se sont voués à l’industrie dans le département.

Sébastien Krantz, né le 17 janvier 1817, fut élève de l’École polytechnique en 1836, élève de l’École des ponts et chaussées en 1838, et en sortit ingénieur ordinaire de 2e classe en 1840 ; élevé à la 1ère classe en 1843. Ingénieur en chef des ponts et chaussées en 1864, il fut employé dans le département de l’Ardèche et nommé chevalier de la Légion d’honneur.

A l’Exposition universelle de Paris, en 1867, M. Krantz fut chargé, par le commissaire-général Le Play, de construire le palais de l’Exposition et mérita à cette occasion des éloges pour l’aménagement intérieur ; il fut en récompense nommé officier de la Légion d’honneur, le 30 juin 1867. Il fut ensuite attaché au service de la navigation fluviale du département de la Seine, et inventa en 1868 un barrage mobile pour élever le niveau des eaux et faciliter le cabotage. Pendant le siège de Paris, en 1870, M. Krantz fut nommé colonel du génie auxiliaire et mit en état de défense une partie de l’enceinte de la capitale et la plaine Saint-Denis. Le jour de la bataille de Champigny, 30 novembre 1870, il fit jeter des ponts sur la Marne et rendit de grands services qui lui valurent, le 8 décembre 1870, le cordon de commandeur de la Légion d’honneur. Il fit aussi construire des moulins à vapeur qui permirent d’utiliser, pour l’alimentation de la ville assiégée, toutes les céréales qui s’y trouvaient emmagasinées.

Aux élections générales du 8 février 1871, M. Krantz obtint, dans le département de la Seine, 61 081 voix sans être élu. Mais aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fut élu député de la Seine, le 14e sur 21, par 108 319 voix; à l’Assemblée nationale, il vota avec le parti républicain modéré et prit une grande part aux discussions techniques : chemins de fer, routes, navigation, etc.

Le 10 décembre 1875, il fut élu, par l’Assemblée, sénateur inamovible, par 367 voix sur 690 votants. Au Sénat, M. Krantz siégea au centre gauche et vota parfois avec le centre gauche dissident qui se sépare de la fraction républicaine du Sénat.

Le 5 août 1876, il fut nommé commissaire général pour l’Exposition universelle de 1878 et éleva en dix-huit mois les bâtiments du Champ-de-Mars et du Trocadéro ; il mérita pour ces travaux et obtint, le 20 octobre 1878, la dignité de grand-officier de la Légion d’honneur.

Admis à la retraite, le 12 février 1877, il a reçu le titre d’inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées.

M. Krantz a publié plusieurs brochures sur des sujets techniques. Outre son grade dans la Légion d’honneur, il est officier de l’instruction publique et dignitaire d’un grand nombre de décorations étrangères.

Son fils Camille, ingénieur des arts et manufactures, est maître des requêtes au Conseil d’État et chevalier de la Légion d’honneur.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

KRANTZ Jean-Baptiste-Sébastien, ingénieur des Ponts et chaussées, homme politique
Dinozé, 18 janvier 1817 - Paris, 13 mars 1899


Jean-Baptiste Krantz. Fils de Dominique-Nicolas Krantz, il entre à l’école polytechnique en 1836 puis à celle des Ponts et Chaussées en 1838 et en sort ingénieur deux ans plus tard.

Ouvert aux idées de Fourier, il fait paraître en 1847 deux fortes brochures sur un Projet de création d’une armée des Travaux publics et une  Étude sur l’application de l’armée aux travaux d’intérêt public.

Candidat malheureux aux élections législatives du 13 mai 1849 en Seine-et-Marne avec des idées socialistes, il demande la garantie du droit au travail, un travail organisé, l’association libre et volontaire et la prévoyance sociale étendue à tous les faibles. Républicain discret sous l’Empire, il devient ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en 1864 et travaille dans le département de l’Ardèche.

A l’Exposition Universelle de Paris en 1867, il est chargé par le commissaire général Le Play de construire le palais de l’Exposition et obtient alors de vifs éloges pour son aménagement intérieur. Attaché au service de la navigation fluviale du département de la Seine, il invente, en 1868, un barrage mobile pour élever le niveau des eaux et faciliter le cabotage.

Pendant le siège de Paris, il est nommé colonel du génie auxiliaire et met en état de défense une partie de l’enceinte de la capitale et la plaine Saint-Denis. Le jour de la bataille de Champigny (30 novembre 1870), il fait jeter des ponts sur la Marne qui rendent de grands services. Il fait aussi construire des moulins à vapeur pour l’alimentation de la ville assiégée.

Après un premier échec aux élections législatives du 8 février 1871, il se présente aux complémentaires du 2 juillet 1871 et est élu député de la Seine, 14e sur 21 avec 108 000 voix. A l’assemblée, il siège dans les rangs des républicains modérés et prend une grande part aux discussions techniques : chemin de fer, routes, navigation... Sénateur inamovible le 10 décembre 1875, il siège au centre gauche. Le 5 août 1876, il est nommé commissaire général pour l’Exposition Universelle et fait élever, en 18 mois, les bâtiments du Champ-de-Mars et du Trocadéro.

Admis à la retraite le 12 février 1877, il reçoit le titre d’inspecteur-général honoraire des Ponts et Chaussées.


Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 450-451.
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, publié sous la direction de Jean Maitron, Paris : Les Éditions ouvrières, 1964-1989, tome II, p. 397-398.
Robert.- Dictionnaire des Parlementaires français (1889-1940), tome III, p. 469-470.


[ Pierre Heili ]

Nouvelle recherche