1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
CHANTAIRE (Pierre Laurent).- Né à Mirecourt le 27 novembre 1743, il était fils d’un conseiller à l’Hôtel de ville ; il fut conseiller au bailliage royal et présidial de Mirecourt.
Le 31 mars 1789, il fut choisi comme député du Tiers-état des bailliages des Vosges, réunis à Mirecourt et fut ainsi, en juin suivant, député à l’Assemblée Constituante. Il ne fut pas réélu député depuis.
Le 4 septembre 1791, il fut nommé, par les Vosges, haut-juré près la haute cour nationale. Lors de la réorganisation de la magistrature, en 1800, il devint commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Mirecourt, titre qu’il échangea peu après contre celui de procureur impérial, mais il exerça peu de temps ces fonctions.
Chantaire est mort à Mirecourt, le 18 avril 1814.
[
Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CHANTAIRE (Pierre Laurent), conseiller du roi, législateur et magistrat
(Mirecourt, 27 novembre 1743 - Mirecourt, 18 avril 1814)
Fils d’un conseiller à l’hôtel de ville de Mirecourt, il devient lui-même le 21 octobre 1772 conseiller du roi au bailliage et siège présidial de cette ville. Le 31 mars 1789, il est élu député du Tiers-État pour représenter le bailliage de Mirecourt aux États Généraux. Après la dissolution de l’Assemblée constituante, il est élu haut-juré du département des Vosges près de la Haute-Cour avec 209 voix, mais il ne siège pas.
Membre du conseil d’administration du district de Mirecourt en 1793, il termine sa carrière comme commissaire du gouvernement près le tribunal civil de sa ville natale.
Bibl. : Robinet, p. 375.
Mathieu (A.).- p. 294.
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Pierre HEILI
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
CHANTAIRE Pierre (Laurent)
(27 novembre 1743, Mirecourt – 18 avril 1814, Mirecourt)
• Député des Vosges de 1789 à 1791.
• Magistrat.
• Célibataire.
Le 31 mars 1789, Pierre Chantaire est élu député du tiers-État aux bailliages des Vosges réunis à Mirecourt. Contrairement à d’autres départements de France, son élection se déroule avec beaucoup d’ordre et de calme. Pierre Chantaire est donc l’un des premiers députés vosgiens. Son élection mérite d’être rapportée.
Le règlement sur les élections aux États généraux est signé par le roi le 7 février 1789. Comme le nombre des bailliages en Lorraine est trop considérable, on décide que les électeurs de chacun d’eux fusionnent dans quatre bailliages correspondant à la Lorraine propre, la Vôge, la Lorraine allemande et le Barrois, Nancy, Mirecourt, Sarreguemines et Bar. C’est au bailliage de Mirecourt que s’effectue la réduction des électeurs des autres bailliages de la Vôge et l’élection définitive des députés aux États généraux.
Il doit y avoir 36 députés des trois ordres pour toute la Lorraine. Le bailliage de Mirecourt pour sa part, a à nommer 2 députés du clergé, 2 de la noblesse et 4 du tiers-État. Pierre Chantaire représente le tiers-État aux côtés du futur maire de Saint-Dié, de Charles Petitmengin, de Jean-Claude Cherrier et François Fricot. Ses compagnons pour le clergé sont : l’abbé carpinien Joseph Galland, représenté comme un prêtre austère, l’abbé darnéen Louis Godefroy, et pour la noblesse deux maréchaux de camp : le comte de Toustain de Viray et Thibault de Ménoville.
De tous les députés vosgiens du Tiers, c’est Pierre Chantaire qui intervient le plus souvent. Réélu en juin suivant député de l’Assemblée constituante, Pierre Chantaire ne conserve pas ce poste par la suite. Fidèle à sa ville de Mirecourt, il y décède ; là, où il voit le jour.
Devenu magistrat, député et influent ce personnage est d’ascendance modeste. Son grand-père est cordonnier. Un jour de 1706, âgé de trente-six ans et déjà père de quatre enfants (il en a dix en tout), ce dernier achète à crédit une maison assurément délabrée. L’aïeul travaille dur, aidé sans doute par ses enfants, dont François, cordonnier comme lui. Ce second Chantaire est déjà ce que l’on appelle alors un bourgeois, puisqu’il est l’un des cinq conseillers à l’hôtel de ville de Mirecourt. Une telle charge s’achète et suppose d’avoir une certaine fortune. Dans la belle bâtisse rénovée du cordonnier devenu notable est donc né, le 27 novembre 1743 Pierre Chantaire.
La famille Chantaire est un bon exemple de l’émergence d’une classe sociale qui prend toute son influence et toute sa place en faisant la Révolution de 1789. Pierre-Laurent Chantaire ne sera pas cordonnier. À cette période, déjà âgé de quarante-cinq ans, il est avocat et pas n’importe quel avocat. Tout le monde le connaît à Mirecourt où il occupe une fonction plus importante encore que celle de son père. Lors de la réorganisation de la magistrature, en 1800, il devient commissaire du gouvernement près du tribunal civil de Mirecourt ; titre qu’il échange peu après contre celui de procureur impérial. Son action est au demeurant brève. Il meurt le 18 avril 1814. Pierre Chantaire reste donc toute sa vie à Mirecourt, sauf bien entendu du printemps 1789 à la fin de 1791 où sa députation à la Constituante le retient à Paris.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]