GÉLIOT (Nicolas).- Né à Selongey (Côte-d’Or), le 24 mai 1805, il s’établit manufacturier à Plainfaing, où il devint commandant de la garde nationale en 1848, puis maire ; il fut conseiller général des Vosges pour le canton de Fraize, depuis 1855 jusqu’en 1870.
En 1867, à la mort de M. de Ravinel père, il fut choisi comme candidat officiel par l’empire et fut élu député au Corps législatif pour la 3e circonscription des Vosges contre M. Charles de Ravinel, fils de son prédécesseur. Les 23 et 24 mai 1869, il fut réélu député des Vosges dans la 3e circonscription par 16 295 voix contre 14 792 à M. Charles de Ravinel, 108 à divers candidats et 29 bulletins nuls. Il était chevalier de la Légion d’honneur.
Quand il revient dans les Vosges, la fabrication des métiers à tisser mécaniques et des multiples machines textiles produites par cette entreprise n’a plus de secret pour lui. Il décide donc de devenir manufacturier. En 1835, il fait construire à Habeaurupt, section de Plainfaing, une filature actionnée par une roue hydraulique dont le diamètre atteint 11,80 mètres. Quelques années plus tard, il crée une autre usine semblable à l’emplacement de la papeterie de Plainfaing. La filature qu’il fonde à Fraize à partir de 1857 est plus importante. Pendant ce temps, trois tissages sont édifiés suivant ses directives à Plainfaing. Quand tous ces travaux sont terminés, il est devenu l’un des principaux manufacturiers des Vosges. En 1860, ses usines renferment 32.000 broches et 684 métiers à tisser.
En 1848, Nicolas Géliot devient commandant de la Garde nationale, puis maire de Plainfaing. Au début du Second Empire, le préfet des Vosges note que l’on peut lui faire confiance. Il s’est donc rallié à Napoléon III. En 1855, il est élu conseiller général du canton de Fraize. Il conserve ce mandat jusqu’en 1870. A la suite de la disparition du baron de Ravinel, il est choisi comme candidat officiel pour le remplacer. Il est facilement élu député au Corps législatif dans la troisième circonscription des Vosges contre Charles de Ravinel, fils de son prédécesseur. Il est réélu député des Vosges les 23 et 24 mai 1869. Son mandat se termine le 4 septembre 1870.
A cette époque, en compagnie de Nicolas Claude et Edgar Aimé Seilllère, il milite pour que le gouvernement impérial abolisse le régime des importations temporaires qui entravent le fonctionnement des usines textiles vosgiennes. Il préside d’autre part le Comice agricole de l’arrondissement de Saint-Dié de mai 1868 à juin 1871. Les désastres occasionnés par la guerre de 1870-1871 le marquent cruellement. Sa santé s’altère et il est frappé d’apoplexie dans la nuit du 1er au 2 août 1873.
Marie-Rose Deparis, son épouse, lui donne les enfants suivants :
- Henri Géliot (juillet 1842 - janvier 1899), directeur des Établissements Flageollet à Vagney-Zainvillers, puis fondateur d’un important groupe textile à Saint-Étienne-lès-Remiremont,
- Adrien Géliot,
- Louis Géliot,
- Marie Berthe Géliot, épouse d’Émile Gillotin, capitaine du génie, puis directeur général des Établissements N. Géliot et fils à Plainfaing.
Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne 1765-1981, p. 329, 330, 379 et 380.
GÉLIOT Nicolas
(24 mai 1805, Selongey, Côte d'Or - 5 août 1873, Plainfaing)
• Maire de Plainfaing
• Conseiller général du canton de Fraize de 1855 à 1871
• Député des Vosges de 1867 à 1870
• Manufacturier
• Marié, quatre enfants
Véritable père de l'industrie cotonnière dans la vallée de la Haute-Meurthe, Nicolas Géliot est lié à la prospérité économique de la région de Fraize. Nicolas Géliot est né en Côte-d'Or à Selongey et, très jeune, il vient résider dans les Vosges à Saint-Dié avec ses frères. Âgé d'une douzaine d'années, il est élevé au foyer de son oncle maternel et parrain, le général Guye (1778-1835). Celui-ci, fils d'un aubergiste du Jura, fait glorieusement toutes les campagnes de la Révolution. Chef de bataillon, il se distingue à Austerlitz sous les ordres de Joseph Bonaparte, frère de l'Empereur. Il l'accompagne en 1888 en Espagne, sa nouvelle couronne et y fait campagne. Le général Guye est à la tête en 1815 d'une division à Waterloo. Mis en non activité au retour des Bourbons, il se retire à Saint-Dié où il se marie. Le général Guye devient à cette occasion maire de la ville de 1829 à 1830. À cette date, l'officier reprend du service sous le gouvernement de Louis-Philippe et décède à Saint-Dié en 1835.
Quant à Nicolas Géliot, hôte de son parent, il effectue ses études au collège déodatien. Il s'y fait remarquer par son intelligence et son esprit ouvert, pénétrant et curieux. Ses goûts le portent vers la mécanique. À l'issue de la période durant laquelle il complète ses connaissances dans ce domaine, en travaillant dans les ateliers de la maison Stehelin, de Bitschwiller-lès-Thann, le neveu du général revient dans les Vosges. À cette époque, il dirige une exploitation de tourbes sur les Hautes-Chaumes. Dans la vallée de la Haute-Meurthe, existe déjà un tissage de 150 métiers, construit en 1818 par une maison de Mulhouse, au lieu-dit Les Fougères. C'est le plus ancien établissement industriel de la contrée. Peu d'années après, s'ouvre à la Truche un second tissage exploité aussi par une firme alsacienne.
Au cours de ses visites dans le pays, Nicolas Géliot est frappé par la force hydraulique non employée, que peuvent fournir les cours d'eau à pente rapide de la montagne, qui font mouvoir jusqu'alors, moulins et scieries. L'exemple de ses devanciers lui prouve, qu'il trouvera une main-d'œuvre abondante dans un pays difficile où les habitants vivent péniblement de la culture. Le jeune ingénieur a trente ans, quand en 1835, il achète au dénommé Fleurent, le moulin de Habeaurupt pour y installer sa première filature, équipée de machines des ateliers de Bitschwiller et commanditée par les industriels alsaciens. En 1837, l'usine démarre. C'est un début modeste, quelques milliers de broches. Toutefois, l'entreprise prend de l'extension. Douze années plus tard, Nicolas Géliot acquiert la papeterie de Plainfaing qu'il transforme en filature.
Devenu en 1852, maire de Plainfaing, il entreprend à la même époque la construction du tissage de la Croix-des-Zelles. Descendant la vallée, l'industrie textile s'installe maintenant à Fraize. La filature de Habeaurupt est incendiée en 1891 (dont le directeur Dubach, grièvement brûlé par les flammes, succombe trois jours plus tard) ; à son tour, celle de Fraize est accidentellement détruite par le feu en 1899. L'une et l'autre de ces usines sont immédiatement reconstruites sous forme d'imposants bâtiments à plusieurs étages, dotés des machines les plus modernes. Outre sa fonction de premier magistrat plainfinois, Nicolas Géliot succède à Jean-Claude Batreimex au siège de conseiller général du canton de Fraize. Une fonction qu'il assume jusqu'en 1871, parallèlement à celle de député de 1867 à 1870.
Décoré de la Légion d'honneur, l'industriel préside le comice agricole de l'arrondissement de Saint-Dié. Les désastres de 1870 l'ont marqué cruellement, le spectacle de l'invasion allemande et les événements politiques qui l'accompagnent altèrent sa santé. Frappé d'une attaque d'apoplexie dans la nuit du 1er au 2 août 1873, il décède à Plainfaing, le 5 août suivant. Nicolas Géliot a donné son nom à Marie-Rose Deprais, qui disparaît en mars 1882. Leurs enfants sont Henri, Adrien, Louis et Marie-Berthe.