Maurice POTTECHER

[ Bussang (88) , 19/10/ 1867 – Fontenay-sous-Bois (94) , 16/04/ 1960 ]

homme de lettres

Fondateur du Théâtre du Peuple de Bussang.

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

POTTECHER Maurice.- Né à Bussang. Frère du précédent [Alfred Benjamin POTTECHER].

Homme de lettres.

Membre de l’Association vosgienne de Paris.

M. Maurice Pottecher est l’innovateur des théâtres en plein air, dits Théâtres du Peuple, qui furent inaugurés en 1896, à Bussang, au milieu d’une affluence considérable de spectateurs. Il a adopté pour devise : Par l’art, pour l’humanité.


1960 — Le Pays lorrain

M. Pottecher.- Maurice Pottecher s’est éteint dans sa 93e année chez sa fille à Fontenay-sous-Bois.

Ce grand poète et dramaturge lorrain était né à Bussang le 19 octobre 1867. Il fit ses études à Epinal puis à Paris où il se tourna vers le monde des lettres et du théâtre, fréquentant en particulier Alphonse Daudet, Jules Renard, Romain Rolland, Verlaine, Paul Claudel.

Il épousa Mlle de Saint-Maurice, appelée au théâtre Georgette Camée et aujourd’hui encore Tante Camm, décédée en novembre 1957.

Le caractère entier de Maurice Pottecher le détourna des intrigues de théâtre pour se rapprocher de la nature de ses chères Vosges, et du peuple. Ses idées humanitaires lui firent construire son propre théâtre, où, d’année en année, la foule vint applaudir des pièces puisées dans le folklore qui faillirent mener M. Pottecher à l’Académie Goncourt.

Son théâtre sans concession à la mode sera continué par Pierre-Richard Wilm, Mme Kiener et maints disciples du grand disparu.


[ Le Pays Lorrain , 1960, N° 2, p. 93 ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

POTTECHER (Maurice), manufacturier et homme de lettres
Bussang, 19 octobre 1867 – Bussang, 16 avril 1960


Maurice Pottecher est le fils de Benjamin Pottecher, manufacturier, et le neveu de Nicolas Claude, fondateur du Syndicat cotonnier de l’Est. Il fait ses études au collège d’Epinal en même temps que René et Henri Perrout, puis se rend à Paris pour devenir homme de lettres. Il fréquente Alphonse Daudet, Jules Renard, Marcel Schwob, Léon Daudet, Romain Rolland, Georges Suarès, les frères Rosny, Verlaine et plus tard Paul Claudel dont il sera l’un des meilleurs amis. Il assure la critique littéraire de La Petite République, mais le théâtre l’attire et il revient à Bussang pour créer son fameux Théâtre du Peuple en 1895.

Deux ans plus tard, il fait construire près du saut des Cuves, à proximité de Gérardmer, une salle de spectacle identique.

Il écrit lui-même les pièces que des acteurs bénévoles jouent sur les scènes de ces cathédrales de l’Esprit construites au milieu des sapins : Le Diable marchand de goutte, Le Château de Hans, Jean de l’Ours, L’Anneau de Sakountala, C’est le vent et Liberté.

A Paris, il est accueilli au Théâtre de l’Odéon, à la Comédie-Française et au Gymnase. Pressenti par Gérard Bauer pour faire partie de l’Académie Goncourt, il refuse en prétextant qu’il est trop âgé.

En 1921, il reçoit à Bussang un jeune acteur qui commence à percer : Louis Jouvet. A cette époque, la troupe de Maurice Pottecher compte un excellent décorateur, costumier, peintre, metteur en scène et acteur : Pierre Richard-Wilm, amené dans les Vosges par le fils de Maurice, Jean Pottecher, tué à la fin de la Grande Guerre.

Quand Maurice Pottecher disparaît, il est inhumé à Bussang près de son épouse Tante Camm, surnom qui lui vient de son nom de théâtre Georgette Camée. A l’issue d’une carrière artistique bien remplie, celle-ci est morte le 15 novembre 1957. Frédéric Pottecher, journaliste, chroniqueur judiciaire et homme de lettres, est le neveu de Maurice Pottecher.


Bibl. : Poull (G.).– Les Vosges, Ed. France-Empire, 1985, p. 322 à 323.
Journaux La Liberté de l’Est et L’Est Républicain (nombreux articles).
Jeanclaude (Georgette).– Un poète précurseur, Maurice Pottecher et le Théâtre du Peuple.– Bussang, 1960, p. 271.


[Georges Poull.]





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