1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
VAULOT (Claude Ferdinand VAULLOT ou).- Né à Selles (Hte-Saône), le 10 octobre 1767, il s’établit maître de forges à Mortagne, avec son beau-père, Colombier, et fut élu député des Vosges en avril 1828, après l’annulation des élections de 1827 ; il fut l’un des 221 qui votèrent l’adresse de blâme au roi Charles X.
Réélu député en juin 1830 et en juillet 1831, il renonça à la vie politique en mai 1834 et fut remplacé par son gendre, Auguste Doublat.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Brouvelieures, il le représenta jusqu’en 1839, où il céda aussi son siège à Auguste Doublat.
Vaulot mourut à Mortagne, le 22 avril 1841.
[
Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
VAULOT (Claude-Ferdinand) , maître de forges, député des Vosges
Selles (Haute-Saône), 10 octobre 1767 – Mortagne, 22 avril 1841
Établi maître de forges à Mortagne avec son beau-père Colombier, Claude Vaulot est élu député des Vosges le 21 août 1828. Ayant choisi le parti constitutionnel, il est l’un des 221 qui votent l’adresse du roi.
Il est réélu le 23 juin 1830, participe à l’établissement de la Monarchie de Juillet, est réélu le 5 juillet 1831 par le collège électoral de Saint-Dié et siège avec la majorité conservatrice jusqu’aux élections de 1834, où il est remplacé par son gendre Auguste Doublat qui, en 1839, lui succède aussi au Conseil général des Vosges où Vaulot représentait le canton de Brouvelieures depuis 1817.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 525.
Robert.- Dictionnaire des parlementaires français 1789–1889, tome V, p. 493.
Dumont (J.-M.).- Guide des Archives des Vosges, p. 151 et 161.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
VAULOT Ferdinand (Claude)
(10 octobre 1767, Selles, Haute-Saône - 24 avril 1841, Brouvelieures)
• Maire de Brouvelieures
• Conseiller général du canton de Brouvelieures de 1833 à 1839
• Député des Vosges de 1828 à 1834
• Maître de forges
• Marié, un enfant
Les anciennes papeteries de Genavoid et de Regner-Void près de Rambervillers, détruites pendant la guerre de Trente Ans, deviennent ensuite des forges relativement importantes. Regner-Void, en 1773, appartient à Pierre Listrac, gendarme du Roy, en quartier à Lunéville. Il vend la forge avec toutes dépendances en 1776 à Joseph Colombier, originaire de Brixey-aux-Chanoines (Meuse), déjà propriétaire des forges de Mortagne, près de Brouvelieures et de la manufacture d'acier de Bains-les-Bains. Le gendarme du Roy, qui achète cette propriété sans doute comme agréable gentilhommière, se soucie peu de la forge proprement dite. Elle est en effet assez délabrée et le nouveau maître doit remettre à neuf tout le matériel. Les feux sont alimentés au charbon de bois provenant des forêts de la région et l'eau de la Mortagne actionne les souffleries et les martinets.
Joseph Colombier, une très forte personnalité de la région, a acquis à la même époque au sud-est de Rambervillers, à l'écart de la route de Saint-Gorgon, la forge de Genavoid, dite aussi des Jacquot, du nom des propriétaires primitifs. Très ancien site industriel, Genavoid, avant de devenir moulin à papier, est déjà une forge, et c'est vers 1494 que les Barbois, ses possesseurs l'ont mutée en papeterie. Quand Joseph Colombier l'achète, la forge est composée d'une affinerie et d'un martinet, le tout en médiocre état, comme Regner-Void. Suite à de nombreux aménagements, la forge est prospère. La métallurgie est, à la veille de la Révolution, la principale industrie du département des Vosges.
En 1795, Joseph Colombier et sa femme décident de partager leurs biens entre leurs enfants. Genavoid échoit à Joseph Alexis, leur plus jeune fils, qui épouse plus tard Anne-Françoise Renaud, la fille du propriétaire des cristalleries de Baccarat. Joseph-Alexis Colombier est un personnage pittoresque. Passionné par le dressage des chiens, c'est dans un véhicule attelé de chiens danois qu'il vient faire sa cour à Baccarat. La mort prématurée de son épouse et une situation professionnelle délicate l'obligent à vendre Genavoid en 1817, à Victor et Claude Gouvernel de Charmes, qui l'exploitent par la suite. Victor Gouvernel est maire, conseiller général de Charmes. Quant à Regner-Void, la forge est donnée à Pierrette Colombier, épouse de Nicolas Sautré, déjà associé de son beau-père. Joseph Colombier a un autre fils, Ferdinand, et une seconde fille, Marie-Louise. Dans le partage des biens, outre ceux cités auparavant, Ferdinand reçoit la tréfilerie d'Autrey créée dans la chapelle de l'ancienne abbaye. En l'absence de minerai et bien que l'eau et le bois sont en abondance sur place, les fontes sont importées. Leur prix, ajouté à celui du transport et des taxes au passage des frontières provinciales alourdissent considérablement les coûts de production. Pourtant, la qualité des fers produits assure les débouchés. Les fils de fer d'Autrey sont utilisés en Picardie, en particulier pour la fabrication de cordes à piano. Quant à Marie-Louise Colombier, elle obtient la forge de Mortagne.
Elle épouse le 10 février 1793 à Brouvelieures Ferdinand Vaulot, natif de la Haute-Saône, fils de François Vaulot et d'Anne-Thérèse Doyen. Voilà comment, Ferdinand Vaulot, grâce à son mariage se trouve à la tête des forges de Mortagne. Sa notoriété naissante, le prestige de son beau-père, le succès de son entreprise, lui ouvrent les portes des scènes politiques. Ferdinand Vaulot est nommé maire, conseiller général du canton de Brouvelieures en 1817 (nommé, puis élu en 1833) et député des Vosges de 1828 à 1834. Le maître de forges quitte les joutes électorales et démissionne, le 11 août 1839, de son mandat vosgien. Sa fille prend pour époux Auguste Doublat et celui-ci devient à son tour maître de forges à Mortagne, conseiller général et député des Vosges. Le petit-fils de Ferdinand Vaulot, Louis-Alfred Doublat perpétue la tradition familiale et siège lui aussi au conseil général des Vosges jusqu'en 1880. Louis-Alfred Doublat est le dernier maître de forges de Mortagne. Ainsi se clôt le règne industriel d'une longue dynastie. Ferdinand Vaulot s'éteint le 24 avril 1841.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]