Second fils de Louis Sadoul et de Pauline Meyer (mariés le 6 janvier 1869 à Saint-Dié-des-Vosges, le frère aîné Louis est né en février 1870), il naît le 24 mai 1872 à Raon-l’Étape (Vosges).
1879
Décès de son père, le 12 septembre, à Raon-l’Étape, à l’âge de 38 ans. Il était conseiller général du canton.
1899
Le 24 octobre, il prend pour épouse à Raon-l’Étape la jeune Anna Claude, 21 ans.
1930
Décès à Nancy le 15 décembre : il est âgé de 58 ans.
1957
Décès le 1er septembre à Raon-l’Étape de Madame Charles Sadoul à 79 ans (elle était née le 27 juillet 1878 à Celles-sur-Plaine (Vosges).
Notices documentaires
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SADOUL (Charles), écrivain, ethnologue, conservateur du musée lorrain à Nancy
Raon-l’Étape, 1872 – Nancy, 15 décembre 1930
Il est le fils cadet d’Adrien Sadoul (Raon-l’Étape, 1841 – Raon-l’Étape, 13 septembre 1879), brasseur et adjoint au maire de Raon, conseiller général de 1871 à 1879.
Après ses études secondaires à Nancy, Charles Sadoul aborde les études de droit à Nancy et il obtient son doctorat avec un sujet qui indique déjà son orientation de chercheur lotharingiste : Essai historique sur les institutions judiciaires des duchés de Lorraine et de Bar avant les réformes de Léopold 1er (Nancy, 1898).
Il effectue son service militaire dans l’artillerie en 1893 puis, rendu à la vie civile, il prend un portefeuille d’assureur, mais sa passion le porte aux contacts avec les gens de la campagne et de la ville, où il recueille les usages, les traditions, les chansons, les récits ou fiauves, puis les objets qui appartiennent à ce que l’on nommait alors le folklore régionaliste.
En 1904, il crée Le Pays lorrain, revue régionale bimensuelle à laquelle collaborent écrivains, artistes, historiens, ethnographes, puis en 1906 La Revue lorraine illustrée, sur le modèle de La Revue alsacienne illustrée, qu’il consacre aux villes, aux châteaux.
Nommé conservateur au Musée lorrain le 2 décembre 1910, il y développe le département Arts et Traditions populaires de manière exemplaire. L’essentiel de ses recherches est publié dans les revues qu’il a créées et dans la série L’Art populaire en France, dirigée par son collègue alsacien A. Riff. Mais, soucieux de faciliter le travail des érudits, il s’applique à une tâche ingrate : établir les tables des grands périodiques lorrains publiés par l’académie de Stanislas de Nancy, de la société d’archéologie lorraine, du Pays lorrain, de la société philomatique vosgienne. Il compose le recueil Le Mobilier lorrain dans la collection L’Art régional en France.
Dans la vaste demeure familiale de Raon-l’Étape, il rassemble mobilier, faïences et livres lorrains. Malheureusement, en 1944, la plus grande partie de ces richesses disparaît dans un incendie accidentel allumé par les troupes américaines. Ce qui a été sauvé des livres de Charles et Georges Sadoul constitue un fonds à la bibliothèque municipale de Saint-Dié.
A Raon-l’Étape, dont il est conseiller général du canton de 1919 à son décès, il fonde et préside un comité cantonal d’hygiène sociale, doté en 1923 d’un dispensaire. Dès 1920, s’appuyant sur le comité américain des régions libérées, il avait fait ouvrir une consultation de nourrissons.
Membre de la plupart des sociétés savantes de Lorraine et de divers organismes culturels, il avait reçu la Légion d’honneur des mains du Maréchal Lyautey le 27 mars 1930.
Il est inhumé à Raon-l’Étape le 17 décembre 1930.
De son épouse Anne Claude, il a cinq enfants, dont deux garçons : Paul, professeur à la faculté de médecine de Nancy, et Georges, historien de cinéma (voir à ce nom), et trois filles.
Bibl. : Le Pays Lorrain, 1931, p. 5-71.
Ohl des Marais (A).- Histoire chronologique de la Principauté de Salm, p. 235.
Baldensperger (F.).- Charles Sadoul, in Revue Lorraine illustrée, 1931.
Charles Sadoul consacre toute sa vie à La Lorraine, à sa Lorraine. Né à Raon l'Étape, il est le second fils d'Adrien Sadoul et de Pauline Meyer. Il fréquente le lycée, puis la faculté de droit de Nancy. Dès lors, une grande œuvre requiert la majeure partie de son temps : Le Pays Lorrain. Il devient entre autres l'ami du Carpinien Maurice Barrès. C'est un régionaliste convaincu, un fervent Lorrain, comme il le disait lui-même. Bercé dans le milieu politique et littéraire, Charles Sadoul a le grand honneur de côtoyer auprès de ses parents un autre illustre vosgien, le Déodatien Jules Ferry. Si Nancy est sa ville d'adoption, il chérit par-dessus tout sa ville de Raon-l'Étape. Membre de l'Académie Stanislas, Charles Sadoul se lance à l'aube du XXe siècle, dans une grande aventure, la création d'une revue régionale. En 1904, c'est la fondation du Pays Lorrain et deux ans plus tard, de la Revue Lorraine Illustrée.
Après la Grande Guerre, il reprend la publication de sa revue. Avec Maurice Barrès, il fait de la propagande française en Sarre, s'occupe activement du mouvement luxembourgeois, s'efforce de resserrer les liens entre Metz et l'Alsace. Aussi, en décembre 1919, Victor Brajon, ancien maire raonnais, et Constant Verlot, président du conseil général et député des Vosges, le sollicitent pour lui offrir une candidature au nom des maires du canton de Raon-l'Étape. Le poste de conseiller est laissé vacant par Émile Fleurent. À cette date, Anna Sadoul raconte la vie de son mari : Pour lui, c'est reprendre la place de son père et tâcher, comme lui, de faire du bien à son cher Raon. Mais, je le voyais déjà pris par tant de choses que je redoutais un surcroît de fatigues et, je tâchai de l'empêcher de se présenter. Ce fut, je crois, le seul dissentiment grave de notre ménage. Mais je dus m'incliner devant la volonté de Charles. Le succès est immédiat.
Réélu en 1925, Charles Sadoul prend la décision de ne plus se représenter six ans plus tard en raison de son état de santé précaire. La campagne électorale est très éprouvante. Il veut réaliser l'union des partis, relever son canton des ruines de la guerre, y faire du bien et faire de la politique au sens noble du terme. Les générosités américaines et l'appui de Constant Verlot lui permettent d'organiser, dès 1920, dans son canton, des consultations de nourrissons. Il reprend également ses conférences sur la chanson lorraine et y ajoute une conférence sur la cuisine régionale. Rien de ce qui touche à la Lorraine ne lui est étranger. En 1924, Charles Sadoul doit aller faire une saison au Mont-Dore pour soigner un emphysème naissant. Cependant, il ne se ménage pas, ne prend aucune précaution, c'est contraire à sa nature.
Cinq ans plus tard, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, par le ministère de l'Instruction publique, décoration remise par le maréchal Lyautey. Cependant, sa santé s'altère de jour en jour et son emphysème augmente. Le 11 décembre 1930, il s'alite, frappé d'une congestion pulmonaire. Le lundi 15 décembre, Charles Sadoul s'éteint à son domicile nancéien et repose depuis au cimetière de Raon-l'Étape. Le 24 octobre 1899, il avait épousé Anna Claude, née le 27 juillet 1878 à Celles-sur-Plaine (Vosges). Issue d'une famille de cinq enfants, madame Charles Claude-Sadoul est la nièce de Nicolas Claude, futur manufacturier à Saulxures-sur-Moselotte et parlementaire vosgien. De leur union naissent cinq enfants dont Paul et Georges. Paul se consacre à la médecine et à l'œuvre de son père. Tandis que Georges, ami intime de Louis Aragon, donne son nom à Jacqueline Cartier-Bresson, la sœur du célèbre photographe Henri Cartier-Bresson.
Essai historique sur les institutions judiciaires des duchés de Lorraine et de Bar avant les réformes de Léopold Ier
(
1898 )
1. In Bibliothèque de la conférence Rogéville (Etudes spéciales d’histoire du droit), tome IV.- Nancy : imp. de A. Crépin-Leblond ; Paris : Berger-Levrault, 1898.- In-8°, VII-233 p.
Thèse soutenue à l’Université de Nancy, pour le doctorat en droit.
Table alphabétique générale des publications de la Société d’archéologie lorraine, 1849-1900, rédigée par Charles Sadoul
(
1903 )
1. Nancy : Société d’archéologie lorraine, 1903.- In-8°, XXXII-376 p.
Table alphabétique générale des 30 premiers volumes des Bulletins de la Société philomatique vosgienne, 1875-1905, rédigée par Charles Sadoul
(
1907 )
1. Saint-Dié : impr. C. Cuny, 1907.- Grand in-8°, 102 p.
L’Art rustique en France [1]. La Lorraine
(
1920 )
1. Paris : Ollendorff, [1920].- In-4°, 96 p., ill., pl. en noir et en coul.- (L’Art rustique en France ; 1).
Ouvrage de Ph. de Las Cases. Texte de Charles Sadoul.
Le Sotret
(
1930 )
1. Nancy : Éditions du Pays lorrain, 1930.- In-8°, 15 p.
Discours de réception à l’Académie de Stanislas, prononcé en séance publique, le 22 mai 1930, par Charles Sadoul.
Table alphabétique générale des publications de la Société d’archéologie lorraine, 1901-1930, rédigée par Charles Sadoul et Pierre Marot
(
1934 )
1. Nancy : Société d’archéologie lorraine, 1934.- XXIII-112 p. ; 22 cm.