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D'ANGLURE

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Famille vosgienne

Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ANGLURE (Famille d’) La famille d’Anglure, originaire du comté de Champagne, s’est installée au nord de Neufchâteau à la suite du mariage de Jean Saladin d’Anglure avec Jeanne de Bourlémont, héritière d’une partie du patrimoine des anciens sires de Bourlémont. Simon d’Anglure, leur fils, parvient à racheter toutes les seigneuries gui étaient revenues aux autres héritiers de ces importants personnages. Le château de Bourlémont et ses dépendances reviennent à son troisième fils Nicolas d’Anglure, écuyer au service du duc de Bretagne, puis écuyer d’écurie du roi Louis XI. Après avoir contracté un mariage brillant avec Marguerite de Montmorency, héritière de la baronnie de Conflans-Sainte-Honorine, il disparaît le 26 juillet 1516. Tous deux sont inhumés dans la chapelle castrale de Bourlémont où leurs pierres tombales sont toujours en place.


Saladin d’Anglure, leur fils unique, se qualifie généralement de baron de Bourlémont et de Conflans-Sainte-Honorine. Né vers 1473, il entre tout d’abord au service du duc de Lorraine qui le nomme capitaine du château de Foug en 1505. Vingt ans plus tard le roi de France lui confie la charge de gouverner l’importante place frontière de Montigny-le-Roi, située près de Chaumont. Son existence est marquée par une série de drames : meurtre du mari de Jeanne, sa fille naturelle, en juillet 1529, assassinat de Claude d’Anglure, son fils abbé de Mureau en avril 1541. Saladin meurt le 4 juillet 1545. Marguerite de Lignéville, son épouse, disparaît en 1551. Tous deux sont également inhumés dans la chapelle castrale de Bourlémont.


René d’Anglure, leur fils aîné, assure la continuation de leur lignée. Henri d’Anglure, un autre de leurs fils, est à l’origine du rameau des seigneurs de Melay. Jean d’Anglure, frère des précédents, devient chevalier de Rhodes, puis de Malte et titulaire des commanderies de Robécourt, Norroy, Avaleur et Thors. Claude d’Anglure, leur soeur, abbesse de Poussay tente vainement de ramener à l’observance primitive ses religieuses, mais elle se heurte a leur hostilité ; elle disparaît sans avoir obtenu de résultat en 1586.


René d’Anglure, baron de Bourlémont, est nommé capitaine de Montigny-le-Roi dès 1545. En 1578, il s’intitule gouverneur de cette place. Il devient aussi échanson, puis pannetier du roi de France qui le décore du collier de l’ordre de Saint-Michel. Son épitaphe funéraire à Bourlémont rappelle qu’il servit successivement François 1er, Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Son épouse Antoinette d’Apremont est la fille de Jean d’Apremont, prince d’Amblise. Présentée à la Cour de France par la maréchale de La Marche, en 1552, elle devient dame d’honneur de la reine Catherine de Médicis. Elle meurt en 1591.


Affrican d’Anglure, leur fils, disparaît rapidement. Nommé capitaine de Montigny-le-Roi, décoré du collier de Saint-Michel, il est ensuite promu chambellan et conseiller d’État de Charles III, duc de Lorraine, maréchal de camp de l’armée ducale et maréchal du Barrois. Il est tué à la tête de ses troupes en assiégeant la place forte de Beaumont-en-Argonne le 14 octobre 1592. Marguerite de La Baume son épouse est la fille de Françoise de La Baume, propriétaire du célèbre hôtel Carnavalet à Paris.


Claude d’Anglure, leur fils aîné vient au monde en 1580. Baron, puis comte de Bourlémont, il est tout d’abord conseiller d’État et gentilhomme de la Chambre d’Henri II, duc de Lorraine. Il devient ensuite conseiller du roi de France "en ses Conseils d’État et privé". Il a la chance de contracter un riche mariage le 23 octobre 1600. Angélique d’Adjacet son épouse est la fille de Louis d’Adjacet comte de Châteauvilain et d’Anne d’Aquaviva. Cette dernière a été la maîtresse de plusieurs rois de France. Titrée duchesse d’Atri, elle est apparentée au cardinal Maffeo Barberini, qui deviendra pape sous le nom d’Urbain VIII. Ce dernier est parrain à Bourlémont d’un des fils de Claude d’Anglure, qui s’éteint en 1653. Dès lors son château et les seigneuries qui en dépendent sont possédés par des personnages qui résident loin de notre région. Ce sont notamment Charles François d’Anglure, archevêque de Toulouse ; Louis d’Anglure, ambassadeur de Louis XIV à Rome et archevêque de Bordeaux, François et Nicolas d’Anglure. Le dernier représentant de cette lignée disparaît en 1732.


Bibl. : Poull (G.).- Le Château et les seigneurs de Bourlémont, tome II, 1964, pages 24 à 111.


[Georges Poull].

Sources structurées

  1. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « D'ANGLURE », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4005 (consultée le 27 août 2026).

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