1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BORDIER (René Charles), directeur de la Compagnie minière des Vosges
(Troyes (Aube), 3 août 1873 - La Croix-aux-Mines, 29 juin 1949)
René Bordier, fils des époux Charles Jean Baptiste Bordier et Joséphine Amanda Daurée, est très tôt attiré par la mer et se destine à l’École Navale. Il en est détourné par sa mère. Il poursuit ses études en Angleterre au Grovenor’s Collège en 1890, mais en 1891 il est rappelé en France par sa mère malade et, à la demande de son ancien professeur, il donne des leçons de mathématiques, de dessin et d’anglais dans une institution secondaire de Troyes. En 1892-1893, il se rend en Espagne pour apprendre la langue et exécute au musée du Prado des copies d’oeuvres du Titien qui lui valent la décoration Isabella Seconda.
Ajourné lors de la conscription et versé dans le service auxiliaire en 1893, il s’embarque pour les États-unis et travaille pour une firme commerciale de Chicago jusqu’en 1896. Revenu en France, il est chargé d’études commerciales en vue d’implantations d’entreprises ou de concessions à Madagascar, en Nouvelle Zélande, en Russie, au Paraguay.
Avec François Ruyssen, son beau-père, il exécute en 1898 des expériences agricoles dans la région de Confolent (Charente) pour le ministère de l’Agriculture, puis il prend en Dordogne la direction d’une mine de lignite à Cladech-Allas jusqu’en 1901. Il revient a Paris et se consacre à des études industrielles et minières pour le compte de sociétés privées désireuses de prospecter en France, en Espagne, en Roumanie et en Afrique.
En 1910, il s’oriente définitivement vers la prospection et l’exploitation des mines. Il obtient, à l’École spéciale de prospection des mines de Denver (U.S.A), son certificat de "Prospecter and Mining Engineer" et il est titularisé pour cinq ans Mining County Controler pour l’Eldorado (Califorme). Il devient alors directeur technique de deux mines de l’Oregon.
De retour en France en 1914, il fait la guerre comme interprète attaché aux forces britanniques sur le front Nord Est. Blessé en avril 1918, il est affecté au bureau spécial franco-américain au ministère de la guerre.
Durant la guerre, les mines américaines ont été reprises par d’autres sociétés ou sont anéanties. Il recrée en 1919, en France, un bureau d’études minières. Il est appelé en 1921 à remettre en marche les mines de plomb d’Auxelles à Giromagny (Territoire de Belfort). De 1922 à 1924, il prospecte les porphyres verts de Ternuay, les mines de Saint-Bresson, de Plancher-les-Mines, de Château-Lambert.
En 1924, il fonde avec des amis la Compagnie minière des Vosges dont il prend la direction et prospecte la concession de La Croix-aux-Mines (Vosges). Il remet la mine de plomb argentifère en exploitation. De 1941 à 1944, il réussit à maintenir la mine en activité en gardant le personnel et le matériel, tout en freinant la production destinée à l’ennemi. En 1945, il entre au conseil municipal de La Croix-aux-Mines. L’exploitation minière cesse en 1948.
Il publie Mines de la Croix en Lorraine, histoire générale et travaux (Saint-Dié, 1948). Officier d’académie, il était également décoré de la médaille militaire britannique au titre de la guerre 1914-1918.
Bibl. : Notice fournie par Mlle Gaxatte, La Croix-aux-Mines.
[Albert Ronsin].