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Eugène Jean François CHARLOT

[ Strasbourg (67) , 07/04/1802 Moussey (88) , 06/06/1875 (73 ans) ]

manufacturier , conseiller général , maire

Chevalier de la Légion d’Honneur (1853).

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « Eugène Jean François CHARLOT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4132 (consultée le 4 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CHARLOT (Eugène), manufacturier, fils du précédent
(Strasbourg, 7 avril 1802 - Moussey, 16 juin 1875)

Eugène Charlot est né à Strasbourg durant que son père y commandait un escadron de gendarmerie.

Il fait son apprentissage d’homme d’affaires dans le commerce de Xavier Lebleu, négociant en épicerie à Belfort. En 1840, il acquiert la filature de la Neuve Grange à Moussey et très rapidement procède à son extension, employant 160 ouvriers sur 106 métiers Mull-Jennys.

Devenu maire de Moussey en 1843, il entreprend de faire ériger à ses frais une église de style néogothique en 1851 (dans laquelle il sera inhumé), puis une école de filles, pour laquelle il constituera par testament une rente destinée à assurer le salaire des religieuses institutrices, et des logements pour les ouvriers.

En 1848, il construit un tissage, puis une troisième usine du type château-fort. Près de cette dernière, il se fait bâtir, en 1858, un château néo-Renaissance au sein d’un grand parc.

En 1861, il cède à Émile et Albert Lung la propriété de ses usines. Son entreprise compte alors 211 ouvriers animant 260 métiers.

Il abandonne son mandat de maire en 1862, et en 1864 celui de conseiller général du canton de Senones auquel il avait été élu en 1852. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Bibl. : Bardy (H.).- L’Arrestation du duc d’Enghien et le colonel Charlot, Saint-Dié, 1895-1896 (Miscellanées, III, p. 10-11).
Bouvier.- Biographie générale des Vosges, p. 377.
Le Vosgien.- Le Général Humbert, Notices biographiques, p. 327-328.
Bulletin municipal de Moussey, N° 16, 1er semestre 1985.
Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne, Rupt-sur-Moselle, chez l’auteur, 1982, p. 353.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

CHARLOT Eugène (Jean François)
(7 avril 1802, Strasbourg – 6 janvier 1875, Moussey)

• Maire de Moussey de 1843 à 1848.
• Conseiller général du canton de Senones de 1852 à 1864.
• Manufacturier.
• Célibataire.

Quand on évoque le nom d’Eugène Charlot, aussitôt la pensée s’envole à la ville de Moussey, située dans le canton de Senones. Indéniablement, l’action de ce manufacturier envers sa ville au milieu du XIXe siècle laisse un souvenir vivace. Moussey, c’est aussi une vallée de tisserands, berceau de cette industrie, dès 1806 avec la filature de l’anglais John Heywood à Senones dans les bâtiments de l’abbaye vide.

L’arrivée de l’industrie textile à Moussey date de 1835, quand un ancien notaire de Saint-Dié, François-Denis Bazin, achète pour le compte d’une société de six personnes qu’il représente et dont il fait partie, plusieurs terrains situés au lieu-dit Ferme de la Baraque. Peu après, cette société fait construire en aval des bâtiments de cette ferme l’usine de Moussey.

L’année suivante plusieurs appellations sont données à cette entreprise : filature de Moussey, fabrique de la Baraque, fabrique de monsieur Bazin... Aussitôt, François-Denis Bazin, accompagné de son parent Charles Bazin, viennent habiter Moussey en tant que filateurs ; ils sont secondés par un homme de la profession, le contremaître François Baur, âgé de 44 ans.

La société composée de beaucoup d’amateurs ne laisse pas indifférent les professionnels du textile de la région, comme Eugène Provensal, propriétaire de la manufacture de Senones. Avec des amis, il fonde une société, et en 1836, la deuxième usine de Moussey voit le jour. Placé en haut de la vallée du Rabodeau, Moussey ne manque pas d’eau ni de relief. L’utilisation des chutes d’eau pour la force hydraulique explique la prolifération des usines au XIXe siècle, cinq pour le seul village de Moussey.

Toutefois, c’est à un Strasbourgeois, Eugène Charlot, que Moussey doit sa prospérité. Il édifie un somptueux château Renaissance de grès rose, dû à l’architecte nancéien Prosper Morey, un Violet le duc lorrain, mais aussi, des logements, des ponts, l’église néogothique dessinée par un architecte de Saint-Dié, et l’école de filles avec une somme dont la rente est suffisante pour payer les institutrices. Ses successeurs, les frères Albert et Émile Lung, ne sont pas en reste puisqu’ils sont à l’origine de l’édification de l’école de garçons et de la poste.

Bienfaiteur de la commune, Eugène Charlot accepte à la suite d’Eugène Provensal, le 17 novembre 1843, la charge de premier magistrat. Il garde son poste jusqu’au 17 janvier 1848. À son départ, le budget a un excédent de près de 800 francs. Sa notoriété dépasse le cadre communal et le manufacturier est sollicité afin de représenter le canton de Senones au conseil général des Vosges. Eugène Charlot rejoint sans aucune difficulté la chambre départementale en 1852. Une fonction qu’il assure fidèlement durant douze ans.

C’est l’époque des conseillers généraux industriels. Tous ceux de la vallée du Rabodeau ne dérogent pas à cette règle. Tour à tour, Eugène Provensal, Ernest et Aimé Seillière, puis les frères Lung, siègent à l’assemblée départementale. Célibataire, Eugène Charlot s’éteint le 6 janvier 1875. Son nom restera longtemps associé à celui de son père, Jean-Baptiste Charlot, colonel de gendarmerie à Strasbourg.

Celui-ci, né à Neufchâteau, en 1766, donne son nom à Marie-Françoise Marchall. Il sert d’abord dans le régiment de Brie-infanterie, puis en 1791 dans la gendarmerie des Vosges. Deux ans plus tard, il commande les gendarmeries de l’armée d’Allemagne, du Danube et du Rhin. Devenu colonel, Jean-Baptiste Charlot reçoit la Légion d’honneur, l’année même de la création de l’ordre. Sa situation le mêle à la petite histoire de France, sinon à la grande. En effet, dans la nuit du 14 au 15 mars 1804, étant alors à Strasbourg, il vient avec ses hommes cerner la petite ville d’Ettenheim où le duc d’Enghien cherche refuge. C’est lui-même qui ramène le duc, dernier prince de Condé, à Napoléon. Le duc d’Enghien est fusillé au château de Vincennes sans aucun procès, indignant l’Europe entière. Pour ce motif, à la rentrée des Bourbons, le père d’Eugène Charlot n’habite pas à Moussey auprès de son fils mais il est exilé dans sa propriété de Rouge-Pierre près de Saint-Dié où il meurt disgracié, le 15 mai 1827.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Eugène Jean François CHARLOT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4132 (consultée le 4 septembre 2026).

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