Jean-Baptiste CHEVALIER

[ Saint-Dié-des-Vosges (88), 13/01/1801 – Saint-Dié-des-Vosges (88), 30/08/1876 ]

avoué, militant socialiste

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CHEVALIER (Jean-Baptiste), avoué, militant socialiste
(Saint-Dié, 13 janvier 1801 - Saint-Dié, 30 août 1876)

Fils de Nicolas Chevalier, huissier près le tribunal de Saint-Dié, il devient avoué dans sa ville natale. Dès 1819 et jusqu’en 1830, il est affilié à la Charbonnerie. Aussitôt après les événements de juillet 1830 il annonce, le 1er août, la chute de Charles X et, malgré l’opposition du maire, fixe des drapeaux tricolores à l’hôtel de ville et aux clochers des églises. Il joue un rôle actif en faveur des républicains, accueillant dans sa maison tous les proscrits et les aidant à passer les frontières.

Il rédige des articles dans la Sentinelle des Vosges, journal d’opposition républicaine créé par Mathieu d’Épinal. En 1832, il est affilié à la vente spinalienne de la Charbonnerie démocratique universelle et à la Société des droits de l’homme qui en était la couverture officielle. A Saint-Dié, il réunit les jeunes gens libéraux au café tenu par Dubois.

Compromis dans l’insurrection armée préparée contre la Monarchie de juillet à Lyon et à Paris, il est prévenu par un ami de menaces de perquisition à son domicile et il brûle à temps ses papiers compromettants, échappant ainsi au procès.

Il participe au banquet démocratique d’Épinal le 11 novembre 1847 et il est en 1848 candidat aux élections législatives sur la liste de la Solidarité populaire électorale des Vosges. Avec Dubois, il est considéré par la police comme l’un des chefs du parti socialiste de Saint-Dié, orateur de cabaret. Il est réputé avoir chez lui des collections de livres socialistes qu’il prête aux paysans pour les lire.

La Commission mixte, après le 2 décembre, décida sa transportation en Afrique. Il fait auprès du gouvernement un recours en grâce qui aboutit, de sorte qu’en mars 1853 il est de retour à Saint-Dié. En 1854, il assiste encore à un banquet clandestin, puis il cesse toute activité politique.

Il est resté célibataire ; il vivait maritalement avec Marie-Anne Aubry (1806-1857) dont il eut un fils, Jean-Baptiste-Jules, né à Épinal et décédé à Saint-Dié le 9 décembre 1875. Tous trois sont enterrés au cimetière du faubourg.


Bibl. : Profession de foi de Chevalier, in Annuaire général des Vosges, 1886, p. 95-96.
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français 1789-1864, publié sous la dir. de Jean Maitron, Paris : les Éditions ouvrières (30 vol. parus de 1964 à 1989), tome I, p. 412-413.


[Albert Ronsin].

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