1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CLARTÉ (Charles), médecin, résistant
(Baccarat (Meurthe-et-Moselle), 26 juin 1886 - Saint-Dié, 4 janvier 1978)
Après ses études secondaires à Nancy puis à Saint-Dié, Charles Clarté fils d’un chef de halle à la cristallerie de Baccarat, revient à Nancy pour y débuter des études médicales qu’il termine à Lille, après avoir effectué son service militaire au 37e R.I. en 1905-1906.
Mobilisé comme médecin auxiliaire en 1914, il est médecin sous-lieutenant le 1er juin 1916, lieutenant le 1er juin 1918 et sera promu médecin capitaine en 1933.
La guerre terminée, il s’installe à La Neuveville-lès-Raon comme médecin généraliste, mais il développe son activité en prenant en charge la consultation des nourrissons (1922), l’inspection des enfants assistés (1924) ; en 1925 il est agréé médecin vaccinateur et en 1930 médecin du chemin de fer pour le secteur de Raon. En 1951, il est médecin-chef de la maternité de Raon. En 1945, il est vice-président du syndicat et de l’Ordre des médecins des Vosges. Il prend sa retraite en 1959 et se retire à Saint-Dié où, dès 1960 il préside l’Association des donneurs de sang.
Le Dr Clarté, dès son arrivée à La Neuveville, milite pour le développement du sport, et en 1923, il fait admettre la fusion des trois sociétés de sa commune et de celles de Raon et sera jusqu’en 1958 président du Sport Raonnais, tandis que son épouse préside aux destinées de la Société laïque féminine de gymnastique.
Le 31 août 1939, Charles Clarté est mobilisé comme médecin-chef du Centre mobilisateur Souhait à Saint-Dié, puis à la caserne Reffye à Épinal. Fait prisonnier en juin 1940, il veille aux soins des 20 000 prisonniers du Val d’Ajol jusqu’à son transfert à Châlons-sur-Marne. Il est libéré le 13 août et rejoint son cabinet qui devient bientôt l’un des points de passage des prisonniers de guerre évadés. Dénoncé par un compatriote, il est arrêté le 19 janvier 1943 et emprisonné à Nancy puis à Écrouves. Envoyé à Compiègne, il est déporté à la citadelle d’Eisenberg. Libéré le 8 mai 1945, il revient le 15 et le 20 est élu maire de sa commune dont il était conseiller municipal depuis 1933.
Aussitôt il travaille avec M. Colin à la fusion nécessaire des deux communes de La Neuveville et de Raon, fusion effective deux années plus tard. Il préside dès 1945 la section de la F.N.D.R.P. puis de l’U.N.AD.I.F. de Raon-l’Étape.
Aussi soucieux du développement de l’instruction publique que du sport, il accepte la charge de délégué cantonal en 1926 et devient président de la délégation l’année suivante.
De son mariage, en 1919 à Lille, avec Jeanne Clarisse, il a deux fils : Maurice et Jean.
Une telle activité sociale et patriotique lui a valu de nombreuses marques de reconnaissance publique : officier d’académie (1939), puis de l’instruction publique (1950), médaille d’or de l’éducation physique (1946), chevalier de la santé publique (1948), croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, croix du Combattant Volontaire de la Résistance (1952), chevalier de la Légion d’honneur (1933), officier (1952), commandeur (1959), grand officier (31 décembre 1959).
Une rue de Raon-l’Étape porte, depuis 1982, le nom "Docteur Charles Clarté".
Bibl. :Renseignements fournis par son fils, M. Jean Clarté.
[Albert Ronsin].