1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DEPARIS (Maurice) , professeur à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de Médecine
Saint-Dié, 16 mars 1906 - Paris, 30 avril 1986

Le docteur Deparis, comme beaucoup de Vosgiens, est issu d’une famille de souche lorraine et d’une famille de souche alsacienne. Son grand père était instituteur ; son frère, Gustave Deparis, né à Dompaire le 6 mars 876, avait été polytechnicien et ingénieur du génie maritime tandis que sa mère, Marie-Catherine Grollemund, était la fille du Dr Waast Grollemund, émigré alsacien en 1871, devenu médecin-chef de l’hôpital Saint-Charles de Saint-Dié. La soeur de Maurice Deparis épousa le docteur Gérard, de Saint-Dié, qui devint à son tour médecin-chef de cet hôpital Saint-Charles.
La carrière de son père lui fait vivre sa jeunesse à Saint-Nazaire, à Brest, à Bordeaux, enfin à Paris.
Après ses études de médecine à Bordeaux, c’est dans cette ville qu’il commence à exercer son art avant d’entrer dans la carrière hospitalière à Paris où il s’intéresse à des domaines médicaux divers : ophtalmologie, obstétrique, phtisiologie, cardiologie, neurologie. Il aborde ensuite l’hygiène et s’attache tout particulièrement à l’hygiène scolaire, étudiant les problèmes de l’habitat, de la sécurité, de l’insalubrité. Enfin, il devient encore médecin inspecteur des épidémies.
Il est nommé professeur de médecine à l’université de Paris, dans la chaire d’hygiène, et il dirige un service à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. En 1968 il est doyen de la Faculté de Médecine.
Lauréat de l’Académie de Médecine et de l’Académie des Sciences, il est élu membre de l’Académie de Médecine en 1973.
Resté célibataire, il consacre une partie de ses ressources à la création de la bibliothèque de son hôpital, aux pauvres et à l’aide d’étudiants en médecine connaissant des difficultés financières, ce qui lui vaut le surnom de
saint Vincent de Paris.
Après avoir été mobilisé en 1939, il est de retour à la vie hospitalière en 1940 et collabore activement à la Résistance à l’occupant, établissant des certificats de réforme pour les appelés au Service du Travail Obligatoire en Allemagne, soignant les blessés dans les combats de la Libération.
Il était titulaire de la croix de guerre et officier de la Légion d’honneur.
Son frère fut directeur technique des Forges et Chantiers Navals de la Méditerranée.
Bibl. :
L’Est républicain, 9 avril 1970.
La Liberté de l’Est, 30 avril 1987.
[Albert Ronsin].