Pierre DU COLLIN DE BARIZIEN

[ Grand (88), 01/08/1776 – Nancy (54), 23/06/1844 ]

comte

Érudit et bibliophile.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DU COLLIN DE BARIZIEN (Pierre), comte de CIVRY, érudit et bibliophile

Grand, 1er août 1776 - Nancy, 23 juin 1844

D’une vieille famille d’épée originaire de Provence, il est le fils de Claude Nicolas Du Collin, chevalier de Barizien, comte de Civry, seigneur de Grand, Bréchainville, etc... et de Madeleine-Thérèse-Augustine Pothin des Granges de Domrémy. Il passe sa jeunesse à Morivilliers ou à Domrémy, fait de nombreuses visites aux moines de Mureau avant de fréquenter le collège de Ligny et de devenir page de Louis XVI. Lorsque la Révolution éclate, capitaine à 16 ans, il est attaché à l’armée du Nord de Custines et il fait la campagne des Flandres. De retour à Grand en 1793, il ne peut empêcher la destruction de ses archives familiales sous la Terreur tandis que son frère, administrateur du département, est détenu à Neufchâteau.
Après la Révolution, le comte de Civry reprend ses études à Nancy et devient avocat. Reçu membre de la Société d’Émulation de Nancy et de l’Académie de Législation de Paris, il se met en rapport avec Portalis, Lacepède, Fontanes, Berryer, François de Neufchâteau... Après son premier mariage avec Marie Marguerite de Martin de Bresson, il s’établit en son château de Sérécourt où il commence à s’adonner à ce qui sera la passion de sa vie : les livres. Il devient maire de la commune.
Veuf en 1806, il se remarie en 1810 avec sa cousine Marie- Thérèse-Rosalie du Collin de Barizien qui meurt en 1813. Il se fixe alors à Nancy où il se consacre entièrement à réunir les 400 000 livres qui constitueront une des plus belles bibliothèques de l’époque.
Il vendit successivement ses terres, ses fermes, ses bois, ses forges, son manoir de Grand, ses châteaux de Sérécourt et de Domremy pour les convertir en livres... Imprimés de la plus grande rareté des premières années de l’imprimerie et de toutes les langues, manuscrits de la plus haute antiquité, chartes du Moyen-Âge, autographes de tous les souverains se rencontraient dans ses immenses galeries de Nabécor, faubourg de Nancy. En relation avec les grandes bibliothèques d’Europe, les Académies et Sociétés Savantes, il est sans cesse consulté pour sa science bibliographique.
Par ailleurs, il réunit les élément d’une Histoire de Grand, son village natal, de même qu’il contribue avec l’archéologue Jollois à en exhumer les vestiges gallo-romains. Obligé de se dessaisir de son immense collection, il ne conserve que quelques milliers de volumes de choix pour son Cabinet lorrain où se trouvaient tous les livres manuscrits, chartes et antiquités pouvant intéresser l’histoire de la province. Il laisse à l’état d’ébauche de nombreuses études, sur la Révolution, sa campagne des Flandres, etc...
Marié une troisième fois en 1819 à Marie-Marguerite Bertaux, il en a un fils, Victor, baron de Civry, auteur d’une Histoire de la ville de Pont-à-Mousson. Après sa mort, le comte de Civry fut inhumé dans le cimetière de Grand.


Bibl. : Bros (baron de).- Notice sur M. le Comte de Civry, Paris, 1845.


[Pierre Heili].

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